Zandberg obligée d’annuler un vote sur la reconnaissance du génocide arménien
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Zandberg obligée d’annuler un vote sur la reconnaissance du génocide arménien

Depuis 1989, les gouvernements en Israël ont rejeté ces tentatives en raison des liens avec la Turquie qui ont évolué en dents de scie

La députée Tamar Zandberg est escortée hors d'un débat sur l'organisation anti-assimilation "Lehava" lors d'une réunion de la commission des affaires intérieures au parlement israélien, le 10 novembre 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / FLASH90)
La députée Tamar Zandberg est escortée hors d'un débat sur l'organisation anti-assimilation "Lehava" lors d'une réunion de la commission des affaires intérieures au parlement israélien, le 10 novembre 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / FLASH90)

Un vote prévu mardi au Parlement israélien pour une reconnaissance du génocide arménien a été annulé en raison de l’opposition du gouvernement, a indiqué la députée à l’origine de cette motion.

La Knesset avait approuvé fin mai une proposition de la députée Tamar Zandberg, du parti d’opposition de gauche Meretz, d’organiser un débat en séance plénière sur la « reconnaissance du génocide arménien ».

La Turquie rejette avec véhémence le terme de « génocide ».

Afin de s’assurer le soutien de la coalition de droite au pouvoir en Israël, la députée avait prévu la tenue de ce vote après les élections présidentielle et parlementaires turques qui ont eu lieu dimanche.

Mais, même après la réélection du président Recep Tayyip Erdogan dès le premier tour, le gouvernement israélien et la coalition au pouvoir sont toujours opposés à ce vote, a dit Mme Zandberg.

« Malgré les promesses et les retards (….) le gouvernement et la coalition refusent de reconnaître le génocide arménien », a écrit Mme Zandberg sur Twitter lundi soir, indiquant qu’elle était « forcée d’annuler le vote ».

Même si cette proposition ne pouvait être considérée comme émanant du gouvernement, elle aurait pu envenimer les relations déjà très détériorées entre Israël et la Turquie.

Erdogan, proche du Hamas, a accusé Israël d’user de méthodes dignes des nazis après la mort de plus de 60 émeutiers palestiniens, dont plus de 50 étaient des terroristes issus des groupes du Hamas et du Jihad islamique, le 14 mai.

Le gouvernement israélien avait lui-même ajourné début juin le vote d’une loi sur la reconnaissance du génocide arménien, officiellement par crainte que ce vote ne profite à M. Erdogan

Le Meretz essaie depuis 1989 de faire reconnaître les massacres d’Arméniens commis par les Turcs ottomans en 1915-1917 comme un génocide, mais les gouvernements en Israël ont rejeté ses tentatives en raison des liens avec la Turquie qui ont évolué en dents de scie ces dernières années.

Selon l’Arménie, quelque 1,5 million d’Arméniens sont morts lors de la chute de l’Empire ottoman. La Turquie rejette avec véhémence le terme de génocide, utilisé par près de 30 pays pour qualifier ces massacres.

Selon Ankara, 300 000 à 500 000 Arméniens et autant de Turcs sont morts lorsque les Arméniens se sont révoltés contre le pouvoir ottoman en s’alliant avec les troupes russes.

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