Zilbershlag fera don d’une lettre de la Shoah après interdiction de la vendre
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Zilbershlag fera don d’une lettre de la Shoah après interdiction de la vendre

Après des démêlés judiciaires avec la famille d'une Juive polonaise de 16 ans, tuée pendant la Shoah, l'homme d'affaires a annoncé qu'il remettrait la lettre à Yad Vashem

Dudi Zilbershlag, journaliste ultra-orthodoxe, le 16 janvier 2011. (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)
Dudi Zilbershlag, journaliste ultra-orthodoxe, le 16 janvier 2011. (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)

Un éminent homme d’affaires va remettre une lettre manuscrite rédigée par une fille juive tuée pendant la Shoah au musée mémorial de la Shoah après qu’un tribunal l’a empêché de la vendre aux enchères.

Dudi Zilbershlag a accepté de faire don de la lettre au mémorial de la Shoah à la condition que les proches de sa défunte autrice ne revendiquent jamais la propriété de la lettre, selon un article de Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israël.

Zilbershlag exige également que les proches survivants de Rachel Mintz présentent des excuses à Yad Vashem.

La semaine dernière, le tribunal de Tel Aviv a délivré une injonction contre la vente de la lettre après le lancement d’une procédure judiciaire par des membres de sa famille visant à empêcher Zilbershlag de la proposer lors d’une vente aux enchères.

La lettre, l’une des nombreuses à avoir été mises aux enchères dans un lot mardi soir, a été écrite par Rachel Mintz, une jeune Juive de Pologne, lorsqu’elle avait 11 ans. Elle y décrit la vie en Pologne en 1937 et son désir d’immigrer en Israël.

Photo non datée de Rachel Mintz, tuée pendant la Shoah. (Autorisation Adva Lotan)

Mintz était la plus jeune de cinq frères et sœurs. Ses frères plus âgés ont fui à l’est et ont survécu à la Shoah alors qu’elle et sa mère sont restées en Pologne et se sont cachées. Elles ont finalement été assassinées après qu’un Juif de la ville a informé les Allemands du lieu de leur cachette. Elle avait 16 ans.

La lettre a été retrouvée avec d’autres courriers envoyés par des enfants juifs de Pologne et devait être apportée à des enfants d’une école de Haïfa. Le principal de l’école a rapporté les lettres chez lui, lesquelles sont revenues, après sa mort, entre les mains d’un marchand qui les a vendues.

Elles sont ensuite allées à Dudi Zilbershlag, un homme d’affaires, militant et journaliste ultra-orthodoxe membre d’une commission du musée de Yad Vashem. Il les a alors proposées à la maison d’enchères Dynasty.

Lorsque les survivants de la famille Mintz ont entendu parler de la vente, ils ont entamé une procédure judiciaire pour récupérer la lettre, mais, lors d’une audience préliminaire, des représentants de la maison d’enchères ont proposé de la leur céder pour 10 000 dollars. Les représentants ont refusé la demande de la famille et du juge de la transférer à Yad Vashem.

« Certains objets ne devraient jamais être mis aux enchères », a écrit Edva Lotan, la nièce du Mintz, dans un article publié sur la plateforme de blogs du Times of Israel. La lettre « appartient à des archives ou à un musée qui honorera la mémoire de ma tante ».

« J’espère sincèrement que le vendeur comprend l’importance de préserver ces lettres importantes dans un musée ou des archives », a écrit Lotan.

Cette lettre, écrite par Rachel Mintz quand elle avait 11 ans, 5 ans avant d’être assassinée pendant la Shoah, se trouve au coeur d’une bataille juridique entre un activiste ultra-orthodoxe et des proches de la victime. (Crédit : Adva Lotan)

Lors de l’audience préliminaire, le juge, Erez Yakuel, a demandé à Dudi Zilbershlag : “Est-ce parce que vous faites partie de Yad Vashem que je devrais vous enseigner à faire une mitzvah et à donner la lettre à Yad Vashem au lieu de la vendre ? »

Zilbershlag a répondu que l’arrêt de la vente lui causerait un préjudice financier « irréparable ». Pourtant, cela n’a pas empêché le juge de bloquer la vente et de statuer que Zilbershlag doit négocier avec la famille pour trouver une solution.

Zilbershlag a été critiqué parr Yad Vashem la semaine dernière, pour avoir tenté de vendre la lettre. Les administrateurs du musée lui ont suggéré d’en faire don aux archives.

« C’est inacceptable moralement et profondément honteux que quiconque essaie de faire commerce d’objets personnels, de documents de victimes de la Shoah ou de l’époque de la Shoah », a déclaré Yad Vashem dans un communiqué.

Dimanche, les proches de Mintz sont retournées devant le tribunal pour informer le juge qu’ils n’ont pas réussi à contacter Zilbershlag pour négocier du sort de la lettre.

Le lendemain, Zilbershlag a annoncé qu’il avait l’intention de remettre la lettre aux archives de Yad Vashem.

« J’ai proposé ces objets sous la forme de dons à la condition que la lettre en question ne soit pas remise à la famille, parce qu’ils l’ont demandée en premier », a-t-il dit à Zman Yisrael lundi. « Ce n’est qu’après l’implication d’avocats qu’ils ont modifié leurs exigences et annoncé qu’ils voulaient en faire don à Yad Vashem. »

« Je pense aussi qu’ils doivent présenter des excuses à Yad Vashem, parce que lors d’interviews, ils ont associé l’institution à la vente privée d’artefacts, ce qui a causé certains dégâts », a déclaré Zilbershlag.

Dans les archives de Yad Vashem. (Autorisation)

Les journalistes de Zman Yisrael ont dit n’avoir trouvé aucune preuve que la famille de Mintz a publiquement parlé de Yad Vashem dans les termes rapportés par Zilbershlag.

Dans un communiqué adressé à Zman Yisrael, un porte-parole de la famille a déclaré que Zilbershlag avait accepté de faire don de la lettre à Yad Vashem, et ont nié avoir voulu la garder à titre personnel.

« Yad Vashem est l’endroit approprié pour la lettre. Elle peut être conservée, faire l’objet de recherches et utilisée pour commémorer notre proche tuée pendant la Shoah. Nous espérons que cette affaire encouragera les autorités à légiférer sur la préservation des artefacts historiques. »

« Nous n’avons jamais demandé à avoir la lettre, nous voulions simplement qu’elle soit conservée à Yad Vashem ou dans un autre musée », a ajouté la famille.

Adapté d’un article publié sur la version en hébreu du Times of Israël, Zman Yisrael.

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