Le ministre israélien de la Défense Avigdor Liberman a déclaré que le président syrien Bachar al-Assad était un « boucher » qui devait être chassé de son pays en même temps que ses alliés iraniens.

« De mon point de vue personnel, Assad est un boucher coupable de massacres et de meurtres », a affirmé jeudi soir M. Liberman, dont le pays avoisine la Syrie avec laquelle il reste officiellement en guerre.

« Moralement, on ne peut pas accepter de voir perpétrer un tel massacre sous les yeux du monde entier, qui plus est avec l’aide d’armes chimiques », a-t-il ajouté selon un enregistrement de ses propos publié par ses services.

« Je crois qu’au bout du compte, il est de notre intérêt que lui et les Iraniens soient chassés de Syrie », a encore déclaré le ministre lors d’une conférence de juifs originaires de l’ex-URSS à Eilat.

Le gouvernement israélien présente l’Iran comme la principale menace pour le pays. Il est préoccupé par l’influence grandissante de Téhéran dans la région, de son implication aux côtés du régime de Bachar al-Assad dans la guerre, ainsi que de l’engagement du même côté dans le conflit d’un autre grand ennemi d’Israël, le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

Israël s’emploie à rester à l’écart du conflit qui fait rage depuis 2011 en Syrie, tout en se réservant d’y mener des opérations ponctuelles contre le Hezbollah. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait admis en avril qu’Israël avait attaqué en Syrie des dizaines de convois d’armes destinés au Hezbollah.

Liberman avait laissé entendre mercredi devant des diplomates européens que des armes de destruction massive étaient transférées au Hezbollah.

« Nous essayons d’empêcher la livraison clandestine d’armements sophistiqués, d’équipement militaire et d’armes de destruction massive de la Syrie au Hezbollah », avait-il dit selon ses services.

La semaine passée, des frappes israéliennes ont été rapportées contre des positions militaires proches de Damas pour la deuxième fois en dix jours.

La faculté israélienne d’opérer en Syrie passe pour avoir été impactée par l’entrée directe de la Russie dans la guerre en 2015. Le président russe Vladimir Poutine et M. Netanyahu ont alors convenu de coordonner l’action militaire de leurs pays afin d’éviter des confrontations.

« Les Turcs n’ont pas voulu qu’on passe. Ils ont dit qu’il y avait eu des bombes au chlore et qu’il y avait un nuage » dangereux, a indiqué il y a 4 jours Patrick Mennucci, qui était accompagné d’Hervé Mariton et de Cécile Duflot.

Vingt-cinq ONG ont condamné la « faillite morale de la communauté internationale » au moment où « l’humanité rend son dernier souffle » à Alep, dans une déclaration commune rendue publique jeudi à Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie.

« Tandis que les diplomates internationaux se retrouvaient à Genève, New York et aujourd’hui à Bruxelles, l’humanité rend son dernier souffle à Alep », la deuxième ville de Syrie, dénoncent ces 25 ONG qui affirment porter un secours humanitaire à plus de cinq millions de Syriens.

Les premières évacuations des quartiers rebelles d’Alep commençaient jeudi, une opération qui, à terme, marquerait une victoire capitale du régime.

Cette avancée des forces du régime met au jour « le vide, l’inefficacité, et la faillite morale de la communauté internationale », ont déploré ces organisations, parmi lesquelles l’Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM), la Société médicale américano-syrienne (SAMS) et Syria Relief.

« Ce qui nous choque, en humanitaires, c’est comment une chose aussi horrifiante qu’une attaque chimique est devenue monnaie courante », ont-elles ajouté.

« Il est temps de dire à nos +amis+ (les dirigeants du monde) qu’ils sont les complices de la pire crise humanitaire de notre temps, de la création de millions de réfugiés et de la destruction de tous les principes de la convention de Genève. »

A Ankara, plus de 800 personnes ont manifesté devant l’ambassade iranienne mercredi contre les gouvernements russe et iranien à propos de la situation à Alep, a constaté un photographe de l’AFP.

Plusieurs manifestations ont eu lieu ces derniers jours en Turquie contre le soutien militaire de Moscou et de Téhéran au régime de Damas.

Mercredi soir, notamment, plus de 1.000 personnes étaient réunies devant le consulat général d’Iran à Istanbul pour dénoncer le « massacre d’Alep ».