La France s’abstiendra mercredi au cours du vote d’une résolution déposée par la Palestine devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, réclamant la protection internationale des Palestiniens et une enquête sur l’offensive israélienne, a annoncé le chef de la diplomatie française.

« Nous nous situerons exactement dans la ligne de la tradition française », a déclaré Laurent Fabius devant l’Assemblée nationale, précisant que la France s’abstiendrait au moment du vote à Genève.

« Il n’y a pas de rupture avec la tradition de la position française », a assuré le ministre, alors que plusieurs voix à gauche (communistes et écologistes essentiellement) se sont élevées récemment pour dénoncer un parti pris de la France dans le conflit entre Israël et les combattants palestiniens de Gaza.

Au lendemain du début de l’offensive israélienne répliquant aux tirs de roquettes du Hamas de Gaza, le chef de l’Etat François Hollande avait affiché sa « solidarité » avec Israël, avant de rééquilibrer quelques jours plus tard sa position en appelant à la « retenue » et au cessez-le-feu.

« Le président de la République a rappelé un fait qu’il ne faut pas contester, à savoir que tout Etat a droit à sa sécurité. Cela ne permet pas (à Israël) de faire n’importe quoi » et de riposter « d’une façon qualifiée de disproportionnée », a poursuivi M. Fabius.

« La position traditionnelle de la France est : il n’y aura pas de paix tant que la sécurité d’Israël ne sera pas garantie et tant que les droits des Palestiniens ne seront pas reconnus », a-t-il par ailleurs répété devant l’Assemblée.

La résolution déposée par « la Palestine » devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU condamne « les violations généralisées, systématiques et flagrantes des droits de l’homme et des libertés fondamentales ».

Elle fustige « en particulier la dernière offensive militaire d’Israël dans la bande de Gaza (…) qui a impliqué des attaques indiscriminées et disproportionnées (…), qui peuvent constituer des crimes internationaux », et demande « d’envoyer d’urgence une commission d’enquête indépendante, internationale » pour enquêter sur ces violations.

Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Navi Pillay, a appelé mercredi à une enquête sur de possibles crimes de guerre commis par Israël à Gaza, et a dénoncé aussi les attaques aveugles menées par le Hamas contre des zones civiles.

Les hostilités entre Israël et le Hamas ont fait 650 morts côté palestinien, selon les chiffres des secours palestiniens et 31 morts côté israélien en seize jours.