Les députés, y compris ceux du parti de l’opposition (Union sioniste), ont approuvé lundi un projet du gouvernement qui vise à fermer le camp de migrants de Holot, dans le sud d’Israël dans les quatre prochains moins, en prévision de l’expulsion de migrants illégaux vers des pays africains.

Holot, situé dans le désert, est un centre qui peut accueillir 1 200 migrants. Ils sont autorisés à sortir travailler en journée. Il sera fermé pour 3 mois, à partir du 16 décembre, selon la décision.

Cette proposition permettra de rouvrir le centre de Holot si les expulsions de masse stagnent. Elle a été adoptée en lecture préliminaire avec 53 voix pour et 10 voix contre.

Avec la fermeture du centre, les migrants seront confrontés à un ultimatum : quitter le pays ou risquer la prison.

« Qu’est ce qui ne va pas chez vous », a fulminé la députée Tamar Zandberg (Meretz) contre le parti de l’Union sioniste à l’assemblée.

« Vous avez perdu la tête ? Ce n’est plus de l’électoralisme, mais une [une question] de valeurs fondamentalistes. C’est la capacité à discerner entre le bien et le mal. »

Mohamed Yagoub et Ali Hassan Salih, des demandeurs d’asile venus du Darfour et du Soudan, aux abords du centre de détention de Holot le 6 avril 2017 (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

« Quelle est la différence entre vous et Miri Regev et Oren Hazan ? », a-t-elle demandé, dans une référence aux députés du Likud. « Que vaudra votre siège supplémentaire si vous êtes les pires des populistes ? »

« Bientôt, vous mettrez le président dans un keffieh », a-t-elle dit, en référence aux photos du président Reuven Rivlin qui circulent sur Internet.

« Vous n’êtes pas l’opposition, » a-t-elle asséné.

Israël reconnait tacitement que les Soudanais et les Érythréens ne sont pas en mesure de retourner dans leurs pays d’origine qui sont dangereux. Israël a signé avec des pays tiers, qui acceptent les migrants, sous conditions de certains arrangements, ont expliqué des militants.

En août, la Cour suprême a approuvé une politique d’émigration, mais a également statué que les autorités israéliennes doivent d’abord s’assurer que les pays vers lesquels les migrants sont expulsés sont sécurisés. Bien que l’État n’ait pas évoqué nommément les pays tiers, il s’agirait, selon les médias, du Rwanda et de l’Ouganda.