Le groupe terroriste le plus meurtrier d’Egypte, qui a prêté allégeance à l’Etat islamique, qualifie le régime du président égyptien Abdel-Fattah Al-Sissi de « collaborateur sioniste » et promet de libérer Jérusalem après l’éviction de ce dernier.

Ansar Bayt al-Maqdis [les partisans de Jérusalem], qui a mené une insurrection dans la péninsule égyptienne du Sinaï, et se fait appeler « branche sinaïque de l’Etat islamique », a revendiqué vendredi l’attentat-suicide du mois dernier qui a tué 30 soldats.

Dans une vidéo postée sur les médias sociaux, le groupe montre des images de l’attaque, notamment de ses hommes armés achevant des blessés à bout portant, et de la saisie d’armes des mains de l’armée égyptienne.

Il traite Al-Sissi de « serviteur des Juifs » et promet de le décapiter et de le démembrer, lui et son régime.

L’objectif de « libérer Jérusalem », dit-il, « ne sera réalisable que lorsque l’Egypte sera nettoyée de collaborateurs sionistes ». L’armée d’Al-Sissi, ajoute-t-il, « collabore avec les Juifs ».

Le groupe a tué des dizaines de policiers et de soldats depuis que l’armée a renversé le président destitué Mohammed Morsi l’an dernier, mais l’attaque du 24 octobre, dans laquelle un djihadiste fonce sur un barrage militaire au nord du Sinaï avec une voiture remplie d’explosifs, fut la plus meurtrière de ces dernières années.

Le groupe affirme avoir agi en représailles à une vague de répression contre les partisans islamistes suite à la destitution de Morsi.

Au moins 1 400 personnes ont été tuées dans la répression, tandis que plus de 15 000 ont été emprisonnées et des centaines condamnées à mort.

Dans la vidéo, le groupe promet de nouvelles attaques contre les forces de sécurité et affirme s’adresser directement à Al-Sissi, l’ancien chef de l’armée qui a renversé Morsi et a déclenché une vague de répression contre les islamistes.

Plus tôt cette semaine, Ansar Bayt al-Maqdis a prêté allégeance à l’organisation de l’Etat islamique en Irak et en Syrie pour stimuler le recrutement au sein de ses troupes et renforcer sa lutte contre l’armée égyptienne, selon les analystes.

Mercredi, l’armée a annoncé qu’un bateau de la marine avait été la cible d’une attaque « terroriste » en Méditerranée, et que huit militaires étaient portés disparus dans cette attaque sans précédent, tandis que deux policiers et trois soldats ont été abattus jeudi par des hommes armés dans le nord du Sinaï.

L’AFP contribué à cet article.