L’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et l’Autorité palestinienne (AP) réfléchissent à l’option consistant à stopper la coordination sécuritaire avec Israël au mépris d’une demande américaine de s’abstenir de le faire, a rapporté dimanche un quotidien arabe.

Des « sources bien informées » et anonymes ont fait savoir au quotidien Al-Hayat, basé à Londres, que malgré les efforts américains pour relancer les négociations de paix entre Israël et les Palestiniens, « les Palestiniens ne peuvent pas attendre que les Américains agissent alors qu’Israël joue contre la montre en changeant la situation à Jérusalem et en Cisjordanie et en imposant une politique du fait accompli. »

L’Autorité palestinienne a été confrontée à une pression croissante des factions islamistes du Hamas et du Jihad islamique, ainsi que de plus petites factions de gauche au sein de l’OLP, pour stopper la coordination sécuritaire avec Israël comme une mesure punitive en réponse à la construction israélienne au-delà de la Ligne verte.

Le Fatah, la faction de Mahmoud Abbas, a également commencé à préparer le terrain pour ce désengagement si jamais une offre palestinienne pour la reconnaissance par le Conseil de sécurité des Nations unies échouait.

Le Conseil révolutionnaire du mouvement a déclaré en octobre que l’incapacité à reconnaître la « Palestine » comme membre à part entière de l’ONU pourrait « mettre fin au processus de paix » et « mettre fin à toutes relations officielles découlant des accords d’Oslo et à toutes les obligations réciproques. »

« Nous sommes confiants que le peuple palestinien sera en mesure de rester ferme face aux défis à venir et face aux résultats de cette décision, » faisait savoir la déclaration du 20 octobre.

Muhammad Al-Madani, un responsable du Fatah gérant les liens de M. Abbas avec la société israélienne, n’a pas voulu commenter ce rapport d’Al-Hayat. Il a déclaré au Times of Israel dans un entretien téléphonique dimanche que « tout dépend des résultats des efforts diplomatiques en cours, » se référant aux pourparlers tenus en Jordanie jeudi dernier par le secrétaire d’Etat américain John Kerry, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le roi de Jordanie Abdallah II.

Abbas, pour sa part, n’a pas publiquement évoqué la possibilité de couper les liens sécuritaires avec Israël. En mai, il s’était engagé à respecter les liens sécuritaires avec Israël même si les négociations faiblissaient, les qualifiant même de « sacrés ». Le Hamas a fustigé Abbas pour ces commentaires, les décrivant comme une trahison.