Dans une déclaration émise mercredi, la République tchèque reconnaît Jérusalem ouest, dans ses frontières d’avant 1967, comme capitale d’Israël, mais n’envisage le transfert de son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem qu’après des pourparlers avec les partenaires régionaux.

L’annonce a été faite quelques heures après celle du président américain Donald Trump selon laquelle son administration reconnaissait Jérusalem comme capitale et qu’il avait demandé au Département d’État américain de préparer le transfert de l’ambassade de Tel-Aviv. Trump n’a pas fait mention de l’Est ou de l’Ouest de Jérusalem dans sa déclaration.

« La République tchèque, avant que la paix entre Israël et la Palestine soit signée, reconnaît actuellement Jérusalem comme étant de fait la capitale d’Israël, dans ses frontières délimitées par la ligne [de cessez-le-feu] de 1967 » déclare le ministre des Affaires étrangères tchèque dans une déclaration.

Toutefois, le ministre relève que « la République tchèque, de concert avec d’autres membres de l’UE, et suivant les conclusions du Conseil des Affaires étrangères de l’Union européenne, considère Jérusalem comme étant la future capitale des deux Etats, c’est-à-dire de l’État d’Israël et du futur Etat de Palestine. Le ministère pourra commencer à envisager le transfert de l’ambassade tchèque de Tel-Aviv à Jérusalem uniquement après négociations avec les partenaires-clés de la région et dans le monde ».

En 2012, la Russie avait déclaré reconnaître Jérusalem-ouest – dans ses frontières d’avant 1967- comme capitale.

Trump a inversé des décennies de politique américaine sur Jérusalem, déclarant mercredi la ville sainte profondément divisée comme capitale d’Israël.

Défiant les conséquences, les mises en garde du monde entier, et à la plus grande joie d’Israël, Trump a affirmé qu’après les échecs répétés des processus de paix, il était temps de passer à une « nouvelle approche ».

Pour la première fois, il a également personnellement soutenu le concept d’une « solution à deux Etats » pour Israël et les Palestiniens, sous réserve que chaque partie l’approuve.

Le président américain Donald Trump tient un mémorandum signé après avoir prononcé son discours concernant Jérusalem depuis la Maison-Blanche, à Washington, le 6 décembre 2017, sous le regard du vice-président américain Mike Pence (Crédit : Saul Loeb / AFP)

L’attente de la déclaration de Trump a visiblement poussé des dirigeants d’autres pays à manifester leur intérêt pour transférer leur mission diplomatique, avant même que la déclaration ne soit prononcée.

Le président des Philippines, Rodrigo Duterte, a envoyé un message à Israël selon lequel il désirait le déménagement de son ambassade à Jérusalem, a rapporté mercredi la Société audiovisuelle israélienne (KAN).

D’autres pays ont aussi demandé à leur ministère des Affaires étrangères d’envisager le transfert de leur ambassade à Jérusalem, selon ces mêmes sources.

« Alors que de nombreux dirigeants dans le monde ont émis de vives critiques, à Jérusalem, la nouvelle a été bien accueillie. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a loué la déclaration de Trump comme étant « une étape importante vers la paix », ce qu’ont approuvé plusieurs leaders de l’opposition.