La Grande-Bretagne, « très réservée » sur la conférence de Paris sur le Proche-Orient, n’a pas signé le communiqué final, a indiqué le Foreign Office dimanche soir dans un communiqué.

“Nous avons des réserves particulières sur une conférence internationale censée faire avancer la paix entre deux parties sans que ces dernières soient présentes, une conférence qui se tient en fait contre la volonté des Israéliens », indique le communiqué, précisant que, pour cette raison, Londres avait participé avec un statut d’observateur à la conférence qui a réuni dimanche plus de 70 pays, et n’avait pas signé le communiqué.

Plus de 70 pays ont solennellement réitéré dimanche leur engagement en faveur des deux États israélien et palestinien, avertissant qu’ils ne reconnaîtraient pas d’actions unilatérales qui menaceraient une solution négociée, particulièrement sur la question des frontières ou le statut de Jerusalem.

Dans un communiqué final âprement et minutieusement négocié, les participants à la conférence de Paris ont exhorté Israéliens et Palestiniens à « démontrer leur engagement pour la solution à deux États, et à s’abstenir d’actions unilatérales qui préjugeraient du résultat de la négociation, notamment sur les frontières, Jérusalem, les réfugiés ».

Le texte précise que si de telles actions étaient prises, « ils ne les reconnaîtront pas ».

Le communiqué s’abstient soigneusement de faire référence au projet controversé du futur président américain Donald Trump de transférer l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, mais il y a « un message subliminal à l’administration Trump », selon un diplomate français.

Boris Johnson, secrétaire d'Etat des Affaires étrangères  britannique, à Londres, le 27 juin 2016. (Crédit : Ben Stansall/AFP)

Boris Johnson, secrétaire d’Etat des Affaires étrangères britannique, à Londres, le 27 juin 2016. (Crédit : Ben Stansall/AFP)

Le secrétaire d’Etat britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a déclaré mardi au Parlement britannique que le Royaume-Uni avait joué un rôle clé dans la promotion d’une résolution anti-implantations adoptée le mois dernier par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Le Secrétaire des Affaires étrangères britannique a également affirmé son soutien à son homologue américain John Kerry qui, lors d’un discours majeur sur le Moyen Orient, a vivement critiqué les implantations juives de Cisjordanie, affirmant qu’elles formaient un obstacle majeur à la paix.

« Je rappelle à la Chambre que le Royaume-Uni a été étroitement impliqué dans sa rédaction, même si évidemment la résolution a été initiée par l’Egypte », a déclaré Johnson mardi, selon la transcription des débats. « Nous la soutenons non seulement parce qu’elle contient de nouveaux éléments soulignant l’infamie du terrorisme dont souffre Israël chaque jour, – pas plus tard que dimanche dernier, où un attentat s’est produit à Jérusalem. »

Le Times of Israël a découvert que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne s’était pas entretenu avec son homologue britannique Theresa May avant la résolution qui a été adoptée par le Conseil de Sécurité aux Nations Unies.

Et pourtant, des indications laissent penser qu’elle aurait pu s’opposer au texte, qui qualifiait les entreprises d’implantation israéliennes « d’illégales » et désignait par le terme “territoires occupés” toutes les terres à Jérusalem et en Cisjordanie qui ont été capturées par Israël lors de la guerre de 1967.

A l’approche de ce vote, organisé le 23 décembre, Netanyahu s’est entretenu avec le secrétaire aux Affaires étrangères Boris Johnson mais pas avec May, a confirmé au Times of Israël un porte-parole du bureau du Premier ministre.