Le Grand Rabbin de France par intérim nie les faits selon lesquels il aurait aidé à extorquer 90 000 euros d’une femme qui avait besoin de sa signature pour obtenir le divorce religieux.

La famille de la jeune femme de 28 ans, qui n’a pas été nommée, a déposé une plainte contre le rabbin Michel Guggenheim et deux membres de sa cour le 18 mars, selon l’Express.

La famille avait filmé en caméra cachée leur comparution devant la cour rabbinique présidée par Guggenheim, un des deux Grands Rabbins de France intérimaire, d’après l’Express.

Dans cet enregistrement, Guggenheim approuve la demande du mari, qui réclame un peu plus de 30 000 euros, et on l’entend même dire que
« c’est le prix de sa liberté ».

Un juge rabbinique, ou dayan, demande à la famille de la femme de faire un chèque de 90 000 euros au nom de l’institution religieuse Sinaï en tant que donation.

Il leur explique que leur donation fera l’objet d’un remboursement de
66 % par les autorités fiscales, car Sinaï est une organisation de charité.

Selon les termes de l’accord, Sinaï devait transférer 30 000 euros à l’époux et garder le reste de l’argent.

Contacté par L’Express Guggenheim nie les faits mais, citant l’obligation de confidentialité, refuse d’en dire plus.

« Ma seule erreur a été de ne pas avoir pris en compte l’attitude provocatrice et excessive de la famille. C’est une ruse pour ébranler le Beth Din de Paris » explique-t-il, faisant référence à la cour rabbinique.

La femme a obtenu son guet, ou le divorce religieux, mais sa famille menace de déposer une plainte au pénal pour extorsion contre les juges rabbiniques et l’ex-mari, et de fournir la vidéo comme preuve si le chèque ne leur était pas rendu, raconte L’express.

Le frère de la femme, cité par L’Express, s’insurge : « Michel Guggenheim a autorisé cela. Il est en faveur de l’extorsion de fonds ».

Guggenheim, qui est aussi le Grand Rabbin de Paris, et Oliver Kaufmann se partagent la fonction de Grand Rabbin de France depuis avril 2013, après la démission du rabbin Gilles Bernheim, coupable d’avoir menti sur l’obtention de titres académiques qu’il ne possédait pas.