La municipalité d’Amsterdam a décidé mardi de revoir sa copie sur la construction d’un monument à la mémoire des victimes de l’Holocauste, à laquelle de nombreux riverains sont opposés dans sa forme actuelle.

Le Conseil du district centre de la municipalité d’Amsterdam a adopté mardi à la majorité une motion ordonnant que le processus décisionnel de la municipalité reprenne à zéro après des plaintes de nombreux habitants.

« Le projet se trouvant sur la table ne convient pas à l’environnement auquel il est destiné », a soutenu Lina van Beest, une Amstellodamoise invitée à s’exprimer devant le Conseil avant le vote.

Initiative du Comité Auschwitz des Pays-Bas, le monument a été dessiné par Daniel Libeskind, connu notamment pour la reconstruction du World Trade Center de New York et le Musée juif de Berlin.

Intitulé « Chemin de Lumière », il ressemble à un labyrinthe. Ses murs porteront les noms de 102 000 juifs et 220 sintis des Pays-Bas déportés lors de la Seconde Guerre mondiale, un des chiffres les plus importants en Europe de l’Ouest.

Sa superficie est estimée à 1 000 mètres carrés et son coût à 5 millions d’euros. La construction était prévue pour 2015.

Le lieu envisagé pour sa construction est le parc Wertheim, grand de 7 500 mètres carrés, situé dans l’ancien quartier juif d’Amsterdam, près du Musée juif et de la synagogue portugaise.

Or, les riverains estiment que le monument prendra trop de place dans un parc « trop petit » qui abrite déjà un monument à la mémoire d’Auschwitz et craignent de voir débarquer des hordes de touristes perturbant la quiétude des lieux.

« C’est une bonne idée en soi, mais cela n’a aucun sens de le construire ici, le parc est tout simplement trop petit », a assuré à l’AFP Marja Ham, une riveraine.

Les habitants du quartier estiment en outre avoir été mis devant le fait accompli lorsque la municipalité a donné en mars un accord de principe pour soutenir le projet, et ce sans avoir préalablement consulté les riverains.

Ces derniers ont finalement eu la possibilité de s’exprimer, mais uniquement après l’accord de principe.

Devant cette opposition, la municipalité a estimé que l’accord de principe devait être revu à la lumière de nouvelles consultations avec les riverains, ce qui inclut d’envisager d’autres lieux pour la construction.

« C’est un monument important et il ne faut pas qu’il soit construit dans un environnement qui lui est hostile », a déclaré le président du Conseil, Boudewijn Oranje.