Les Etats-Unis ont présenté vendredi « les bases fondamentales » d’un éventuel accord international avec l’Iran sur son programme nucléaire controversé, à un mois de la date-butoir pour sceller un règlement définitif.

Washington entend signer d’ici au 31 mars « un bon accord » avec l’Iran, aux côtés de ses partenaires du groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) et est resté « ferme sur certaines bases fondamentales », ont indiqué à quelques journalistes des responsables américains, en dévoilant certains points d’un possible règlement, avant de nouveaux pourparlers internationaux avec Téhéran, en Suisse la semaine prochaine.

Ils ont dévoilé certains points d’un possible règlement, avant de nouveaux pourparlers internationaux avec Téhéran en Suisse la semaine prochaine.

« Nous n’accepterons un accord qu’à partir du moment où il supprime toutes les voies d’accès au matériel fissile dont l’Iran a besoin pour une arme nucléaire », a indiqué un responsable.

A cinq semaines de la date-butoir pour un accord, John Kerry avait averti mardi la République islamique que le moment de vérité approchait pour prouver au monde qu’elle ne cherche pas à acquérir la bombe atomique.

Les parties auraient ensuite jusqu’au 1er juillet pour finaliser les détails techniques d’une éventuelle entente.

Les responsables de la diplomatie américaine ont souligné que rien ne garantissait qu’un accord puisse être scellé, mais, selon eux, « les négociations ont avancé de façon substantielle ».

Sans entrer dans les détails, un responsable a exposé les principes sur lesquels Washington reste inflexible :

– l’Iran ne doit pas être autorisé à produire du plutonium utilisable à des fins militaires dans son réacteur en construction d’Arak. « Nous réfléchissons à la façon dont l’Iran pourrait reconvertir son réacteur d’Arak », a déclaré ce responsable.

– l’Iran ne doit pas être autorisé à utiliser son usine de Fordo pour y enrichir de l’uranium.

– seul le site de Natanz pourrait donc être utilisé pour enrichir de l’uranium.

– tout accord doit faire en sorte que l’Iran aura besoin d’un an pour réunir assez de matériel fissile pour fabriquer une bombe.

– l’Iran doit « réduire de manière significative » le nombre de ses centrifugeuses.

– il doit autoriser des inspections de ses sites nucléaires ainsi que de ses mines d’extraction d’uranium.

– les Etats-Unis veulent un accord qui permettra un allègement « progressif » des sanctions internationales.

« Nous insistons bien sur le fait que les sanctions peuvent être remises en place si l’Iran ne respecte pas l’accord », a encore souligné un responsable américain.

Les grandes puissances et l’Iran se rencontreront à nouveau la semaine prochaine, le 5 mars à Montreux (Suisse), pour poursuivre les négociations sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.

« Les négociations vont s’intensifier dans les jours à venir », a déclaré une porte-parole de la diplomatie de l’UE, Catherine Ray, lors d’un point de presse.

La réunion à Montreux a lieu au niveau des directeurs politiques du groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Allemagne) et d’Iran, qui négocient depuis plus d’un an un accord global sur le programme nucléaire de Téhéran pour tenter de mettre fin à treize ans de crise diplomatique.

Selon le département d’État américain, le secrétaire d’État américain John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif doivent aussi se revoir à Montreux la semaine prochaine. M. Kerry doit auparavant intervenir lundi devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies à Genève.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, doit également s’adresser au Conseil lundi matin.

Les grandes puissances exigent que l’Iran réduise ses capacités nucléaires afin d’empêcher qu’il puisse disposer un jour de la bombe atomique. Téhéran revendique son droit à une filière nucléaire civile complète et demande la levée totale des sanctions économiques occidentales.

Ces négociations, qui ont redémarré en novembre 2013, ont déjà été prolongées à deux reprises.