Les accusations très médiatisées selon lesquelles Sara Netanyahu aurait volé pour plusieurs milliers de shekels pour des consignes de bouteilles retournées sont une « histoire politique » infondée et montée en épingle par les ennemis de gauche de Benyamin Netanyahu « afin d’atteindre le Premier ministre », selon un porte-parole du Likud qui s’exprimait samedi soir.

Nir Hefetz, un conseiller de longue date de Netanyahu, également porte-parole des médias pour le Likud pour la campagne actuelle, a pris la parole après que la chef du parti de gauche du Meretz a réclamé que le procureur général enquête sur le vol présumé. De son côté, le bureau du procureur général a annoncé samedi la publication imminente de son rapport très attendu sur les dépenses démesurées liées aux résidences du Premier ministre.

Dans une interview diffusée sur la Deuxième chaîne, Hefetz a affirmé que la femme du Premier ministre, a, de son propre chef, remboursé 4 000 shekels (environ 800 euros) à l’Etat pour ces bouteilles consignées, et ce, bien avant que l’affaire n’éclate.

Sara Netanyahu, « a, de sa propre initiative, sans qu’on le lui demande, décidé de rembourser cette somme après plusieurs années au cours desquelles les bouteilles consommées à la résidence du Premier ministre étaient renvoyées pour être recyclées et (l’argent) a été adressé au fond pour les dépenses courantes », a ainsi prétendu Hefetz.

Il n’a pas répondu directement aux accusations selon lesquelles les sommes impliquées étaient supérieures, et a soutenu qu’il ne savait pas pourquoi l’argent avait été adressé à Sara Netanyahu dans un premier temps.

Hefetz a également contesté les allégations selon lesquelles les Netanyahu dépensent au moins 100 000 shekels (20 000 euros) par an en alcool. Selon lui, les sommes exactes étaient équivalentes au montant d’une bouteille de vin par jour, rafraîchissements sans alcool inclus.

Hefetz a attesté que “les informations vérifiées” seront publiées ce dimanche. Il a également qualifié l’histoire d’ « affaire ridicule », et affirmé que « la plupart de ceux qui nous regardent en ont assez d’entendre parler de cela ».

Selon lui, l’attention des médias devrait plutôt se porter sur les « millions » de financement illégal destiné aux associations de gauche œuvrant pour la défaite de Netanyahu au cours de cette campagne. Cité par Hefetz comme étant l’une de ces structures, le NIF a rapidement contesté l’accusation.

Le Likud devrait étayer publiquement ces accusations de financement illégal ce dimanche.

Hefetz a tenu à insister sur le fait que l’intérêt des médias pour les faits et gestes de la femme du Premier ministre était en fait « une affaire politique, amenée par la gauche afin d’atteindre un Premier ministre israélien ». Et de s’interroger pourquoi les médias ne portaient pas leur attention sur l’urgence à contrecarrer les plans iraniens et à protéger la sécurité des enfants d’Israël.

Selon le journal Haaretz, qui a révélé l’affaire, Meny Naftali, l’ancien intendant de la résidence du Premier ministre, a affirmé que Sara Netanyahu a « empoché environ 24 000 shekels (5 500 euros) avec ces manœuvres ». Naftali poursuit actuellement le couple pour mauvais traitements qu’il impute à la femme du Premier ministre.

Le bureau du Premier ministre a fortement minimisé la somme, l’estimant à environ 4 000 shekels. Selon lui, le couple Netanyahu l’a remboursée à partir de 2013 au rythme de 1 000 shekels (200 euros) par an.

La Deuxième chaîne rapportait jeudi, documents à l’appui, que le couple dépensait de fortes sommes d’argent en alcool. En deux ans, environ 100 000 shekels auraient été dévolus aux boissons alcoolisées.

Le bureau du Premier ministre a également contesté ces dires, affirmant samedi que « les dépenses journalières moyennes en vin à la résidence du Premier ministre en 2013-2014 s’élevaient à environ une bouteille de vin par jour (chacune coûtant quelques douzaines de shekels) ».

Plus tôt samedi, les rivaux politiques de Netanyahu l’ont attaqué à propos de l’affaire.

Isaac Herzog, qui co-dirige le Camp sioniste – la liste d’union Labor-Hatnua – a ordonné à Netanyahu d’ « arrêter de se cacher derrière les bouteilles… et d’arrêter de se défausser sur les autres » pour ces échecs, après que le Premier Ministre, vendredi, a accusé les médias de mener une campagne dénigrante pour atteindre son leadership.

Tzipi Livni, du Camp sioniste, est également passée à l’attaque en mettant sur un pied d’égalité les factures mensuelles en alcool de la résidence du Premier ministre et le salaire mensuel de millions d’Israéliens. « Les dépenses mensuelles en alcool de Netanyahu sont équivalentes au salaire minimum que gagnent des millions d’Israéliens » a-t-elle affirmé au cours d’un événement culturel à Rishon Lezion.

Selon elle, « après cette semaine, il est désormais prouvé que Netanyahu a dépensé, en deux ans, 100 000 shekels d’argent public en alcool. Au mois de novembre, près d’un million de travailleurs israéliens ont gagné entre 4300 et 4500 shekels. Vous rendez-vous compte du montant des dépenses mensuelles de Netanyahu ? 4 200 shekels, au niveau du salaire minimum d’un travailleur ».

Le Likud et le Camp sioniste sont au coude à coude dans les sondages pour les élections du 17 mars, avec Netanyahu actuellement en tête pour former une coalition.

La chef du parti de gauche Meretz, a appelé de ses vœux une enquête pour vol d’argent public en bonne et due forme. Zehava Gal-on a en effet demandé au procureur général Yehuda Weinstein de lancer une investigation urgente à propos de l’affaire, et, si les accusations se révélaient fondées, d’écarter la candidature de Netanyahu pour le poste de Premier ministre.

« Rabin a été renvoyé pour moins que ça,” a ainsi affirmé Gal-on, faisant allusion à la démission d’Yithzak Rabin du poste de Premier ministre en 1977. A l’époque, il avait été révélé que sa femme Leah n’avait pas fermé un compte bancaire américain, ouvert du temps où Rabin était ambassadeur aux Etats-Unis.

Les accusations de comportement inapproprié avec l’argent et de dépenses extravagantes poursuivent Netanyahu depuis plusieurs années.

Il avait déjà été sous le feu des critiques en 2013, après des révélations selon lesquelles, il avait dépensé en un an 100 000 shekels d’argent public en crèmes glacées. Toujours en 2013, un rapport d’Etat avait mis en évidence que 80 000 shekels d’argent public étaient dévolus à sa consommation d’eau dans sa résidence privée avec piscine, située dans la municipalité cossue de Césarée.

Vendredi, dans un long post Facebook, Netanyahu a dénoncé des “accusations fausses (me) visant, ainsi que (ma) femme, et ayant pour but de renverser le Likoud et d’amener la gauche de Tzipi et Bougie [Herzog] au pouvoir ».

Dans son message, Netanyahu n’a pas épargné la presse israélienne, qualifiant l’affaire d’ « ancienne » et « insignifiante ». Il a également accusé des « acteurs puissants » des médias de calomnier sa femme afin de saper son leadership.

« Tout ceci n’a pour but que de détourner l’attention de ce qui est vraiment important : qui gouvernera ce pays » a-t-il conclu.