Retour sur la conférence de presse entre Macron et Netanyahu
Rechercher

Retour sur la conférence de presse entre Macron et Netanyahu

"Toute forme d’attaque contre Israël est clairement condamnée par la France", a affirmé le président français qui a appelé le Premier ministre à "mener des gestes courageux envers les Palestiniens"

Ce dimanche, Emmanuel Macron recevait à l’Elysée Benjamin Netanyahu dans un contexte délicat. Le visite du Premier ministre israélien a en effet lieu quelques jours après la reconnaissance de Jérusalem capitale d’Israël par le président américain Donald Trump.

« La France demeure convaincue que la seule solution, conformément au droit international et à nos engagements de long terme, est de permettre l’établissement de deux Etats vivant côte à côte en paix, et que cela peut émerger par la négociation. Nous soutiendrons en tous cas toute initiative qui serait prise en ces sens », a déclaré le président français, lors d’une conférence de presse conjointe à l’Elysée.

« J’ai invité le Premier ministre à mener des gestes courageux envers les Palestiniens pour sortir de l’impasse actuelle ».

« Il me semble que commencer par le gel de la colonisation et les mesures de confiance à l’égard de l’Autorité palestinienne, ce sont des gestes que nous avons évoqués avec le Premier ministre Netanyahu qui sont d’importance », a précisé le président français.

Le président a également rappelé les « liens d’amitié forts » qui unissent les deux pays et « l’attachement » de la France « à la sécurité et à la stabilité d’Israël ». « Israël est un ami. Nous sommes des amis proches et nous n’accepterons aucune attaque terroriste. Nous voulons que la paix soit établie dans la région », a-t-il ajouté.

Le président a appelé au gel des implantations et a affirmé que la France « souhaite la création de deux Etats en paix – Israël et la Palestine – avec des frontières établies. J’ai expliqué au Premier ministre Netanyahu ma désapprobation de la décision de Trump que nous considérons comme dangereuse pour la paix. Ces déclarations ne servent pas la sécurité des Palestiniens et des Israéliens ».

« Vous êtes en effet un ami, a répondu Netanyahu. Je me réjouis des condamnations que vous venez d’exprimer sur les attentats terroristes. Nous sommes des partenaires pour la prospérité et la culture de la paix. Nous partageons tant de buts et de valeurs. A travers tout le Moyen-Orient, il n’y a aucun autre pays que l’Etat d’Israël à défendre davantage les valeurs que la France approuve. Nous coopérons sur de nombreuses questions, y compris la sécurité. Nous nous battons ensemble contre la barbarie. »

« Cela signifie-t-il que Emmanuel Macron et moi sommes d’accord sur tout ?, s’est interrogé Netanyahu. Pas encore. Nous y travaillons. C’est une question de temps. »

« Paris est la capitale de la France. Jérusalem est la capitale d’Israël. Nous respectons votre histoire et vos choix. Je sais qu’en tant qu’amis, vous respecterez toujours les nôtres. C’est essentiel pour la paix. »

Il a par ailleurs affirmé que les efforts de l’UNESCO visant à nier le lien millénaire du peuple juif avec Jérusalem sont « absurdes ». « Quelle serait la capitale d’Israël si ce n’est pas Jérusalem ? C’est là que nous avons la Knesset ou la résidence du Premier ministre… Ce n’est pas à Ashdod ! Jérusalem n’a jamais été la capitale d’un autre peuple. Plus tôt les Palestiniens accepteront cela, plus tôt la paix surviendra. »

Netanyahu a affirmé que « le plus important pour la paix est de reconnaître que l’autre partie a le droit d’existence. C’est ce qui freine la paix dans le conflit israélo-palestinien. » Il a appelé à la reprise des négociations et invité à nouveau le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à reprendre le processus.

Le Premier ministre israélien a par ailleurs accusé le président turc Recep Tayyip Erdogan de bombarder les Kurdes et d’aider des « terroristes ».

« Je n’ai pas de leçons de moralité à recevoir d’un dirigeant qui bombarde des villages kurdes en Turquie, qui emprisonne des journalistes, aide l’Iran à contourner les sanctions internationales et aide des terroristes, notamment à Gaza », a déclaré M. Netanyahu, interrogé sur la déclaration de M. Erdogan qui, plus tôt dans la journée, avait qualifié Israël d' »Etat terroriste » qui « tue des enfants ».

« Ceux qui nient le meurtre d’enfants au cours du génocide arménien doivent s’abstenir de nous prêcher ce qu’est la moralité », a écrit pour sa part le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, au sujet des propos du président turc.

Netanyahu a enfin affirmé sa volonté de profiter de « la normalisation croissante avec les pays de la région » pour, en plus de se rapprocher de la paix avec les Palestiniens, « isoler les extrémistes ».

« Emmanuel Macron et moi sommes d’accord sur le fait que nous devons stopper la principale menace d’agression, qui vient de l’Iran. L’Iran est aujourd’hui partout. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...