Une manifestation propalestinienne interdite par les autorités françaises, la seconde ce week-end, mais organisée près de Paris s’est terminée par des dégradations, poubelles renversées et vitres cassées, mais la tension restait vive dimanche soir et la police a bloqué l’accès à une synagogue.

Dans l’après-midi, des centaines de sympathisants propalestiniens avaient bravé l’interdiction et s’étaient rassemblés près de la gare de train de banlieue de Garges-Sarcelles, au nord de Paris. Dénonçant l’interdiction de manifester, ils avaient incité au calme disant vouloir « éviter la casse ».

Autour d’eux, un important dispositif policier. Mais lors de la dispersion du rassemblement, une partie des jeunes manifestants se sont engouffrés dans la ville, vers des positions de la police, renversant des poubelles et allumant pétards et fumigènes.

Près de la mairie, au moins deux voitures ont été incendiées et plusieurs autres véhicules ont eu leurs vitres cassées. Une cabine téléphonique a été détruite et des poubelles incendiées.

L’accès à la synagogue de Sarcelles a été entièrement bouclé, des cars de policiers antiémeute barrant l’avenue. Devant son entrée, une trentaine de jeunes pro-israéliens y étaient armés de matraques et barres de fer, l’un d’entre eux agitant un drapeau israélien.

L’ambiance s’est tendue dans ce quartier, avec des attroupements et de nombreuses personnes aux fenêtres. Quelques dizaines de manifestants ont crié « Israël assassin ! » près du barrage policier sur l’avenue, des dizaines d’autres leur ont répondu « Palestine on t’encule » de l’autre côté.

Plusieurs journalistes ont été pris à partie par les manifestants, un caméraman de télévision a été dépouillé de son matériel et un photographe de l’AFP a été agressé et légèrement blessé.

Initialement, un défilé propalestinien ainsi qu’un rassemblement pro-israélien organisé par la Ligue de défense juive (LDJ), avaient été prévus au même endroit et à la même heure, incitant la mairie et la préfecture à interdire les deux.

Sarcelles, parfois surnommée « la petite Jérusalem », compte une importante communauté juive séfarade.

Samedi, une manifestation propalestinienne à Paris a dégénéré en affrontements entre jeunes et policiers. Le gouvernement avait interdit la manifestation par crainte de « troubles à l’ordre public » et pour empêcher l’expression de slogans ou d’actes antisémites dans les rues de Paris.

Seule la France a interdit une manifestation de soutien aux Palestiniens de Gaza, une mesure inédite en Europe.