Selon un communiqué de l’Autorité des Antiquités d’Israël (AAI), un rare sceau datant de 2 500 ans et portant le nom « Elihana bat Gael » a été découvert pendant des fouilles de l’AAI dans la Cité de David, dans le parc national des murailles de Jérusalem.

Un autre sceau appartenant à un homme nommé « Saaryahu ben Shabenyahu » a été trouvé à proximité.

Selon les directeurs des fouilles, « la propriétaire du sceau était exceptionnelle comparée aux autres femmes de la période du Premier Temple : elle avait un statut légal qui l’autorisait à mener des affaires et à être propriétaire. »

Qui étaient Elihana bat Gael et Saaryahu ben Shabenyahu ?

Deux sceaux portant leurs noms hébraïques ont été découverts dans un grand bâtiment datant de la période du Premier Temple dans des fouilles que mène l’autorité des antiquités d’Israël dans le parking Givati de la Cité de David, dans le parc national des murailles de Jérusalem.

« Trouver des sceaux qui portent des noms de l’époque du Premier Temple n’est pas vraiment une chose banale, et trouver un sceau qui appartenait à une femme est un phénomène encore plus rare, » ont déclaré les chercheurs.

Après neuf ans de fouilles de l’autorité des antiquités d’Israël, en coopération avec l’autorité des parcs et de la nature en Israël et la fondation de la Cité de David, les archéologues du site ont réussi à atteindre la strate de l’ancienne Jérusalem datant de la période du Premier Temple, où une surprise les attendait : ils ont trouvé deux sceaux dans une structure construite de magnifiques pierres de taille.

Vue générale du site de fouilles. (Crédit : autorité israélienne des antiquités)

Vue générale du site de fouilles. (Crédit : autorité israélienne des antiquités)

Selon les archéologues, le Dr Doron Ben-Ami, Yana Tchekhanovets et Salomé Cohen, directeurs des fouilles pour l’autorité des antiquités d’Israël, « les sceaux personnels, comme ceux d’Elihana et de Saaryahu, étaient utilisés pour signer des documents, et étaient fréquemment incrustés dans la bague qui était portée par le propriétaire. En antiquité, ils désignent l’identité, la généalogie et le statut du propriétaire du sceau.

Sur le rare sceau de la femme, qui est fait dans une pierre semi-précieuse, apparaît l’écriture en miroir : « pour Elihana bat Gael », en lettres hébraïques anciennes. La propriétaire de la bague est mentionnée ici avec le nom de son père.

Selon le Dr Hagai Misgav de l’université Hébraïque de Jérusalem, « les sceaux qui appartenaient aux femmes représentent une très petite proportion de tous les sceaux qui ont été découverts à ce jour. C’est à cause du statut économique généralement inférieur des femmes, à l’exception d’exemples extraordinaires comme celui-ci. En effet, le nom Elihana apparaît dans la Bible, et il n’y a pas d’autre information concernant l’identité de cette femme, mais le fait qu’elle possédait un sceau démontre son haut statut social. »

Le Dr Misgav a ajouté que « la plupart des sceaux de femme qui nous sont connus portent le nom du père plutôt que celui du mari. Ici, comme dans d’autres cas, cela pourrait indiquer le statut relativement élevé d’Elihana, qui dépendait de sa famille originelle, et pas de la famille de son mari. Il semble qu’Elihana ait maintenu son droit à la propriété et à l’indépendance financière même après son mariage, et donc le nom de son père a été gardé ; cependant, nous n’avons pas d’informations suffisantes sur la loi en Judée à cette époque. »

Le sceau d'Elihana, avec une figurine de femme de la période du Premier Temple, qui symbolise la fertilité, et a également été découverte dans le lot Givati. (Crédit : Clara Amit, autorisation de l'autorité israélienne des antiquités)

Le sceau d’Elihana, avec une figurine de femme de la période du Premier Temple, qui symbolise la fertilité, et a également été découverte dans le lot Givati. (Crédit : Clara Amit, autorisation de l’autorité israélienne des antiquités)

Le nom d’Elihana est connu par un sceau ammonite contemporain et la forme féminine du nom Eli, de la Bible.

L’écriture apparaissant sur le sceau est remarquablement similaire aux écritures des sceaux ammonites, et cela pourrait indiquer une origine étrangère de l’artisan qui a gravé le sceau et possiblement l’origine étrangère d’Elihana, qui venait apparemment de l’est du Jourdain.

Le Livre des Proverbes (31:13-23) établit qu’une femme idéale est responsable de subvenir aux besoins de son foyer quand son mari est engagé dans des affaires publiques et légales aux portes de la ville : « Elle se procure de la laine et du lin, et elle les travaille de ses mains empressées […] Son mari est connu aux portes, où il siège avec les anciens du pays. »

Une archive des documents préservés dans le désert de Judée datant de l’époque du Deuxième Temple parle, parmi d’autres éléments, du commerce de Babatha bat Shimon, une propriétaire de terrains qui avait un statut légal. Mais en général, les preuves d’indépendance financière et légale dans la Bible et dans l’archéologie sont rares, et il semble que l’exception à la règle éclaire en fait la règle elle-même.

Le second sceau qui a été mis à jour pendant les fouilles était également écrit en écriture miroir et porte l’inscription « pour Saaryahu ben Shabenyahu ». Le nom Saaryahu apparaît dans un hangar d’Arad, et signifie apparemment « le Seigneur, qui a été révélé dans une tempête » (voir Job 38).

Sceau de 2500 ans, remontant à l'époque du Premier Temple, et portant l'inscription: “pour Saaryahu ben Shabenyahu”. (Crédit : Clara Amit, autorisation des autorités israéliennes des antiquités)

Sceau de 2500 ans, remontant à l’époque du Premier Temple, et portant l’inscription: “pour Saaryahu ben Shabenyahu”. (Crédit : Clara Amit, autorisation des autorités israéliennes des antiquités)