2 suspects arrêtés dans l’affaire des effigies habillées en soldats israéliens
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2 suspects arrêtés dans l’affaire des effigies habillées en soldats israéliens

La police a interrogé les deux individus soupçonnés d'incitations contre l'enrôlement, dans un contexte de désaccord à la Knesset sur le service militaire

Une effigie d'un soldat ultra-orthodoxe saisi par la police dans un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem à Pourim, le 2 mars 2018 (Police israélienne)
Une effigie d'un soldat ultra-orthodoxe saisi par la police dans un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem à Pourim, le 2 mars 2018 (Police israélienne)

Deux habitants de Jérusalem ont été placés en détention pour être interrogés dimanche, soupçonnés d’incitations contre l’enrôlement au sein de l’armée après qu’ils ont accroché à des immeubles et à trois occasions des effigies habillées en soldats israéliens.

Au cours de l’un de ces incidents au moins, l’effigie avait été aspergée de liquide inflammable.

Ces effigies avaient été accrochées à des immeubles du quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim, à Jérusalem.

Dimanche, le ministre de la Défense a fustigé les politiciens ultra-orthodoxes qui ont été incapables, selon lui, de dénoncer l’accrochage et la quasi-mise à feu de ces poupées géantes.

Les tensions sont élevées au sein de la population haredim concernant la législation actuellement avancée par les députés issus de la communauté et qui prévoit l’exemption des étudiants des séminaires religieux du service militaire obligatoire, qui menace de renverser le gouvernement.

Les députés ultra-orthodoxes ont conditionné leur approbation du budget 2019 à l’adoption du projet de loi sur l’exemption. Liberman, pour sa part, a juré de défaire une telle législation et le ministre des Finances Moshe Kahlon (Koulanou) a menacé de quitter la coalition et de renverser ainsi le gouvernement si le budget n’était pas adopté d’ici deux semaines.

Vendredi, durant la fête juive de Pourim à Jérusalem, les agents ont été hués et sifflés par la foule dans une rue alors qu’ils enlevaient l’une de ces poupées en uniforme grandeur nature, a fait savoir la police.

« La police a procédé au retrait d’une effigie de soldat accrochée sur un immeuble du quartier Mea Shearim », a noté un communiqué émis par les forces de l’ordre. « Une enquête préliminaire a découvert qu’elle était saturée de liquide inflammable, avec apparemment l’intention d’y mettre le feu ».

Quelques heures plus tard, les agents ont retiré une deuxième effigie qui avait été accrochée à proximité.

Au mois de septembre 2017, un homme ultra-orthodoxe de Jérusalem avait été arrêté pour avoir brûlé l’effigie d’un soldat de l’armée israélienne durant la fête de Lag BOmer organisée au début de la même année.

La question de l’enrôlement ultra-orthodoxe a été controversée en Israël, autour d’un débat datant de plusieurs décennies sur la question de savoir si les jeunes ultra-orthodoxes qui étudient dans les yeshivot ou les séminaires devraient être appelés au service militaire obligatoire comme le reste de la population juive d’Israël. Après avoir atteint l’âge de 18 ans, les hommes doivent servir pendant 32 mois et les femmes pendant 24 mois.

Les Israéliens ultra-orthodoxes, qui bénéficiaient depuis des décennies d’une exemption générale du service militaire, s’opposent à ce qu’ils disent être un non-respect des lois juives par l’armée israélienne. Les tentatives récentes de recruter des ultra-orthodoxes ont rencontré un certain succès, mais beaucoup de ces soldats font l’objet de harcèlement, de menaces et d’agressions pendant leurs permissions dans les quartiers ultra-orthodoxes.

Des juifs ultra-orthodoxes affrontent la police lors d’une manifestation anti-conscription, le 28 novembre 2017 à Jérusalem. (Crédit : Flash90)

Au mois de septembre, la Haute cour a rejeté une loi exemptant les hommes ultra-orthodoxes des yeshivot du service militaire, au motif qu’elle portait atteinte au principe d’égalité devant la loi.

Le tribunal a suspendu sa décision pendant un an pour permettre la mise en place d’un nouvel accord, donnant au gouvernement la possibilité d’adopter une nouvelle loi.

Liberman a rejeté le droit des partis orthodoxes à préparer un projet de loi sur le sujet, disant que ce type de législation ne relève que de la responsabilité unique du ministère de la Défense.

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