Israël en guerre - Jour 285

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3 hospitalisations après une manifestation tendue près du domicile de Netanyahu

Les manifestants ont été blessés par des jets de canon à eau ; neuf personnes ont été arrêtées lors de cette deuxième "Journée de perturbation", un député Likud a dit réfléchir à soutenir des élections anticipées

Des manifestants anti-gouvernement manifestent devant la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 17 juin 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des manifestants anti-gouvernement manifestent devant la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 17 juin 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des dizaines de milliers de manifestants sont rassemblés devant la Knesset, lundi, pour réclamer des élections anticipées et un accord avec le Hamas qui permettrait aux otages retenus en captivité dans la bande de Gaza d’être remis en liberté.

Un grand nombre de protestataires se sont ensuite rendus à la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu où des affrontements violents ont éclaté avec les forces de l’ordre.

La police a fait savoir qu’elle avait autorisé la tenue du mouvement de protestation jusqu’au moment où certains participants ont cherché à franchir les barrières qui avaient été installées autour du domicile du Premier ministre, pour protéger le périmètre. Neuf personnes au moins ont été arrêtées.

Parmi les personnes appréhendées, Noam Doan, dont l’ex-cousin par alliance, Ofer Calderon, se trouve dans les geôles du groupe terroriste à Gaza.

Les organisateurs du mouvement de protestation ont accusé la police d’avoir utilisé la force de manière excessive, employant encore une fois un canon à eau alors que les manifestants se trouvaient devant la résidence du Premier ministre. Les puissants jets d’eau ont entraîné l’hospitalisation de trois personnes.

Parmi elles, un médecin bénévole. Les collègues de Tel Weissbach ont indiqué qu’elle se tenait sur le côté de la rue, portant une veste orange fluorescente de manière à pouvoir être facilement identifiée par les éventuels blessés en quête de soins. Weissbach a été touchée à l’œil et elle a été prise en charge à l’hôpital Tel Hashomer, selon la Douzième chaîne.

Elle risque de perdre un œil, a fait savoir le groupe activiste White Coats.

Le professeur Hagai Levine, l’un des responsables de l’organisation, a appelé lundi matin l’Association médicale israélienne à passer à l’action après que Weissbach a été blessée au visage alors qu’elle se tenait sur le trottoir de la rue Radak, portant une veste de couleur fluorescente permettant de l’identifier comme médecin bénévole. Levine a ajouté que son groupe répétait ses mises en garde contre des violences policières excessives  lors des mouvements de protestation.

« Selon des témoins, la docteure Weissbach ne représentait aucune menace et elle ne prenait part à aucune action violente. Sa blessure a été entraînée par un usage illégal de la force de la part de la police », a-t-il affirmé.

Mirsham,  l’organisation des résidents en médecine, a appelé à ce qu’une enquête judiciaire soit immédiatement ouverte et à ce que les responsables soient traduits devant les tribunaux.

Deux autres personnes ont été emmenées dans des hôpitaux avoisinants, à Jérusalem. L’une d’entre elles était inconsciente après avoir été blessée par les jets du canon à eau et l’autre – une femme âgée de 63 ans – a été grièvement atteinte après avoir été projetée contre un mur, a précisé la chaîne.

Un feu de circulation et un poteau ont été détruits lors de ces affrontements intenses et les tables d’une pizzeria ont été renversées.

Les organisateurs ont accusé les agents d’avoir agi sous le commandement du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui supervise la police et qui est un critique fervent du mouvement de protestation des opposants au gouvernement.

Ces rassemblements sont survenus au deuxième jour d’une « semaine de perturbation » organisée par les groupes qui réclament le départ du pouvoir de la coalition actuelle.

« Non, nous n’accepterons pas un gouvernement irresponsable », ont scandé les protestataires devant la Knesset, en début de soirée. « Non au fascisme ».

Un autre slogan a mis l’accent sur la « culpabilité » de Netanyahu concernant les échecs du 7 octobre. Un troisième a réclamé des élections anticipées.

De son côté, Netanyahu n’a cessé de répéter qu’il ne pourrait pas y avoir de nouveau scrutin tant que la guerre à Gaza serait encore en cours. Les prochaines élections générales sont officiellement prévues pour le mois d’octobre 2026.

« Ce week-end, nous avons entendu [Gadi] Eisenkot dire que le Premier ministre est contrôlé par les kahanistes et qu’il est incapable de prendre des décisions », a dit Shikma Bressler, l’une des organisatrices du mouvement de protestation, faisant référence à un entretien télévisé accordé par l’ancien observateur au cabinet de guerre, qui est aussi un ancien chef d’état-major et un membre de la formation HaMahane HaMamlahti.

« Après ce qui est arrivé le 7 octobre et au vu de l’extrémisme de ce gouvernement, de son déni face à ses échecs, il doit rendre le mandat au peuple », a-t-elle ajouté.

Elle a aussi accusé le Premier ministre de prendre du plaisir à voir mourir les soldats israéliens, disant qu’Israël « a un Premier ministre qui a le sourire alors que des officiers de Tsahal viennent frapper à la porte d’un nombre toujours plus grand de familles pour les avertir du décès de leurs êtres chers », faisant référence à un vote qui a eu lieu, la semaine dernière, à la Knesset alors que les informations portant sur la mort de quatre soldats à Gaza, quelques heures auparavant, étaient encore interdites à la publication.

La cheffe du mouvement de protestation Shikma Bressler s’exprime lors d’un rassemblement appelant à la conclusion d’un accord sur les otages et à des élections anticipées près de la Knesset de Jérusalem, le 17 juin 2024. (Crédit : Sam Sokol/Times of Israel)

Les protestataires ont hué en regardant, sur un écran, les images de députés de la coalition en train de voter sur le projet de loi très controversé qui prévoit d’abaisser l’âge de l’exemption de service militaire pour les jeunes membres de la communauté ultra-orthodoxes qui étudient en yeshiva. Des cris de « traîtres » se sont élevés de la foule, qui a entonné le slogan « Honte ».

Parmi les personnes présentes, le député du parti Yesh Atid, Moshe Tur-Paz, qui a déclaré au Times of Israel qu’il était venu apporter son soutien aux participants, ajoutant que « nous devons organiser de nouvelles élections et changer le gouvernement ».

Alors qu’il lui était demandé s’il était possible de renverser ce dernier, le parlementaire centriste a répondu par l’affirmative.

Des manifestants réclamant un accord sur les otages et des élections anticipées près de la Knesset de Jérusalem, le 17 juin 2024. (Crédit : Sam Sokol/Times of Israel)

Lundi également, un député appartenant au Likud de Netanyahu a semblé amorcer une rupture rare avec la ligne du parti, laissant entendre qu’il était peut-être temps d’organiser des élections anticipées en raison de l’inefficacité du gouvernement.

« Nous sommes un gouvernement sans résultat, c’est la vérité », a déclaré le député Eliyahu Revivo lors d’une interview accordée à la chaîne de la Knesset, rejoignant un chœur croissant de politiciens qui réclament un retour prématuré des Israéliens dans les urnes.

Interrogé sur la nécessité d’organiser des élections – comme le réclament régulièrement les manifestants, à travers tout le pays, et les chefs de l’opposition – Revivo a répondu : « Peut-être ».

« Il faut peser le pour et le contre », a-t-il estimé. « Les élections sont l’une des possibilités à envisager ». Il a ajouté qu’il ne pensait pas être le seul, au sein du Likud, à avoir ce point de vue, ajoutant toutefois qu’il ne voyait pas le gouvernement s’effondrer dans les semaines à venir.

Le député du Likud Eliyahu Revivo assistant à une réunion d’une commission de la Knesset, à Jérusalem, le 12 juin 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député du Likud a fait remarquer qu’il pensait que même si le parti perdait le pouvoir, le jeu en vaudrait la chandelle parce « qu’Israël passe avant tout ». Il a accusé les partis politiques de refuser à tout prix d’abandonner leurs postes à responsabilité – un refus généralisé qui s’apparente « à une épidémie » au sein des formations, a-t-il ajouté.

Interrogé sur l’insistance placée par Netanyahu sur la nécessité de ne pas organiser de scrutin tant que le pays sera plongé dans sa guerre contre le Hamas, il a répondu : « Nous ne sommes pas vraiment au milieu d’une guerre, à vrai dire. Ce qui se passe en ce moment n’est pas une guerre. Nous pouvons parler de combats ou d’opérations. » Il a haussé les épaules lorsque le journaliste a répété que le Premier ministre continuait à se référer à la campagne militaire menée à Gaza comme à une guerre.

Depuis le massacre du 7 octobre – en cette matinée funeste de Shabbat, les terroristes du Hamas avaient semé la désolation dans le sud d’Israël, tuant près de 1 200 personnes, majoritairement des civils, et enlevant 251 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza – Netanyahu s’est effondré dans les sondages qui, pour la plupart, estiment que le Likud ne serait pas en mesure de former une coalition avec ses partenaires actuels si des élections devaient avoir lieu aujourd’hui.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprimant lors d’une conférence de presse à l’hôpital Sheba, à Ramat Gan, le 8 juin 2024. (Crédit : Tomer Appelbaum/POOL/Flash90)

Lors d’un entretien accordé ultérieurement à une station de radio, Revivo a établi clairement que « je ne pense pas que des élections, en ce moment, soient nécessairement ce qui nous attend ; je ne pense pas que ce soit nécessairement la bonne chose à faire mais si c’est ainsi que nous pourrons changer les choses immédiatement, c’est une possibilité qui ne doit pas être écartée ».

« Je ne sais pas si avec un autre gouvernement, cette guerre aurait été conduite différemment, mais je ne peux pas me contenter d’un compromis… Que le public décide donc », a-t-il dit au micro de la station Radio 103FM.

Le député a également noté qu’il avait tenté de rassembler « un gouvernement large, stable, sioniste avec une date convenue pour un scrutin » mais qu’il n’a pas suscité beaucoup d’enthousiasme du côté des personnalités de l’opposition. « Il n’y a pas de leaders de l’autre côté », a-t-il accusé.

Des propos tenus alors que Yair Golan, le nouveau dirigeant d’Avoda, a lancé un appel en faveur « d’élections anticipées rapides », insistant sur le fait que « ce gouvernement irresponsable doit rentrer chez lui ».

S’exprimant devant les journalistes lors d’une réunion de faction à la Knesset, Golan a indiqué que « Israël fait face à des défis sécuritaires dramatiques, avec à leur tête le Hezbollah, au Liban, et l’Iran ». Il a aussi dénoncé un gouvernement « faible, défaillant et incapable de faire face à ces menaces » et il a ajouté qu’il devait à tout prix être remplacé.

Le chef d’Avoda Yair Golan s’exprime lors d’une réunion hebdomadaire de faction d’Avoda à la Knesset de Jérusalem, le 17 juin 2024. (Crédit : Sam Sokol/Times of Israel)

« Le mouvement de protestation va s’élargir, il va se renforcer et il va croître. Ceux qui ne veulent pas fixer une date anticipée pour un scrutin se retrouveront poussés à cette extrémité par la pression de la rue, par la volonté du public et par le sentiment grandissant de dégoût éprouvé par ce dernier face au gouvernement », a ajouté Golan.

Prenant ultérieurement la parole lors du rassemblement qui avait lieu aux abords de la Knesset, Golan s’en est pris violemment à la coalition pour ses politiques et pour sa prise en charge de la guerre.

« Nous sommes au beau milieu de la guerre civile la plus dure depuis la fondation de l’État, en 1948 », a-t-il dit. « Nous devons dire à ce gouvernement : C’est assez ! Nous allons redevenir un pays démocratique. Nous ne sommes pas des mercenaires au service du gouvernement et nous ne finançons pas ses objectifs messianiques ».

« Nous nous livrons en ce moment même à des batailles féroces dans le nord et dans le sud et, si nous voulons gagner, nous devons être forts à l’intérieur même de ce pays. Nous devons lutter contre la corruption, lutter contre le messianisme. Nous sommes un peuple dont l’union passe par l’égalité, par la paix et par la justice », a continué Golan, qui a appelé à la libération des otages et au retour chez eux des évacués qui ont quitté leurs foyers dans le cadre des combats.

Par ailleurs, le chef de l’opposition, Yair Lapid, a calmé les rumeurs qui laissaient entendre qu’il pourrait établir un nouveau partenariat avec l’ancien Premier ministre Naftali Bennett qui a laissé entendre, la semaine dernière, qu’il pourrait préparer un come-back dans l’arène politique.

Alors qu’un journaliste lui demandait, lors de la réunion de sa faction à la Knesset, s’il réfléchissait à une possible union, Lapid a fait l’éloge de Bennett mais il n’a pas tenu de propos indiquant que leur collaboration précédente pourrait reprendre.

Alors que les membres de son parti laissaient échapper un petit rire, Lapid s’est réjoui d’un possible retour de Bennett, déclarant que « Naftali et moi-même sommes amis depuis de nombreuses années. Je l’adore et c’est une bonne chose qu’il revienne dans la vie politique, c’est important. Je veux qu’il y ait plus de personnes, en politique, qui aient réellement de la moralité ».

« On discute tout le temps », a-t-il ajouté.

Le chef de l’opposition Yair Lapid lors de la réunion de faction de son parti Yesh Atid à la Knesset de Jérusalem, le 17 juin 2024. (Crédit : Sam Sokol/Times of Israel)

Bennett, qui était à la tête du parti Yamina – dorénavant défunt – a paru laisser entendre qu’il pourrait faire son retour dans l’arène politique, la semaine dernière, écrivant sur X qu’il pourrait être envisageable de reconstruire une large coalition d’unité similaire à celle qu’il avait établie avec Lapid, en 2021.

Un sondage mensuel commandité par le Jewish People Policy Institute, dont les résultats ont été rendus publics lundi, a révélé que les Israéliens faisaient peu confiance à Netanyahu et au gouvernement de manière plus large. Environ 56 % des Juifs israéliens qui ont été interrogés ont déclaré avoir une confiance « très faible » en le Premier ministre – un pourcentage qui a atteint les 74 % du côté des Arabes israéliens.

S’agissant du gouvernement, presque trois-quarts des sondés ont estimé avoir une confiance « très faible » ou « assez faible » – ce qui marque une légère baisse par rapport à l’enquête d’opinion qui avait été réalisée au mois de mai.

Lazar Berman et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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