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4 suspects arrêtés pour avoir incendié la voiture d’un journaliste dans le Neguev

Des suspects de la ville bédouine de Segev Shalom auraient agressé un journaliste lors d’un rassemblement  au sujet d'un plan de reboisement controversé dans le sud d'Israël

De jeunes Palestiniens affrontent les forces de l'ordre israéliennes dans le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem, le 12 octobre 2022. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)
De jeunes Palestiniens affrontent les forces de l'ordre israéliennes dans le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem, le 12 octobre 2022. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

L’agence de sécurité intérieure Shin Bet et la police israélienne ont annoncé jeudi avoir arrêté quatre personnes de la ville bédouine de Segev Shalom, dans le sud du pays, soupçonnées d’avoir agressé un journaliste début janvier et d’avoir brûlé sa voiture lors de manifestations.

L’incident a été considéré comme une attaque terroriste, impliquant plusieurs suspects attaquant un journaliste israélien du journal Haaretz lors de manifestations massives de Bédouins contre un projet de boisement controversé dans le sud d’Israël.

Selon le Shin Bet, quatre habitants de Segev Shalom, appelés en arabe Shaqib al-Salam, ont été arrêtés et interrogés sur leur implication présumée dans l’attaque et dans de violentes émeutes lors desquelles des postes de contrôle et des véhicules de la police ont été incendiés.

Les suspects, tous âgés de 18 à 19 ans, ont été identifiés comme étant Mahran Abu Adrah, Bilal Abu Adrah, Kerem Al-Qadi et Ismayil Al-Qadi.

L’enquête a révélé qu’ils étaient directement impliqués dans l’agression du journaliste, le vol de matériel dans sa voiture et l’incendie, après avoir compris qu’il était juif.

Les quatre suspects ont également participé à d’autres émeutes violentes à Segev Shalom dans les jours qui ont précédé l’attaque et ont été impliqués dans des attaques contre des policiers et le blocage de routes d’accès, a déclaré le Shin Bet.

La police israélienne arrête un homme lors d’une manifestation des Bédouins contre un programme de reboisement entrepris par le KKL-JNF dans le sud du Negev, le 12 janvier 2022. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

« Le Shin Bet et la police israélienne considèrent toute implication de citoyens israéliens dans des activités terroristes de manière sérieuse et continueront à travailler pour traduire en justice ceux qui cherchent à nuire à la sécurité des citoyens israéliens et des forces de sécurité », indique le communiqué du Shin Bet.

Les manifestations de janvier dans le sud d’Israël ont suivi un programme de plantation d’arbres du Fonds national juif (JNF-KKL) dans la région, considéré par les communautés bédouines comme un effort du gouvernement pour les expulser de leurs villages.

La plantation et les violents affrontements qui ont suivi avec la police ont menacé la coalition hétéroclite d’Israël, le parti islamiste Raam promettant de boycotter les votes en plénière à la Knesset tant que le travail du JNF-KKL se poursuivrait dans le Neguev, où le parti bénéficie de son plus grand soutien.

Après trois jours de violentes manifestations, le JNF-KKL a finalement arrêté l’opération de plantation, bien que le président du JNF-KKL, Avraham Duvdevani, ait juré de continuer. « Nous continuerons à planter dans tout le Néguev. Cela fait partie de la vision sioniste », avait-il déclaré.

Maisons démolies dans le village bédouin d’Umm al-Hiran dans le désert du Néguev, dans le sud d’Israël, le 18 janvier 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Les Bédouins du Neguev entretiennent des relations conflictuelles avec l’État. Pendant des décennies, le gouvernement a cherché à les déplacer dans des villes reconnues et planifiées, mais beaucoup vivent encore dans une constellation de villages illégaux qui s’étendent à travers le désert du sud d’Israël.

Les Bédouins accusent le JNF-KKL de chercher à les déplacer, mais l’organisation a déclaré qu’elle ne faisait que répondre à une demande d’autres organismes gouvernementaux, sur des terres publiques. Le JNF-KKL travaille à travers Israël sur des projets de nature et de conservation, mais certains accusent l’organisation de tenir un agenda politique.

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