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42 législateurs exhortent Blinken à s’opposer à l’enquête de l’ONU sur Israël

Les membres du Congrès s'inquiètent du fait que l'enquête a un mandat "perpétuel" pour enquêter sur toute allégation passée et future contre Israël

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken s'adresse à la presse après avoir rencontré ses homologues allemand, français et britannique au ministère allemand des Affaires étrangères à Berlin, le 20 janvier 2022. (Kay Nietfeld/Pool/AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken s'adresse à la presse après avoir rencontré ses homologues allemand, français et britannique au ministère allemand des Affaires étrangères à Berlin, le 20 janvier 2022. (Kay Nietfeld/Pool/AFP)

Un groupe bipartisan de 42 législateurs américains a envoyé une lettre au secrétaire d’État américain. Dans celle-ci, ils exhortent Antony Blinken à prendre la tête d’un effort visant à mettre fin à une commission d’enquête des Nations unies en cours sur Israël.

La commission d’enquête a été créée pour examiner le conflit de mai dernier entre Israël et les groupes terroristes de la Bande de Gaza. Israël craint que l’enquête ne soit utilisée pour le qualifier « d’État d’apartheid ».

« Le mandat de la commission d’enquête est conçu pour accélérer les contestations politiques, économiques et juridiques d’Israël et saper sa légitimité en faisant pression sur les institutions juridiques internationales pour qu’elles prennent des mesures contre les dirigeants israéliens », ont écrit les législateurs américains à Blinken.

« De manière choquante, la résolution de la commission d’enquête ne fait aucune mention du groupe terroriste du Hamas – qui a initié le conflit en lançant des attaques de missiles sur Israël – et ne comprend aucune mention du droit d’Israël à se défendre », peut-on lire dans la lettre.

Les membres du Congrès s’inquiètent également du fait que la commission aura « carte blanche – à perpétuité – pour enquêter sur toute allégation contre Israël dans le passé ou à l’avenir ».

Les législateurs estiment que la commission est « scandaleuse et devrait être annulée », ajoutant que le budget de l’ONU est déjà surchargé en raison de la pandémie.

Des roquettes sont lancées de la bande de Gaza vers Israël, le 11 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Hatem Moussa)

Les législateurs notent les multiples autres enquêtes sur Israël menées par l’organisme international et affirment que les personnes choisies pour diriger l’enquête ont fait preuve de partialité anti-israélienne par le passé.

« Cela reflète le parti-pris continu et plus large de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés contre Israël », accusent les législateurs.

Selon le Forward, l’initiative a été menée par le représentant démocrate du New Jersey, Josh Gottheimer, et la représentante du Missouri, Vicky Hartzler, du Parti républicain.

En mai 2021, peu après la fin du conflit de 11 jours entre Israël et le Hamas à Gaza, le principal organe des Nations unies chargé des droits de l’homme a créé une enquête internationale ouverte sur le traitement des Palestiniens par Israël.

Un soldat du commandement du front intérieur de l’armée israélienne marche devant une maison frappée par une roquette du Hamas, le 20 mai 2021, dans la ville d’Ashkelon, au sud d’Israël. (Crédit : Edi Israel/Flash90)

La résolution appelle à la création d’une commission d’enquête permanente chargée de surveiller et de rendre compte des violations des droits en Israël, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Il s’agira de la première commission d’enquête de ce type dotée d’un mandat « permanent ».

Au moment de sa création, un certain nombre de nations ont émis des objections sur le fait que la commission avait un mandat très large pour enquêter sur Israël, mais sans mention spécifique d’une enquête sur le Hamas.

Israël a déclaré qu’il ne coopérerait pas avec la commission, estimant qu’elle avait un parti-pris contre lui. Les États-Unis ont déjà fait part de leurs préoccupations concernant l’enquête.

Une boule de feu s’élève d’un immeuble dans le quartier résidentiel de Rimal pendant des frappes israéliennes sur l’enclave contrôlée par le Hamas en riposte à des tirs de roquettes, le 20 mai 2021. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Entre-temps, le ministère israélien des Affaires étrangères préparerait une campagne visant à écarter toute critique potentielle d’Israël et toute accusation « d’apartheid » de la part de la commission.

Selon le site d’information Axios, un échange diplomatique ayant fait l’objet d’une fuite a révélé que les responsables israéliens s’inquiétaient des dommages que pourrait causer le rapport, attendu en juin dans sa première mouture, s’il fait référence à Israël comme à un « État d’apartheid ».

Selon le rapport, le message envoyé la semaine dernière désigne la commission comme une « priorité absolue » pour 2022 et indique que la campagne du ministère sur cette question va s’intensifier à l’approche de la réunion du Conseil des droits de l’homme de l’ONU en mars.

Interrogé par Axios, un porte-parole de la commission de l’ONU a refusé de commenter les préoccupations d’Israël, mais a déclaré que l’enquête serait menée sans parti pris.

« En tant qu’organe indépendant, la Commission mène ses propres enquêtes de manière indépendante et distincte du Haut-Commissariat aux droits de l’homme et des autres bureaux et agences des Nations unies », a déclaré le porte-parole.

Au début du mois, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a déclaré qu’Israël serait confronté à d’intenses campagnes visant à le qualifier « d’État d’apartheid » dans les mois à venir.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid pendant une réunion de sa faction Yesh Atid à la Knesset, le 8 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Dans ces commentaires, M. Lapid a indiqué que la création de la commission d’enquête par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU était une source de préoccupation.

Depuis longtemps, Israël rejette catégoriquement les accusations d’apartheid, affirmant que sa minorité arabe jouit de tous les droits civils, et s’oppose au terme « occupation » pour décrire ses activités en Cisjordanie et à Gaza. Il considère Gaza, d’où il a retiré ses soldats et ses civils en 2005, comme une entité hostile dirigée par le groupe terroriste du Hamas, et il considère la Cisjordanie comme un territoire contesté soumis à des négociations de paix – qui ont échoué il y a plus de dix ans.

Les groupes de défense des droits ont accusé Israël et les groupes terroristes de Gaza d’avoir violé le droit international en mai 2021.

La guerre de 11 jours, appelée par Israël « Opération Gardiens des murs », a débuté dans une période de tensions croissantes, le Hamas tirant des roquettes sur Jérusalem, puis sur des villes du sud d’Israël et sur la région de Tel Aviv. Les frappes aériennes israéliennes de représailles sur des cibles terroristes dans la bande de Gaza ont tué quelque 250 personnes, dont 66 mineurs, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas, qui ne fait pas de distinction entre les membres du groupe terroriste et les civils. En Israël, douze personnes ont été tuées, pour majorité des civils dont un garçon de 5 ans et une adolescente de 16 ans.

Israël a déclaré que la majorité des personnes tuées à Gaza étaient des terroristes et affirme avoir tout fait pour éviter les pertes civiles dans ces affrontements avec des groupes armés délibérément implantés dans des zones peuplées.

Israël – souvent soutenu par les États-Unis – accuse depuis longtemps le Conseil des droits de l’homme des Nations unies de partialité anti-israélienne et refuse généralement de coopérer avec ses enquêteurs.

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