800 000 Israéliens de plus reçoivent les aides gouvernementales du COVID-19
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800 000 Israéliens de plus reçoivent les aides gouvernementales du COVID-19

Le Premier ministre souhaiterait la distribution de nouvelles aides à l'ensemble de la population en septembre, avec l'objectif d'aider à passer la période des grandes fêtes

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), écoute le ministre des Affaires étrangères Israel Katz lors de la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 27 octobre 2019. (Gali Tibbon/Pool Photo via AP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), écoute le ministre des Affaires étrangères Israel Katz lors de la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 27 octobre 2019. (Gali Tibbon/Pool Photo via AP)

Mardi et mercredi, environ 800 000 Israéliens adultes devraient recevoir des allocations gouvernementales, alors que l’Assurance chômage continue à mettre en place le programme d’aide du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La première vague d’allocations, entamée dimanche, a été donnée sous la forme d’un virement direct à 1,2 millions d’Israéliens. Cette première vague concernait les familles avec des enfants âgées de moins de 18 ans.

Mardi, l’Assurance chômage a annoncé la prochaine phase et a indiqué que les paiements pour les adultes sans enfants arriveraient sur les comptes en banque de 400 000 personnes mardi, et un nombre similaire mercredi.

Chacun recevra un versement en une fois de 750 shekels (187 euros), tandis que les retraités et les bénéficiaires de certaines aides recevront 1 500 shekels (374 euros).

Pour recevoir l’aide, le site internet de l’Assurance chômage doit avoir les détails bancaires du bénéficiaire.

Quand il aura été pleinement réalisé, le programme – qui exclut les hauts revenus – aura distribué plus de 6,5 milliards de shekels (1,62 milliard d’euros) aux citoyens éligibles.

S’exprimant dimanche, le directeur de l’Assurance chômage Meir Spiegler a qualifié l’application du plan d’aide de plus grand projet jamais entrepris par son agence. Il a ajouté qu’elle opérait en état d’urgence depuis mars.

Le directeur de l’Institut national d’assurances Meir Spiegler lors d’une conférence au centre de conférences international de Jérusalem, le 3 septembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le 29 juillet, la Knesset a approuvé une version modifiée du plan d’aide polémique à plusieurs milliards de shekels du Premier ministre, après une opposition forte au plan qui l’a contraint à accepter un certain nombre d’amendements.

Netanyahu avait annoncé le plan pour la première fois le 15 juillet, en affirmant qu’il était vital d’injecter rapidement de l’argent afin de relancer la machine économique.

Selon le plan original, tous les Israéliens âgés de 18 ans ou plus devaient recevoir un versement en une seule fois de 750 shekels (187 euros). Les couples avec un enfant devaient recevoir 2 000 shekels (500 euros), passant à 2 500 shekels (623 euros) pour ceux avec deux enfants et à 3 000 shekels (747 euros) pour ceux avec trois enfants ou plus.

Mais, le plan a été critiqué parce qu’il prévoyait de verser de l’argent à tous les Israéliens – quels que soient leurs revenus ou s’il avaient été touchés ou non économiquement par les restrictions imposées par le gouvernement pour contenir le virus. Netanyahu a fait machine arrière et a annoncé que les hauts revenus n’allaient pas recevoir les aides alors que les bénéficiaires de certaines allocations gouvernementales allaient en recevoir davantage.

Un bâtiment de l’Institut national d’assurance. (Crédit : Yossi Zamir / Flash90)

Des officiels du Trésor public, dont sa directrice Keren Terner Eyal, se sont opposés au plan avant sa présentation, estimant que cela revenait à « jeter une valise d’argent que l’on n’a pas en pleine mer », selon la Treizième chaîne.

La semaine dernière, après des pressions politiques de la part des communautés arabes et ultra-orthodoxes, le ministre des Finances Israel Katz a accepté d’augmenter l’aide pour les familles nombreuses.

Selon le projet modifié, les familles doivent recevoir 500 shekels (124 euros) pour chacun de leur quatre premiers enfants, avec 300 shekels (74 euros) supplémentaires par enfant à partir du cinquième.

Le ministère des Finances a aussi accepté d’augmenter les versements pour les soldats récemment démobilisés, en faisant passer la somme de 750 shekels (187 euros) à 1 250 (311 euros) pour ceux qui ont fini leur service militaire l’année passée.

Ces modifications sont intervenues après des négociations entre le trésor et le député Moshe Gafni de Yahadout HaTorah, qui supervise la Commission finance de la Knesset. Il avait menacé de bloquer l’ensemble du plan d’aide si aucun changement n’était effectué. Une demande similaire avait été faite la semaine dernière par Ahmad Tibi du parti de la Liste arabe unie.

Le député Moshe Gafni du parti Yahadout HaTorah préside une réunion de la commission des finances de la Knesset, le 5 mars 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les communautés orthodoxes et arabes ont des taux de fécondité plus élevés que les autres Israéliens, ce qui signifie que l’amendement leur bénéficiera en premier.

Beaucoup d’Israéliens ont exprimé leur crainte et leur préoccupation à l’idée de ne pas pouvoir payer leurs factures pendant cette phase de résurgence de l’épidémie de coronavirus, a indiqué le Bureau central des statistiques (CBS) le 26 juillet.

Selon le CBS, 55 % des Israéliens étaient inquiets quant à leur capacité à couvrir toutes les dépenses mensuelles pendant le ralentissement économique. Plus de 20 % ont soit réduit leur consommation alimentaire pendant la crise pour économiser de l’argent ou ont vécu avec quelqu’un qui l’a fait.

Lors du confinement national de mars et avril, l’économie s’est presque totalement arrêtée. Le chômage a explosé à 26 % avec plus d’un million d’Israéliens sans emploi. Ces derniers mois, les restrictions ont largement été levées, mais le chômage dépasse encore les 20 % avec 800 000 Israéliens sans emploi, selon le service de Pole emploi israélien.

De son côté, le Premier ministre Benjamin Netanyahu envisage de donner une autre aide financière aux citoyens après celle qui a commencé à être versée cette semaine dans le cadre de son plan pour relancer l’économie.

L’autre série de versements serait distribuée à la mi-septembre, avec l’objectif d’aider la population à passer la période des grandes fêtes, a rapporté lundi la chaîne publique Kan.

Le chef du Conseil économique national Avi Simhon analyse comment a été dépensé l’argent qui a été versé jusqu’à présent. Il cherche avant tout à savoir si cet argent est utilisé pour acheter des articles de première nécessité, comme c’était son objectif, ou s’il est simplement absorbé dans les comptes en banque de la population, où s’il a servi à combler des découverts.

Netanyahu lui-même a fait allusion à une autre aide à venir. Il a fait ces remarques à l’ouverture de la rencontre hebdomadaire du parti du Likud à la Knesset.

« Nous ne nous reposons à aucun moment », a-t-il dit. « Nous apporterons plus et plus de plans, plus et plus d’argent pour les citoyens et les entreprises afin de stimuler l’économie. »

Capture d’écran d’une vidéo du Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’ouverture d’une réunion du Likud à la Knesset, le 3 août 2020. (Chaîne de la Knesset)

La période des fêtes commence avec Rosh HaShana, le Nouvel An juif, le 18 septembre, et continue les trois semaines suivantes, avec Yom Kippour et la fête de Souccot d’une semaine, qui commencera le 2 octobre.

L’Assurance chômage a, durant des mois, collecté les relevés d’identité bancaire des citoyens afin de faciliter les paiements, qui sont directement effectués sur les comptes des Israéliens.

Contrairement à la série de versements commencés cette semaine, qui donnait des montants égaux à tous les Israéliens en tenant compte seulement de leur statut matrimonial et du nombre d’enfants qu’ils ont – à l’exclusion des hauts revenus – les paiements de septembre pourront être plus importants pour les personnes avec des petits revenus, notait le rapport.

Néanmoins, des officiels du ministère des Finances, qui restent opposés au plan d’aide général, sont également contre l’idée de cibler des populations spécifiques, a rapporté Kan.

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