88 % des votes dépouillés: le bloc de droite passe à 59, Raam entre à la Knesset
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88 % des votes dépouillés: le bloc de droite passe à 59, Raam entre à la Knesset

Les résultats partiels montrent que le Premier ministre et ses alliés n'ont pas la majorité, même avec Yamina ; la faction islamiste de Mansour Abbas a franchi le seuil électoral

Des Israéliens comptent les bulletins de vote restants des Israéliens en quarantaine à domicile après leur retour des zones infectées par le coronavirus, sous une tente dans l'entrepôt de la commission centrale électorale à Shoham, le 4 mars 2020. (Flash90)
Des Israéliens comptent les bulletins de vote restants des Israéliens en quarantaine à domicile après leur retour des zones infectées par le coronavirus, sous une tente dans l'entrepôt de la commission centrale électorale à Shoham, le 4 mars 2020. (Flash90)

En moins de deux ans, les Israéliens ont été appelés à voter quatre fois, en raison de l’incapacité des partis politiques à former, ou maintenir, des coalitions gouvernementales.

A l’issue du quatrième scrutin, le Times of Israël suit pour vous cette journée de dépouillement des votes.

Orly Adas : les résultats définitifs des bureaux de vote publiés cet après-midi

La directrice de la commission centrale électorale Orly Adas a déclaré que les résultats définitifs des bureaux de votes normaux seront confirmés et publiés cet après-midi.

Selon Adas, les bureaux de vote ont terminé le dépouillement mais la commission vérifie les résultats selon le protocole et met progressivement à jour les chiffres.

« Tous les votes ont été comptés. D’ici cet après-midi, 100 % des résultats des bureaux de vote traditionnels seront publiés », a-t-elle déclaré à la Douzième chaîne.

Adas a également précisé qu’il y avait 450 000 bulletins de vote par procuration, dits « à double enveloppe ». Il s’agit des votes déposés hors des bureaux de vote habituels.

Lors des trois précédents scrutins, le nombre de personnes votant par double-enveloppe est passé de 240 000 à 280 000 puis à 330 000 le 2 mars 2020.

Mansour Abbas : « je ne suis dans la poche » ni de la droite ni de la gauche

Le président du parti Raam et député de la Liste arabe unie, Mansour Abbas, à la Knesset à Jérusalem, le 11 novembre 2020. (Hadas Parush/ Flash90)
Le président du parti Raam et député de la Liste arabe unie, Mansour Abbas, à la Knesset à Jérusalem, le 11 novembre 2020. (Hadas Parush/ Flash90)

Mansour Abbas a réagi aux nouveaux résultats provisoires, qui annoncent son entrée à la Knesset.

Le chef du parti Raam a souligné que « rien n’est dans la poche » ni pour les blocs parlementaires pro-Netanyahu ni pour les blocs anti-Netanyahu.

« Nous sommes prêts à négocier avec les deux partis, avec quiconque est intéressé à former un gouvernement et qui se voit comme futur Premier ministre », a déclaré Abbas à la radio 103FM.

« S’il y a une proposition, nous en discuterons. »

Les chefs de Yesh Atid et de Raam conviennent de se rencontrer rapidement

Alors que les résultats provisoires sont mis à jour et prévoient l’entrée du parti islamiste Raam à la Knesset, un porte parole de Yesh Atid, plus gros parti du bloc anti-Netanyahu, a confirmé au Times of Israël que son chef Yair Lapid s’est entretenu avec Mansour Abbas, qui dirige Raam.

Lapid et Abbas ont convenu de se rencontrer dans les prochains jours, selon le responsable.

Divergences au sein du Likud sur la présence de Raam dans un gouvernement

Le vice-ministre de la Santé Yoav Kisch, du parti du Premier ministre Netanyahu, a déclaré au radiodiffuseur public Kan que le chef du parti islamiste Raam Mansour Abbas « ne fera absolument pas parti du gouvernement ».

Il a déclaré que si le bloc pro-Netanyahu ne parvient pas à réunir les 61 mandats nécessaires pour obtenir la majorité, « nous irons vers une cinquième élection ».

Cependant, la question ne fait pas l’unanimité au sein du parti au pouvoir. Dans une autre interview accordée à la Douzième chaîne, le député du Likud Tzachi Hanegbi a déclaré qu’en « l’état actuel des choses, nous considérons Mansour Abbas comme un possible [partenaire de coalition] ».

Le député du Likud Shlomo Karhi a réagi dans un tweet : « Absolument
pas ! »

Zeev Elkin : aucun élu de Tikva Hadasha ne rejoindra un gouvernement Netanyahu

Le transfuge du Likud et désormais membre du parti TIkva Hadasha a réaffirmé que son parti ne rejoindra pas un gouvernement dirigé pr Benjamin Netanyahu, « quels que soient les postes offerts » et a affirmé qu’aucun membre du parti de Gideon Saar n’intégrera le bloc de Netanyahu.

« Si Netanyahu forme un gouvernement, nous nous mettrons au service du public depuis l’opposition », a tweeté Elkin.

Il a également indiqué que Tikva Hadasha ne rejoindra pas une coalition dynamisée par la Liste arabe unie, mais n’a pas mentionné Raam.

« Nous ferons ce qu’il faut pour former un gouvernement et aucun ego n’y fera obstruction », a-t-il ajouté.

Zeev Elkin participe à la Conférence Katif à Yad Binyamin, le 6 août 2019. (Crédit : Flash90)

Et si Gantz finissait par être Premier ministre, après tout ?

Si les résultats finaux finissent par ressembler aux projections actuelles – qui correspondent au dépouillement de 87,5 % des bulletins de vote – aucun bloc n’a la voie libre pour former une coalition, ce qui pourrait se solder par la nomination de Benny Gantz comme Premier ministre au lieu de Benjamin Netanyahu.

En vertu de l’accord de coalition signé par Netanyahu et Gantz l’an dernier – qui a été entérinée dans les Lois fondamentales d’Israël et n’a pas été abrogé – Gantz devrait devenir Premier ministre le 17 novembre 2021.

Cela signifie que si aucun gouvernement n’est investi avant cette date, Gantz remplacera Netanyahu, et ce même si leur partenariat s’est délité il y a bien longtemps.

Cela devrait motiver Netanyahu à faire des compromis pour former son gouvernement, ou à l’inverse, l’encourager à accélérer le processus pour organiser de nouvelles élections cet été, en espérant encore que cette fois-ci, les résultats soient en sa faveur.

Yair Golan prêt à siéger avec Bennett et Saar si cela permet d’évincer Netanyahu

Le député Yair Golan, membre du parti de gauche du Meretz s’est dit ouvert à siéger dans une coalition improbable avec les partis de droite de Naftali Bennett ou de Gideon Saar si cela permet de détrôner le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Je pense fermement que la guérison d’Israël passe par le départ [de Netanyahu] du pouvoir », a déclaré Golan à la radio militaire. « Je suis prêt à siéger avec Bennett et Saar si l’un d’eux réussit à former une alternative. L’objectif est de remplacer Netanyahu. »

« Il se peut que dans un cas, nous retournions aux urnes, mais en attendant, le procès de Netanyahu aura avancé mais le public aura réalisé qu’il peut vivre sans lui. »

Le major général à la retraite Yair Golan lors d’une conférence tenue à l’Institut israélien pour la démocratie à Jérusalem, le 7 juillet 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Raam n’est pas sous le seuil électoral, donc pas de changements radicaux en vue

Le président du parti Raam et député de la Liste arabe unie, Mansour Abbas, à la Knesset à Jérusalem, le 11 novembre 2020. (Hadas Parush/ Flash90)
Le président du parti Raam et député de la Liste arabe unie, Mansour Abbas, à la Knesset à Jérusalem, le 11 novembre 2020. (Hadas Parush/ Flash90)

Bien que les résultats des élections actuellement disponibles ne soient pas définitifs et qu’ils reposent sur quelque 88 % des votes, il est à noter qu’aucun parti ne peut mathématiquement passer sous le seuil électoral, ce qui signifie que tout nouveau changement se limiterait à déplacer un seul siège d’un parti à un autre.

Les chances qu’un bloc obtienne une majorité de 61 sièges à la Knesset sont très minces, puisque le plus grand bloc possible – les partisans de Netanyahu plus Yamina – compte actuellement 59 sièges et doit en obtenir deux de plus.

Même le plus petit parti, Raam – dont tous les sondages de sortie des urnes prévoyaient hier soir qu’il ne parviendrait pas à entrer à la Knesset – a reçu suffisamment de voix pour garantir qu’il ne tombera pas sous le seuil électoral de 3,25 % des votes.

Même si tous les votes restants sont pour des partis qui passent le seuil et qu’aucun n’est pour Raam, le parti aura au moins 13 000 voix au-dessus du seuil.

Le Likud interdit aux députés de donner des interviews aux médias

Alors que les membres du Likud s’affrontent pour savoir si une coalition incluant le parti islamiste Raam est possible, le parti du Premier ministre Netanyahu a imposé une interdiction d’interview dans les médias à tous ses ministres et législateurs, ont rapporté les médias israéliens.

Les membres ont reçu l’ordre de ne plus donner d’interviews et d’annuler les apparitions prévues.

Le décompte final des résultats pourrait être annoncé vendredi – Orly Addas

La responsable de la commission centrale électorale, Orly Addas, a estimé, mercredi en début d’après-midi, qu’une réactualisation nouvelle des résultats pourrait être rendue publique dans les deux à trois prochaines heures et qu’elle comprendra les bulletins de 200 bureaux de vote supplémentaires.

Adas a ajouté que les responsables commenceront à compter environ 450 000 votes par correspondance placés sous double enveloppe par les forces de sécurité, les prisonniers, les diplomates, les personnes atteintes par le coronavirus ou en quatorzaine et autres.

Adas a ajouté qu’elle espérait que tous les bulletins seraient dépouillés d’ici demain soir, et que les résultats finaux pourraient être révélés vendredi.

Shas impose aussi une interdiction d’interviews après les propos d’un député

Après le Likud, le parti ultra-orthodoxe Shas impose également une interdiction d’interviews à ses membres après que le député Moshe Abutbul a déclaré à la station de radio Kol Barala qu’il n’excluait pas une coopération avec les partis arabes ou à majorité arabe.

« Nous ne siégerons jamais avec des gens qui soutiennent le terrorisme mais nous avons de nombreuses collaborations avec les députés arabes », a-t-il dit.

La commission électorale va dépouiller les bulletins de vote par correspondance

La commission centrale électorale compte les bulletins restants des soldats et des votes par correspondance à la Knesset à Jérusalem, le 10 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
La commission centrale électorale compte les bulletins restants des soldats et des votes par correspondance à la Knesset à Jérusalem, le 10 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

La commission centrale électorale a annoncé qu’elle se préparait à comptabiliser les votes par correspondance sous double enveloppe des membres des forces de sécurité, des prisonniers, des diplomates, des malades du COVID-19, des personnes en quarantaine, etc.

Le processus consiste à enregistrer les coordonnées des personnes qui ont voté par correspondance et à les comparer à celles des personnes qui ont voté dans les bureaux de vote ordinaires, afin de s’assurer que personne n’a voté deux fois.

Le décompte lui-même commencera ce soir, mercredi, selon la CCE.

Avant cela, les 3 % restants des votes réguliers seront comptés et leurs résultats seront mis à jour publiquement.

Le chef de Raam dit n’exclure personne qui ne l’exclut pas

Mansour Abbas, dirigeant du parti Raam, et des membres du parti au siège de Raam à Tamra, lors de la soirée électorale, le 23 mars 2021. (Flash90)
Mansour Abbas, dirigeant du parti Raam, et des membres du parti au siège de Raam à Tamra, lors de la soirée électorale, le 23 mars 2021. (Flash90)

Le nouveau faiseur de roi potentiel, le chef du parti Raam, Mansour Abbas, reste vague quant aux personnes avec lesquelles il pourrait coopérer pour former une coalition dans le cadre des élections qui ne donnent aucune majorité claire à aucun bloc.

Les partis arabes n’ont participé qu’une seule fois à une coalition, dans les années 1990, pour aider à faire passer les accords d’Oslo avec les Palestiniens. Mais l’impasse actuelle pourrait forcer des collaborations qui étaient impensables il y a encore peu de temps.

Si le Premier ministre Netanyahu parvient à obtenir l’adhésion de Raam, il s’agirait d’une coalition presque irréelle, composée de membres du Mouvement islamique aux côtés du néo-kahaniste et anti-arabe Itamar Ben Gvir.

Interrogé par la Douzième chaîne sur un tel scénario potentiel, Abbas a répondu : « L’approche de Raam est de n’exclure personne qui ne nous exclut pas. Si un parti au pouvoir nous contacte, Raam mènera le processus de manière appropriée et respectueuse, nos partenaires seraient un parti au pouvoir et un candidat au poste de Premier ministre, pas leur candidat satellite. »

Il a déclaré n’avoir pas encore été contacté par Netanyahu.

Un responsable de Raam : Le parti ne s’associera pas à des « racistes » de droite

Le chef de l’équipe de négociation du parti Raam a indiqué à la Douzième chaîne que le parti préférerait rejoindre un gouvernement de centre-gauche plutôt qu’un gouvernement qui serait probablement formé par le chef du Likud Benjamin Netanyahu.

Shua Mansour Masarwa a laissé entendre que Raam ne serait pas à l’aise dans une coalition incluant le Parti sioniste religieux.

« Nous ne siègerons pas avec des racistes qui nous menacent, qui menacent Al-Aqsa », a-t-il déclaré. « Il y a d’autres options pour un gouvernement ».

M. Masarwa a déclaré que le parti fera ce qu’il faut pour faire avancer son programme, notant que le centre-gauche est plus susceptible de s’aligner sur les objectifs du parti islamiste.

« Selon toutes les indications, Netanyahu n’a pas de coalition. Selon nous, le centre-gauche est plus proche des électeurs de Raam et de la Liste arabe unie. »

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