Israël en guerre - Jour 196

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À l’ONU, veto russe et chinois à la vision américaine d’un cessez-le-feu à Gaza

Le projet de texte américain d'autre part condamnait pour la première fois "tous les actes de terrorisme, y compris les attaques du Hamas du 7 octobre" contre Israël

Les représentants des pays membres votant lors d'une réunion du Conseil de sécurité au siège des Nations unies, le 22 mars 2024. (Crédit : Yuki Iwamura/AP Photo)
Les représentants des pays membres votant lors d'une réunion du Conseil de sécurité au siège des Nations unies, le 22 mars 2024. (Crédit : Yuki Iwamura/AP Photo)

La Russie et la Chine ont mis leur veto vendredi à une résolution américaine soulignant la « nécessité » d’un cessez-le-feu « immédiat » à Gaza, l’ambassadeur russe dénonçant un texte « hypocrite » qui n’appelle pas directement à faire taire les armes.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a réagi devant la presse, avant de quitter Israël, en affirmant qu’avec cette « résolution, qui a reçu un soutien très fort mais qui ensuite s’est vu cyniquement imposer un veto par la Russie et la Chine, je pense que nous tentions de montrer de la part de la communauté internationale le sens de l’urgence qu’il y a à avoir un cessez-le-feu lié à la libération des otages, quelque chose que tout le monde, y compris les pays qui ont mis un veto, aurait dû soutenir ».

« La Chine et la Russie ne voulaient simplement pas voter pour un projet rédigé par les US, parce qu’ils préfèrent nous voir échouer que de voir un succès du Conseil », a fustigé l’ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield, dénonçant une décision « cynique ».

Depuis le début de la guerre entre Israël et le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas le 7 octobre, les Américains s’étaient systématiquement opposés à l’utilisation du terme « cessez-le-feu » dans les résolutions de l’ONU, bloquant trois textes en ce sens.

Mais ils avaient finalement décidé de mettre aux voix ce vendredi un texte qui notait « la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat et durable pour protéger les civils de tous côtés, permettre la fourniture de l’aide humanitaire essentielle (…), et dans cette optique, soutient sans équivoque les efforts diplomatiques internationaux pour parvenir à un tel cessez-le-feu en lien avec la libération des otages encore détenus ».

« Formulation diluée »

Alors que les États-Unis sont sous pression de la communauté internationale pour atténuer leur soutien à Israël, Antony Blinken avait qualifié mercredi cette initiative de « signal fort ».

L’ambassadrice américains à l’ONU Linda Thomas-Greenfield s’exprime devant le Conseil de sécurité, le 11 mars 2024. (Capture d’écran)

Cette résolution « appelle à un cessez-le-feu immédiat lié à la libération des otages et nous espérons vivement que les pays la soutiendront », avait-il assuré dans un entretien à la chaîne de télévision saoudienne Al Hadath.

Mais le texte, qui a recueilli onze voix en faveur, trois voix contre (Russie, Chine et Algérie) et une abstention (Guyana), n’utilise pas les mots « appelle » ou « demande », au grand dam de la Russie.

« Alors que Gaza a quasiment été effacée de la carte, la représentante américaine, sans sourciller, assure que Washington reconnait le besoin d’un cessez-le-feu », a lancé l’ambassadeur russe Vassili Nebenzia.

Il a dénoncé le « spectacle hypocrite » des États-Unis qui ont essayé de « vendre à la communauté internationale un produit totalement différent, une formulation diluée ».

Le projet de texte américain d’autre part condamnait « tous les actes de terrorisme, y compris les attaques du Hamas du 7 octobre » contre Israël.

Cela aurait été la première fois que le Conseil de sécurité aurait condamné spécifiquement ces attaques sans précédent qui ont entraîné la mort d’au moins 1 160 personnes, pour la plupart des civils et au cours desquelles 253 personnes ont été prises en otage.

Un homme regarde des photographies d’Israéliens toujours retenus en otage à Gaza, sur la « place des otages » à Tel Aviv, le 14 mars 2024. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Autre résolution sur la table

Les deux résolutions humanitaires adoptées par le Conseil, ainsi que celles de l’Assemblée générale, ne mentionnaient pas le Hamas, une absence systématiquement fustigée par Israël.

Après ce rejet du texte américain, il est probable, selon des sources diplomatiques, qu’un texte alternatif de plusieurs membres non permanents du Conseil soit mis au vote plus tard dans la journée.

Le texte vu par l’AFP « exige un cessez-le-feu humanitaire immédiat pour le mois du Ramadan » et la libération immédiate de tous les otages, alors que l’offensive israélienne aurait fait près de 32 000 morts à Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas – un chiffre invérifiable qui inclurait civils comme terroristes.

L’issue d’un vote sur ce texte est incertaine.

Le Conseil, largement divisé sur le dossier israélo-palestinien depuis des années, n’a pu adopter depuis le 7 octobre sur ce dossier que deux résolutions, essentiellement humanitaires.

Plusieurs résolutions plus politiques ont été rejetées par des vétos américains d’un côté, russe et chinois de l’autre, ou par un nombre de voix insuffisant.

Macron veut chercher un « accord »

Emmanuel Macron a exprimé vendredi sa volonté de trouver « un accord » au Conseil de sécurité de l’ONU sur la base d’un texte français, après le veto de la Russie et la Chine à la résolution américaine.

Le président français Emmanuel Macron lors d’une cérémonie de signature, à Tirana, le 17 octobre 2023. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)

« Nous avons un projet de résolution que nous redéposons et que nous travaillons avec plusieurs partenaires », a déclaré le chef de l’État français à l’issue d’un sommet européen à Bruxelles.

« Je pense que ce projet, s’il est, comme nous avons commencé à le faire, travaillé avec plusieurs partenaires régionaux, en particulier du monde arabe, peut lever les vetos qui se sont exprimés sur la proposition américaine », a poursuivi Emmanuel Macron, citant comme partenaires la Jordanie et les Émirats arabes unis.

Il a estimé que le travail diplomatique mené avec ces pays pouvait aider à « convaincre la Chine et la Russie de ne pas mettre un veto ».

Il s’est réjoui que les États-Unis aient « changé de position » et marquent « leur volonté de défendre maintenant très clairement un cessez-le-feu ».

« Il y a eu pendant longtemps une réticence américaine. Elle est maintenant levée, il y a un alignement sur une bonne base de notre texte grâce à ce qui s’est passé ces dernières heures. C’est une bonne chose », s’est-il félicité.

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