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À Seattle, « génocide à Gaza » écrit sur la photo d’un enfant survivant de la Shoah

Sept musées juifs consacrés au génocide juif ont critiqué la police qui n'a pas défini cet acte de vandalisme comme un crime de haine

L'intérieur de l'Holocaust Center for Humanity de Seattle à Washington, le 31 mars 2016. (Capture d'écran via YouTube via JTA)
L'intérieur de l'Holocaust Center for Humanity de Seattle à Washington, le 31 mars 2016. (Capture d'écran via YouTube via JTA)

JTA — Une semaine après que la police de Seattle a déterminé qu’un graffiti pro-palestinien qui avait été écrit dans un musée local de la Shoah ne pouvait pas intégrer la catégorie des crimes de haine, le centre concerné et six autres musées consacrés au génocide juif de tous les États-Unis ont émis un communiqué conjoint dans lequel ils ont qualifié cet acte de vandalisme d’acte « franchement antisémite ».

« La stigmatisation insensée des Juifs n’a pas commencé et elle ne s’est pas terminée avec la Shoah. C’est une stigmatisation qui dure depuis des milliers d’années et si les prétextes peuvent changer, la motivation antisémite reste toujours la même », ont fait savoir les sept institutions.

Cet acte de vandalisme a consisté en une inscription effectuée sur la photographie d’un enfant survivant de la Shoah, une inscription qui disait « Génocide à Gaza ». Les faits se sont produits le 18 juin, selon le département de la police de Seattle qui a fait savoir à la Jewish Telegraphic Agency qu’elle avait ouvert une enquête sur cet incident survenu au Holocaust Center for Humanity en évoquant « un incident non-criminel motivé par les préjugés, sur la base de l’idéologie politique ».

Les forces de l’ordre ont déclaré que le message « a été écrit au stylo et il a été effacé d’une fenêtre sans entraîner de dégât ou de dépenses supplémentaires ».

« Aucune menace explicite n’a été proférée », a continué le département. « La motivation ayant entraîné l’écriture de ce graffiti était la colère à l’égard des politiques et des pratiques du gouvernement israélien ».

Cet incident a eu lieu alors que les activistes pro-palestiniens qui dénoncent la guerre qui oppose Israël au Hamas visent de manière croissante les institutions juives, auxquelles ils attribuent la responsabilité des actions entreprises par Israël. Un nombre de plus en plus important de synagogues et de centres juifs ont été le théâtre de mouvements de protestation, voire d’éclats de violence – avec notamment des rixes qui ont éclaté lors de deux manifestations concurrentes devant une synagogue de Los Angeles, la semaine dernière, ou des jets de pierre qui ont brisé les fenêtres de deux lieux de culte juifs de la région de Toronto, ce week-end. Les congrégations juives de Seattle avaient aussi été victimes de graffitis anti-israéliens avant et après l’attaque menée par le Hamas sur le sol israélien, le 7 octobre, un pogrom qui avait déclenché la guerre à Gaza.

Mais les activistes n’ont, jusqu’à présent, pris que rarement pour cible les musées de la Shoah, même si les groupes pro-palestiniens tentent de faire le parallèle entre la campagne militaire israélienne en cours et le génocide des Juifs par le régime nazi au pouvoir en Allemagne, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les responsables du musée n’ont pas évoqué directement la qualification de l’incident telle qu’elle a été présentée par la police de Seattle mais ils ont ajouté dans leur courrier que « nous condamnons ce crime avec force – et nous le considérons également comme une opportunité de mieux éduquer. Tenir pour responsable les Juifs – sans parler d’un musée de la Shoah – des actions guerrières d’un gouvernement étranger est inacceptable et franchement antisémite ».

Le communiqué a aussi indirectement fait référence aux accusations de génocide que les activistes lancent à l’égard d’Israël et qu’Israël dément avec véhémence.

« Notre mission, qui est de sauvegarder la mémoire des survivants et des victimes de la Shoah, nécessite une clarté sur ce qui constitue et sur ce qui ne constitue pas un génocide, en particulier quand de mauvaises conceptions entraînent des actes d’antisémitisme haineux », a précisé le communiqué.

Mais la directrice-générale du musée du Seattle, Dee Simon, a confié lundi à la JTA que même si elle considérait que le graffiti était antisémite, le musée reconnaissait lui-même qu’il ne pouvait pas non plus être catégorisé comme un crime de haine – parce que les motivations du vandale restaient indéterminées et que l’inscription avait été facilement effacée.

« Ce qui est arrivé est à condamner mais n’a pas pour autant franchi le seuil du ‘crime’ pénal, a écrit Simon dans un courriel. « Selon nos sources, les dégâts ont pu être réparés, ils ne sont pas permanents et les motivations de l’auteur du graffiti ne sont pas claires. L’incident a donc été enregistré comme un incident basé sur les préjugés ».

Simon a ajouté que « j’aimerais que la personne qui est venue faire ce graffiti sur notre bâtiment prenne le temps d’apprendre les leçons qui sont offertes par la visite de notre musée ».

Les six autres institutions qui ont été cosignataires du communiqué sont le Museum of Jewish Heritage de New York ; le Florida Holocaust Museum de St. Petersburg et des musées de la Shoah majeurs de Los Angeles, Chicago, Detroit et Cincinnati.

Au moins l’un de ces musées, celui de Detroit, a suscité la controverse dans le contexte de la guerre : l’administration de l’institution aurait supprimé un survivant du génocide de la liste de ses intervenants après sa participation à une manifestation, aux abords du bâtiment, aux côtés du groupe juif anti-sioniste Jewish Voice for Peace.

Le musée Wing Luke à Seattle. (Crédit : capture d’écran/YouTube ; utilisé conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Une autre exposition sur l’antisémitisme qui devait être dévoilée dans un musée avait fait polémique, le mois dernier, après que les employés du Wing Luke Museum se sont mis en grève parce qu’ils estimaient que ce qui y était présenté « exprime des points de vue sionistes ».

Le musée du patrimoine asiatique, hawaïen et des îles du Pacifique, situé dans le quartier chinois de Seattle, avait temporairement fermé – même si ses dirigeants avaient prévu d’inaugurer l’exposition à la fin du mois de juin. L’inauguration a finalement été reportée à la fin de l’été et l’institution examine actuellement « des lieux alternatifs » pour la présenter en raison d’inquiétudes sécuritaires, selon un communiqué qui a été publié sur le site internet du Wing Luke Museum.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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