A Shavouot, des soignants arabes font tout pour remplacer leurs confrères juifs
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A Shavouot, des soignants arabes font tout pour remplacer leurs confrères juifs

Les médecins et infirmières arabes de l'hôpital d'Ashdod craignent la violence urbaine pendant leurs trajets mais sont déterminés à travailler

Illustration : des soignants juifs et arabes appellent à la coexistence, au centre médical Rambam, en mai 2021. (Crédit : Rambam Medical Center)
Illustration : des soignants juifs et arabes appellent à la coexistence, au centre médical Rambam, en mai 2021. (Crédit : Rambam Medical Center)

Des soignants arabes ont quitté leur domicile pendant plusieurs jours pour assurer le bon fonctionnement d’un hôpital situé dans le champ de tir des roquettes de Gaza – et pour que leurs homologues juifs puissent se reposer pendant les vacances de Shavouot en début de semaine.

Au milieu des tirs de roquettes et de la violence arabo-juive dans les rues, de nombreux employés arabes de l’hôpital Assuta d’Ashdod, qui se trouve à une vingtaine de kilomètres de la frontière de Gaza et qui a traité 111 personnes touchées par les violences, ont déclaré qu’ils étaient effrayés par leurs déplacements pour se rendre au travail.

Certains employés arabes ont eu du mal à venir de leurs villages et ont eu peur de se faire frapper ou d’être attaqué sur les routes », a raconté le directeur général de l’hôpital, le Dr Erez Barenboim, au Times of Israël, faisant référence aux violences urbaines entre Juifs et des Arabes qui ont fait des blessés par des émeutiers extrémistes dans les deux camps.

Le docteur Erez Barenboim, directeur général Assuta Hospital à Ashdod (Crédit : Erez Barenboim)

L’hôpital a commencé à proposer aux membres du personnel des navettes entre l’hôpital et les centres situés près de leur domicile, dans des bus blindés. Mais pour le personnel qui vit dans des villages arabes périphériques, il était peu pratique de couvrir tous les trajets avec ce service. Certains ont eu le sentiment d’être confrontés à un choix difficile entre leur propre sécurité et leur loyauté envers l’hôpital en période de crise.

Rapidement, beaucoup se sont portés volontaires pour dormir à proximité des hôpitaux. Une cinquantaine de personnes ont passé les derniers jours dans des hôtels, dont beaucoup depuis dimanche.

« Grâce aux travailleurs arabes qui ont pris le temps de s’éloigner de leurs familles et de dormir près de l’hôpital, nous avons pu continuer à travailler et nous avons même donné aux travailleurs juifs une pause bien nécessaire pour Shavouot », a déclaré Barenboim.

Il a ajouté que la semaine dernière, de nombreux employés juifs ont fait des gardes supplémentaires afin qu’une grande partie de la main-d’œuvre arabe puisse passer la fête musulmane de l’Aïd al-Fitr en famille, malgré la pression supplémentaire liée à la situation sécuritaire.

Illustration : des soignants juifs et arabes appellent à la coexistence, au centre médical Rambam, en mai 2021. (Crédit : Rambam Medical Center)

Ces derniers jours, les hôpitaux ont été sous les projecteurs en Israël pour avoir fait preuve de coexistence alors que les frictions entre Arabes et Juifs faisaient rage ailleurs. Le nombre d’Arabes travaillant dans le secteur de la santé est disproportionné.

Dimanche, le centre médical Rambam à Haïfa a organisé sa deuxième initiative de coexistence en une semaine : un rassemblement réunissant près de 100 médecins juifs et arabes.

Ils ont brandi des banderoles avec des slogans sur lesquelles on pouvait lire : « Juifs et Arabes refusent d’être ennemis ».

Le Dr Diab Motlek, un cardiologue arabe qui a organisé le rassemblement, a déclaré : « Nous travaillons tous au main dans la main dans les services et les salles d’opération. Nous sommes une grande famille et c’est notre message ».

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