À vélo, en bateau ou à pied, les Ethiopiens fuient la guerre pour le Soudan
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À vélo, en bateau ou à pied, les Ethiopiens fuient la guerre pour le Soudan

L'armée éthiopienne mène une opération militaire dans la région dissidente du Tigré qui pousserait des milliers de personnes à trouver refuge au Soudan

Une Ethiopienne dans le camp de réfugiés de Hamdait à la frontière soudanaise, le 12 novembre 2020. (Crédit : AFP)
Une Ethiopienne dans le camp de réfugiés de Hamdait à la frontière soudanaise, le 12 novembre 2020. (Crédit : AFP)

En bicyclette mais surtout à pied ou à bord de petites embarcations pour ceux qui traversent la rivière, des milliers d’Ethiopiens fuient leur pays en guerre pour se réfugier au Soudan voisin.

Une foule de réfugiés à bout de force continue d’arriver et « leur nombre devrait atteindre 20 000 vendredi », a affirmé à l’AFP Alsir Khaled, directeur de l’agence soudanaise pour les réfugiés dans la ville frontalière de Kassala.

« Le chiffre ne cesse de croitre. Nous transportons les nouveaux arrivants de la frontière vers les camps d’accueil mais nos ressources sont limitées face à l’afflux. Nous espérons que les ONG internationales vont répondre au défi que cela représente », a-t-il ajouté.

Selon lui, actuellement 7 100 réfugiés ont été enregistrés dans le centre d’Elgodli dans l’État de Gadaref tandis que le centre de Hamdaït, dans l’Etat de Kassala, en a enregistré 6 300. Quelque 3 000 personnes attendent encore d’être inscrites.

L’armée éthiopienne mène depuis une semaine une opération militaire dans la région dissidente du Tigré (nord) qui a poussé, selon un responsable soudanais, des milliers de personnes à trouver refuge au Soudan.

Des Ethiopiens dans le camp de réfugiés de Hamdait à la frontière soudanaise, le 12 novembre 2020. (Crédit : AFP)

Selon un photographe de l’AFP dans la région de Hamdaït, frontalière avec l’Éthiopie, les réfugiés, pour la plupart des femmes, des jeunes et des enfants, arrivent en vélo, en rickshaw, une voiture légère tirée par une bicyclette ou un scooter, mais surtout à pied, et semblent totalement épuisés.

Alors que les abris manquent, ils tentent de se protéger du soleil ardent à l’ombre de maisons et de voitures en stationnement.

Le photographe a pu voir d’autres Éthiopiens traverser avec de petites embarcations la rivière Sietet, frontalière entre les deux pays, et des centaines de personnes se trouvant encore côté éthiopien attendre de pouvoir embarquer.

Face à l’afflux de réfugiés, les autorités soudanaises ont ouvert jeudi un camp ayant accueilli dans les années 1980 des milliers de personnes fuyant la famine dans ce pays.

« Pour accueillir la vague de réfugiés (…), nous avons rouvert le camp d’Oum Raquba (près de la frontière éthiopienne), construit dans les années 1980 et fermé en 2000 », a indiqué à l’agence officielle Suna le gouverneur de l’Etat de Gedaref, Souleiman Ali Mohammad.

Un responsable de la Commission soudanaise pour les réfugiés, Mohammad Rafic, a indiqué à Suna que son organisation allait fournir des petits hélicoptères et des véhicules pour transférer les réfugiés éthiopiens se trouvant à la frontière vers le camp situé à quelque 80 km de là.

De 1983 à 1984, l’Ethiopie a subi l’une des pires famines du siècle contraignant des centaines de milliers d’habitants à fuir leur pays. La famine était due à une terrible sécheresse combinée à une guerre menée par le dictateur Mengistu Haile Mariam contre la guérilla tigréenne.

Le camp qui a rouvert avait accueilli lors de cette période des Falashas, des Juifs éthiopiens, dont plus de 8 000 furent acheminés vers Israël via Khartoum.

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