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À Zeitoun pour la 7ᵉ fois, Tsahal adapte sa méthode pour démanteler ce bastion du Hamas

Avec 6 de ses hommes otages, la 7ᵉ brigade blindée assure qu'une destruction méthodique des bâtiments et des tunnels de la banlieue de Gaza-City garantit que l'ennemi n'ait plus où se cacher

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Times of Israel rejoint la 7e brigade blindée lors d'une opération à Zeitoun, dans la banlieue de la ville de Gaza, le 29 août 2025 (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)

Depuis trois semaines, la 7ᵉ brigade du Corps Blindé Mécanisé de l’armée israélienne affronte le bataillon de Zeitoun du groupe terroriste palestinien Hamas dans la périphérie de Gaza-City.

Si l’on voulait faire preuve de cynisme, on pourrait dire que la tâche sera facile pour les soldats. Après tout, c’est un travail qu’ils connaissent déjà : c’est la septième fois, depuis le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, que Tsahal opère dans ce quartier.

Quelques semaines seulement après l’assaut barbare et sanglant du Hamas, le bureau du porte-parole de l’armée a rendu publiques des images de la 36ᵉ division combattant « pour vaincre le bataillon de Zeitoun du Hamas, l’un des principaux du groupe terroriste ».

« Le 50ᵉ bataillon de la brigade Nahal a vaincu le bataillon de Zeitoun au cœur de Gaza-City », pouvait-on par ailleurs lire dans un article datant de février 2024.

« Il y a des terroristes ici. Il y en aura encore quand nous partirons, mais ils seront peu nombreux », avait alors indiqué le commandant du bataillon.

 » Leur capacité à créer un commandement et un contrôle est très faible. »

Le Times of Israel rejoint la 7ᵉ brigade blindée lors d’une opération à Zeitoun, dans la banlieue de Gaza-City, le 29 août 2025 (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

Mais si tous ces efforts avaient été aussi fructueux que certains le prétendaient, les soldats n’auraient pas eu besoin de revenir.

Le simple fait que l’armée soit contrainte de revenir sans cesse dans des zones où elle est déjà intervenue souligne la complexité du défi à relever. Cela révèle peut-être aussi les erreurs d’appréciation de l’approche israélienne lors des premiers chapitres de cette guerre, la plus longue que le pays ait connue.

Cela fait près de dix mois que le bataillon de Zeitoun n’a pas été confronté à une manœuvre concertée de Tsahal. Il compte désormais plus de 400 terroristes. Il a développé une grande habileté dans la pose d’explosifs et utilise des munitions israéliennes non explosées pour fabriquer des engins explosifs improvisés (EEI) capables de détruire des chars Merkava.

Les troupes de la 7ᵉ brigade ont ainsi découvert sept engins explosifs improvisés de ce type sur une route, à proximité du complexe dans lequel le colonel « Shin », commandant de la brigade, qui selon les règlements de l’armée ne peut être désigné que par son initiale, a établi son quartier général.

Les troupes de la 36ᵉ Division dans le quartier Zeitoun de Gaza-City, sur une image publiée le 20 novembre 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Selon les services de renseignement israéliens, le bataillon du Hamas a l’impression d’avoir vaincu Tsahal lors des six précédentes opérations menées dans ce quartier densément peuplé, puisqu’il existe toujours en tant que force.

Une nouvelle logique

Jeudi, les officiers de la brigade de combat ont assuré au Times of Israel que le résultat serait différent cette fois-ci.

Le principal motif qu’ils invoquent est qu’ils ont adopté une nouvelle manière de combattre.

Le colonel Shin, commandant de la 7ᵉ brigade blindée de l’armée israélienne, à Zeitoun, à Gaza-City, le 28 août 2025 (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

« L’Opération ‘Chars de Gédéon’ fonctionne selon une logique plus systématique et mieux supervisée, qui définit des objectifs plus précis et mesurables sur le terrain », a expliqué Shin.

Le démantèlement progressif des quartiers dans lesquels opéraient les terroristes du Hamas est un élément central de cette opération.

« En concentrant nos actions sur les tunnels et sur les bâtiments piégés en surface, nous pouvons garantir qu’à la fin de la mission, il sera très difficile pour l’ennemi de revenir dans cette zone », a ajouté Shin.

« Nous ne pouvons pas garantir à 100 % qu’un ennemi qui s’enfuit ne reviendra pas sur un territoire donné. Mais s’il est dépourvu de ses infrastructures de combat, nous serons en mesure de le détruire s’il tente de revenir. »

Des soldats israéliens passant devant des bâtiments détruits le long de la route de Salah al-Din qui relie le nord de la bande de Gaza au sud, dans le quartier de Zeitoun, à la périphérie de Gaza-City, le 28 novembre 2023. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Israël fait l’objet de vives critiques concernant de nombreux aspects de sa lutte contre le Hamas. La destruction méthodique de quartiers entiers est désormais sous le feu des projecteurs. Les organisations internationales de défense des droits humains et les Nations unies condamnent cette pratique.

« En tant que puissance occupante, Israël ne doit pas détruire les biens civils, sauf dans le cas où des opérations militaires requièrent une telle destruction », a déclaré le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme dans un communiqué concernant l’opération menée à Zeitoun.

« La destruction généralisée d’immeubles résidentiels dans l’est et dans le sud de Gaza-City ne semble pas être dictée par une nécessité militaire impérative, ni rendue absolument nécessaire par des opérations militaires. »

Des responsables israéliens ont toutefois affirmé au Times of Israel qu’ils étaient convaincus que cette tactique était légale et efficace.

Le lieutenant-colonel G., commandant du 77ᵉ bataillon du Corps Blindé Mécanisé de l’armée israélienne, à Zeitoun, Gaza-City, le 28 août 2025 (Crédit : Lazar Berman/ Times of Israel)

« Le Hamas a décidé de s’emparer de toutes les maisons de la bande de Gaza pour en faire autant d’infrastructures terroristes. Pas une seule maison ne sera épargnée : explosifs, uniformes de [l’unité dite d’élite en arabe du Hamas] Nukhba, armes et RPG [lance-roquettes individuels] y seront entreposés. Pas une seule », a souligné le lieutenant-colonel « Gimel », commandant du 77ᵉ bataillon du Corps Blindé Mécanisé.

« En choisissant ce mode d’action, le Hamas ne nous a pas laissé d’autre choix que de détruire les infrastructures en surface, dans presque tous les lieux. Partout à Zeitoun, le Hamas s’était préparé à se défendre et à nous attaquer. »

« Le Hamas a décidé de tout transformer en dispositif militaire », a poursuivi Gimel.

« Nous détruisons donc tout ce qui est nécessaire pour détruire le Hamas. »

Des armes trouvées par les troupes de l’armée israélienne dans une école du quartier Zeitoun, à Gaza-City, le 10 mai 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Gimel n’a pas hésité à parler des agissements d’Israël à Zeitoun.

Ses soldats « détruisent ce qui reste du bataillon Zeitoun, en surface comme en sous-sol », a-t-il dit.

« Ils n’auront plus d’infrastructures, plus de maisons surplombant les routes, plus de tunnels d’où surgir pour attaquer nos soldats ou les communautés frontalières. C’est pour cette raison que nous sommes de retour à Zeitoun. »

« Le jour où nous partirons – pour la dernière fois je l’espère -, il n’y aura plus aucun endroit pour accueillir les terroristes qui arriveront. Ils reviendront en terrain découvert, d’où ils ne pourront pas nous menacer. »

Des membres d’une société de sécurité privée américaine, engagés par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), dirigeant les Gazaouis déplacés qui se rassemblent pour recevoir des secours dans un centre de distribution dans le centre de la bande de Gaza, le 8 juin 2025. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

Cette semaine, des soldats de la 7ᵉ brigade du Corps Blindé Mécanisé, opérant sous le commandement de la 99ᵉ division, ont découvert et détruit à Zeitoun un tunnel du Hamas d’environ un kilomètre de long, qui abritait des logements et des armes.

Israël a également été accusé par des critiques du monde entier de ne pas protéger les civils gazaouis, voire de les prendre délibérément pour cible dans le cadre d’un « génocide » présumé.

Les officiers, catégoriques, ont insisté sur le fait qu’ils s’efforcent toujours de tenir les civils à l’écart des combats.

« Nous menons des opérations préliminaires pour évacuer la population vers l’intérieur des terres afin qu’elle ne se retrouve pas au milieu du champ de bataille », a déclaré le capitaine « Lamed », commandant de compagnie au sein du bataillon Rotem de la brigade Givati, qui opère dans le cadre de la 7ᵉ brigade du Corps Blindé Mécanisé.

Des soldats de la 7ᵉ brigade du Corps Blindé Mécanisé de l’armée israélienne opèrent dans le quartier de Zeitoun, à Gaza-City, le 28 août 2025 (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

« Nous agissons sans équivoque, de manière morale, éthique et appropriée. »

L’armée désigne certaines zones comme « vertes » ou « rouges » en fonction de la présence de civils. Dans les zones rouges, les règles d’engagement sont très strictes.

Les officiers ont déclaré que le démantèlement de Zeitoun par la 7ᵉ brigade, ainsi que celui du quartier de Shejaiya au cours des trois mois précédents, étaient considérables en soi. Et pourtant, l’ombre de l’annonce de la prise imminente de Gaza-City plane sur les discussions concernant les opérations de cette brigade.

La semaine dernière, lors d’un déplacement à Khan Younès, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, qui était initialement opposé à cette opération, a annoncé que l’armée poursuivait son projet de prise de contrôle de Gaza-City.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, s’adressant à des officiers dans la ville de Tulkarem, en Cisjordanie, le 22 août 2025. (Crédit : Armée israélienne)

« Nous poursuivons nos actions à Gaza-City. Certains de nos soldats opèrent en périphérie de la ville. Des combattants supplémentaires les rejoindront plus tard », a indiqué Zamir aux troupes de la brigade du Corps d’Infanterie Kfir et de la 188ᵉ brigade du Corps Blindé Mécanisé, qui, la veille, avaient repoussé une attaque du Hamas contre leur campement.

« Nous sommes actuellement dans une longue phase de préparation, avant la prochaine opération », a confié Shin.

« Cette mission a la même orientation. Je ne peux pas vous communiquer exactement tous les détails que le chef d’état-major approuvera, mais ce qui est certain, c’est que les opérations que nous menons ici font partie de cet effort. »

Six hommes manquent toujours à l’appel

Une exposition évoquant la famine et les conditions inhumaines dans lesquelles vivent les otages détenus par le Hamas, sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 26 août 2025. (Crédit : Ariela Karmel/Times of Israel)

Même si les opérations militaires qu’ils mènent visent principalement à vaincre la menace que représente le Hamas, les soldats de la 7ᵉ brigade du Corps Blindé Mécanisé ont avoué que les 50 otages toujours retenus par le Hamas ne les quittent pas un seul instant.

De toutes les formations de Tsahal, la 7ᵉ brigade est celle qui est la plus directement concernée par le sort des otages. Six de ses hommes sont toujours détenus à Gaza.

« Tous nos efforts ont pour objectif de les ramener à la maison, auprès de leurs familles », a expliqué Shin.

« Il ne se passe pas un jour ni une nuit sans que nous ne réfléchissions à la situation, sans que nous ne donnions des ordres opérationnels, sans que cette question ne nous serve de fil rouge. »

Mais leurs actions pourraient aussi mettre en danger leurs camarades qu’ils veulent à tout prix sauver. « Prendre le contrôle de Gaza-City représente un grand danger pour la vie des otages », aurait déploré Zamir. Une crainte à laquelle les familles des otages ont fait écho.

« Nous prenons toutes les mesures nécessaires pour nous assurer qu’ils ne seront pas blessés », a promis Shin.

« La question des otages est notre priorité absolue dans toutes nos actions, tant au niveau tactique que dans l’objectif ultime pour lequel nous nous battons. »

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