Abattage rituel : Le Congrès juif européen dénonce la décision de l’UE
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Abattage rituel : Le Congrès juif européen dénonce la décision de l’UE

L'étourdissement préalable d'un animal lors de son abattage peut être imposé dans l'UE sans qu'il nie pour autant la liberté des cultes, a estimé jeudi la Cour de justice de l'UE

Abattage rituel à l'abattoir de Zaklady Miesne Mokobody près de Varsovie, en 2011. Illustration. (Crédit : Autorisation de Zaklady Miesne Mokobody via JTA)
Abattage rituel à l'abattoir de Zaklady Miesne Mokobody près de Varsovie, en 2011. Illustration. (Crédit : Autorisation de Zaklady Miesne Mokobody via JTA)

L’étourdissement préalable d’un animal lors de son abattage peut être imposé dans l’Union européenne sans qu’il nie pour autant la liberté des cultes et les rites traditionnels juif et musulman, a estimé jeudi la Cour de justice de l’UE.

La juridiction, établie à Luxembourg, était interrogée sur un décret pris en 2017 par la région flamande en Belgique, imposant cet étourdissement préalable au nom du bien-être animal. Elle a jugé que le texte ne « méconnaiss(ait) pas » la liberté des croyants juifs et musulmans.

Le président du Congrès juif européen, le Dr Moshe Kantor, a critiqué cette décision, qui permet ainsi aux États membres d’exiger l’étourdissement avant l’abattage. Il s’agit selon lui d’une attaque fondamentale contre les droits fondamentaux de l’expression et de la pratique religieuses juives.

« Le droit de pratiquer notre foi et nos coutumes, qui nous a été assuré depuis de nombreuses années après avoir été accordé en vertu du droit européen, est gravement compromis par cette décision », a déclaré le Dr Kantor.

« Cette décision porte un coup dur à la vie juive en Europe et indique aux Juifs que nos pratiques ne sont plus les bienvenues. Dire aux Juifs que leurs habitudes ne sont pas les bienvenues n’est qu’un pas avant de dire aux Juifs que nous ne sommes plus les bienvenus », a-t-il ajouté.

« Nous continuerons à lutter contre cette décision tragique. Les communautés juives d’Europe ne lâcheront rien tant que nos droits fondamentaux ne seront pas affirmés et protégés sous le plein poids du droit européen. »

« Il n’y a pas de justice dans cette décision qui, selon même l’avocat général de la Cour de justice de l’UE, Gerard Hogan, va contre les droits des minorités religieuses », a-t-il conclu.

Moshe Kantor, président du Congrès juif européen, s’exprime lors du 5e Forum mondial sur la Shoah à Yad Vashem à Jerusalem, le 23 janvier 2020. (Crédit : RONEN ZVULUN / POOL / AFP)

En septembre dernier, Hogan avait appelé au tribunal à « respecter les croyances religieuses profondément ancrées des fidèles des confessions musulmane et juive en permettant l’abattage rituel des animaux de leur manière », a rapporté le Congrès juif.

Yohan Benizri, président de la Fédération belge des organisations juives (CCOJB), l’organe directeur de la communauté juive belge et vice-président du Congrès juif européen, a également dénoncé la décision.

« La décision de la Cour d’ignorer la recommandation de l’avocat général dans cette affaire et d’autoriser ainsi l’interdiction de l’abattage rituel est non seulement décevante, mais anti-démocratique », a déclaré Benizri.
« Aucune démocratie ne peut exister lorsque ses citoyens se voient refuser des droits humains et civils fondamentaux. Nous prévoyons de poursuivre tous les recours légaux pour corriger ce problème. »

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