Abbas dit vouloir dissoudre le Parlement palestinien, le Hamas s’y oppose
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Abbas dit vouloir dissoudre le Parlement palestinien, le Hamas s’y oppose

Le président de l'AP et le Fatah ont durci les pressions sur le Hamas ces derniers mois en réduisant notamment les salaires des fonctionnaires de la bande de Gaza

Le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'adresse à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York le 27 septembre 2018. (TIMOTHY A. CLARY/AFP)
Le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'adresse à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York le 27 septembre 2018. (TIMOTHY A. CLARY/AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a affirmé samedi qu’il avait l’intention de dissoudre le Parlement palestinien contrôlé par ses rivaux, les terroristes islamistes du Hamas, mais inactif depuis des années, afin de respecter une décision de la Cour constitutionnelle.

Abbas n’a pas précisé à quel moment la Cour basée à Ramallah, en Cisjordanie, a pris cette décision qui implique la tenue d’élections dans les six mois suivant la dissolution du Conseil Législatif Palestinien.

« La question a été examinée par le Cour Constitutionnelle qui a émis ce jugement de dissolution du Conseil Législatif et appelé à des élections législatives dans les six mois. C’est de ce que nous devons appliquer immédiatement », a affirmé le président de l’AP lors d’une réunion de la direction palestinienne à Ramallah.

La dissolution du Parlement pourrait permettre à Abbas d’exercer des pressions supplémentaires sur le groupe terroriste palestinien du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza.

Bien que le Parlement ne se soit pas réuni depuis 2007, lorsque le Hamas avait pris de force le contrôle de la bande de Gaza, la loi palestinienne permet au président de cette assemblée de devenir président par intérim en cas de disparition de Mahmoud Abbas (83 ans et gros fumeur).

Le Hamas avait remporté les dernières élections législatives en 2006 face au Fatah, le parti d’Abbas. Depuis, toutes les tentatives de réconciliation entre les principaux mouvements palestiniens ont échoué.

Le Hamas a dénoncé dimanche l’intention d’Abbas de dissoudre le Parlement, affirmant que cette décision servait les « intérêts partisans » du chef de l’Autorité palestinienne.

A couteaux tirés avec le Fatah, le parti de M. Abbas, le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a rejeté cette décision, affirmant dans un communiqué, que la Cour constitutionnelle avait été créée par le président de l’AP « pour légitimer ses décisions arbitraires ».

Le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, prononce un discours dans la ville de Gaza le 23 janvier 2018 (AFP Photo/Mahmud Hams)

« Abbas aurait du tendre la main à l’invitation du (dirigeant du Hamas, Ismaïl) Haniyeh de convoquer une réunion conjointe, mettant ainsi fin à la division palestinienne », précise le communiqué.

« Au lieu de cela, Abbas a choisi de détruire le système politique palestinien, de maintenir son unilatéralisme et de dissoudre les institutions légales du peuple palestinien. Tout cela uniquement pour servir ses intérêts partisans », est-il écrit.

Le Hamas en appelle à l’Egypte qui cherche depuis des années à réconcilier le mouvement islamiste avec le Fatah, pour bloquer la décision du président palestinien.

Abbas et le Fatah basés en Cisjordanie ont durci les pressions sur le Hamas ces derniers mois en réduisant notamment les salaires des fonctionnaires de la bande de Gaza soumise par ailleurs à un blocus israélien et égyptien.

L’AP s’est également opposée à des arrangements aux termes desquels le Qatar a débloqué des millions de dollars d’aide pour assurer en espèces une partie des salaires du service public et l’approvisionnement en carburants de la bande de Gaza avec l’assentiment d’Israël.

L’Egypte a tenté en vain et à plusieurs reprises de parvenir à une réconciliation entre le Fatah et le Hamas. Les discussions ont notamment buté sur le refus du Hamas de désarmer sa branche militaire.

Le mandat de Mahmoud Abbas en tant que président a expiré en 2009, mais il est resté en fonction faute d’élections.

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