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Abu Akleh : les soldats israéliens ne seront « pas interrogés » par le FBI, dit Lapid

"Nous n'abandonnerons pas nos soldats aux enquêtes étrangères", a déclaré le Premier ministre sortant, ajoutant qu’Israël avait transmis une "forte protestation" aux Américains

Shireen Abu Akleh, journaliste pour le réseau Al Jazeera, se tient près d'une caméra de télévision avec la vieille ville de Jérusalem en arrière-plan. (Crédit: Al Jazeera Media Network via AP)
Shireen Abu Akleh, journaliste pour le réseau Al Jazeera, se tient près d'une caméra de télévision avec la vieille ville de Jérusalem en arrière-plan. (Crédit: Al Jazeera Media Network via AP)

Le Premier ministre israélien Yaïr Lapid a déclaré mardi que son pays ne laisserait pas le FBI interroger ses soldats dans le cadre d’une enquête ouverte aux Etats-Unis sur la mort de la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh lors d’une opération de l’armée.

« Les soldats israéliens ne seront pas interrogés par le FBI ni par aucun pays ou entité, aussi amicaux soient-ils », a déclaré M. Lapid après la cérémonie d’investiture au Parlement des députés israéliens élus le 1er novembre.

« Nous n’abandonnerons pas nos soldats aux enquêtes étrangères », a-t-il ajouté indiquant qu’Israël avait transmis une « forte protestation » aux Américains.

« L’armée israélienne est armée morale et fondée sur des valeurs. Les soldats et les commandants de Tsahal défendent l’État d’Israël, enquêtent de manière approfondie sur chaque incident anormal et sont attachés aux valeurs de la démocratie et à ses lois », a ajouté Lapid.

Le Premier ministre Yair Lapid, leader du parti Yesh Atid, s’adressant à ses partisans lors de l’annonce des résultats des sondages de sortie des urnes, à Tel Aviv, le 2 novembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Lundi, le ministre israélien de la Défense Benny Gantz avait éliminé toute possibilité de coopération et qualifié « d’erreur » l’enquête menée aux Etats-Unis sur la mort de la journaliste, que sa famille a saluée, elle, comme « une étape importante ».

Selon le média américain Politico, la police fédérale (FBI) enquête sur la mort de Shireen Abu Akleh lors d’une opération de l’armée israélienne le 11 mai dans le camp de réfugiés palestiniens de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie.

Une décision inhabituelle au vu des relations entre les deux pays, prise après que l’armée israélienne a refusé d’engager des poursuites contre le soldat accusé de l’avoir tuée involontairement.

Le FBI a refusé de confirmer ou démentir l’existence de cette enquête.

« La décision prise par le ministère de la Justice américain de mener une enquête sur la mort tragique de Shireen Abu Akleh est une erreur », a écrit lundi M. Gantz dans un tweet.

Le ministre de la Défense Benny Gantz s’exprimant lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 20 octobre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les forces armées israéliennes ont mené une enquête « indépendante et avec professionnalisme », et en ont partagé les détails avec des responsables américains, a-t-il affirmé.

« J’ai fait passer le message aux représentants américains que nous nous tenions aux côtés des soldats de l’armée israélienne et que nous ne coopérerons pas avec une enquête externe, et ne permettrons pas d’ingérence dans des enquêtes internes », a ajouté le ministre.

La famille de la journaliste a de son côté estimé que l’enquête était une « étape importante pour que des comptes soient rendus ».

« Nous espérons que cette enquête par les Etats-Unis sera réellement indépendante, crédible et complète », a-t-elle dit dans un communiqué publié sur Twitter, estimant que les autorités américaines avaient une responsabilité d’enquêter « quand un citoyen américain est tué à l’étranger, surtout, comme dans le cas de Shireen, par une armée étrangère ».

Equipée d’un gilet pare-balles avec l’écusson « presse » et d’un casque, la journaliste vedette d’Al Jazeera avait été tuée d’une balle dans la tête.

Des manifestants tiennent des bougies et une photo de la journaliste d’Al Jazeera tuée à Jénine, Shireen Abu Akleh, à Haïfa, en Israël, le 11 mai 2022. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

L’armée israélienne a reconnu pour la première fois en septembre qu’il y avait « une forte possibilité » pour qu’elle ait été tuée par l’un de ses soldats, mais qu’il ne s’agissait aucunement d’un acte délibéré.

Le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price, avait souligné à l’époque « l’importance de déterminer les responsabilités dans ce cas », pour éviter qu’un tel drame se répète.

Mais, quelques jours plus tard, le Premier ministre israélien Yaïr Lapid s’était dit opposé à ce que le soldat accusé d’avoir tiré soit poursuivi en justice.

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