Accoucher dans un abri en Israël
Au total, 370 nouveaux-nés ont vu le jour au Centre médical du Mont Carmel depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par les frappes américano-israéliennes sur l'Iran

Sur un mur de l’abri de l’hôpital de Haïfa, dans le nord d’Israël, un écran télé diffuse en fond sonore une déclaration de Benjamin Netanyahu et des photos de missiles iraniens. Concentrée sur sa tâche, l’équipe de médecins et sage-femmes est en train de donner naissance au troisième enfant de Sarah Bird.
C’est une petite fille, qui naît par césarienne. « Elle est belle ! », s’exclame une sage-femme en la tendant à sa mère pour un premier baiser. « Elle l’est ! » répond Sarah, 38 ans, avec un sourire radieux.
Yitzhak, son mari, l’air anxieux pendant tout l’accouchement, se détend enfin et explique que le couple attendra une semaine pour donner un nom au bébé.
Sarah et Yitzhak ont été accueillis quelques heures plus tôt par le directeur de l’unité obstétrique du Centre médical du Mont Carmel, Reuven Kedar.
Ils ont été conduits dans l’abri de l’hôpital, creusé dans la montagne dominant Haïfa, sur laquelle se trouve l’hôpital. En moyenne, dix bébés y naissent chaque jour, selon Clalit, le principal prestataire de soins du pays, gestionnaire de l’hôpital.
Au total, 370 nouveaux-nés y ont vu le jour depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par les frappes américano-israéliennes sur l’Iran.
Certes, en ce jeudi 9 avril, un cessez-le-feu fragile est en vigueur la veille entre les Etats-Unis et l’Iran, et aucun missile iranien n’a été tiré sur Israël.
Mais à Haïfa, endeuillée dimanche par une frappe sur un immeuble ayant fait quatre morts, les alertes continuent de résonner. Les tirs du mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié de Téhéran, n’ont eux pas cessé.
Le service de secours du Magen David Adom (MDA) a révélé que le 26 mars dernier, un de ses secouristes avait aidé une femme à accoucher en urgence chez elle à Tel Aviv, lorsque quelques minutes plus tard, une sirène signalant un missile balistique iranien avait retenti.
Le Dr. Gal Rosen, l’équipe de secouristes, les parents, Violet et Nikola, ainsi que leur nouveau-né ont dû rapidement se réfugier dans un abri.
Vêtu d’un gilet pare-balles et d’un casque, Rosen a couru avec le nouveau-né, âgé de quelques minutes à peine, dans les bras pour rejoindre un abri.
« L’instant d’après, une fois que la situation était sûre, je l’ai immédiatement remis à son père », a raconté Rosen.
« Voir un bébé âgé d’une demi-heure dans un abri public, entouré d’une famille débordante de bonheur et de joie, est une expérience qu’on n’oublie pas. »







