Adam Neumann quitte son poste de PDG de WeWork
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Adam Neumann quitte son poste de PDG de WeWork

Le fantasque patron restera dans le comité de direction après la parution d'articles de presse sur ses méthodes de gestion peu orthodoxes

Adam Neumann, le co-fondateur et PDG de WeWork, participe à la cérémonie de la bourse de New York au Nasdaq, à New York, le 16 janvier 2018. (AP Photo/Mark Lennihan, File)
Adam Neumann, le co-fondateur et PDG de WeWork, participe à la cérémonie de la bourse de New York au Nasdaq, à New York, le 16 janvier 2018. (AP Photo/Mark Lennihan, File)

Adam Neumann, le fondateur de WeWork, a démissionné de son poste de PDG alors que la compagnie se trouve dans une phase délicate après la parution d’informations sur son style de gestion peu orthodoxe et en pleins doutes sur la valeur de l’entreprise.

L’entreprise d’espaces de bureaux partagés va être introduite en bourse, et elle a été secouée par une série de turbulences, ces dernières semaines.

L’entreprise, basée à New York, a déclaré que Neumann restera dans le comité de direction, en tant que président non exécutif. Artie Minson de WeWork, auparavant co-président et directeur administratif et financier, et Sebastian Gunningham, auparavant vice-président, deviendront les PDG de l’entreprise.

Le scepticisme sur le modèle économique de WeWork s’est renforcé ces dernières semaines après que l’entreprise a retardé son introduction en bourse. Les revenus de l’entreprise ont rapidement augmenté, atteignant 1,8 milliard en 2018, mais ses pertes ont été tout aussi rapides, atteignant 1,6 milliard de dollars l’année dernière.

Un bureau de WeWork à New York, le 19 juillet 2019. (TIMOTHY A. CLARY/AFP)

WeWork a des espaces de bureau dans 111 villes dans le monde.

Un article du Wall Street Journal de ce weekend a présenté Neumann et sa femme comme des cadres excentriques, qui prennent des décisions irréfléchies. Selon l’article, Neumann voudrait devenir Premier ministre d’Israël et le premier trillionnaire du monde.

Le charismatique dirigeant a pourtant su pendant plusieurs années convaincre les investisseurs de croire en son projet, persuadant notamment le groupe japonais SoftBank que sa société à la croissance insolente pouvait valoir jusqu’à 47 milliards de dollars.

Mais son style de management, ses méthodes comptables controversées et d’apparents conflits d’intérêt ont finalement eu raison de lui.

Les récentes révélations du Wall Street Journal sur sa consommation de drogue ou sur sa volonté d’amasser une fortune de plus de 1 000 milliards de dollars ne l’ont sans doute pas non plus aidé.

Agé de 40 ans, Adam Neumann, reconnaissable à ses cheveux mi-longs et son style vestimentaire décontracté, est un entrepreneur récidiviste.

Né en Israël, il grandit dans des conditions qu’il qualifie lui-même de difficiles, entre le divorce de ses parents et de multiples déménagements.

Après cinq ans à servir dans la marine israélienne, il pose en 2001 ses valises à New York, où il réside toujours et où est basé WeWork.

Inscrit au Baruch College pour une formation au commerce, il pense alors surtout à faire la fête, a-t-il lui-même raconté lors de la cérémonie de remise des diplômes de cet établissement en 2017.

Il finira par abandonner ses études pour lancer sa première aventure entrepreneuriale: des chaussures à talons hauts rétractables, qui se révèlent « très dangereuses ».

Il se lance ensuite dans la confection de vêtements renforcés aux genoux pour les enfants. Là non plus, le succès n’est pas au rendez-vous.

A la même époque il rencontre sa femme Rebekah, la cousine de l’actrice Gwyneth Paltrow. Mariés quelques mois plus tard, ils ont désormais cinq enfants.

Adam Neumann évoque souvent l’importance cruciale dans son travail du soutien de sa femme.

« La première fois que je l’ai vue, même s’il était fauché, je pouvais voir qu’on allait créer ensemble quelque chose à grande échelle pour la planète », a-t-elle raconté dans un podcast en 2018.

Associé à son ami Miguel McKelvey, il entrevoit le potentiel des bureaux partagés et crée en 2008 Green Desk. Le concept de « coworking » n’est alors pas nouveau mais il vient de prendre de l’ampleur à la faveur des nouvelles technologies, qui permettent de travailler depuis n’importe où, et de la crise financière, qui a forcé de nombreux licenciés de la finance ou de la création à monter leur entreprise.

Parce qu’ils voulaient construire une « communauté qui aide les gens à donner un sens à leur vie » composée de « membres » et non plus seulement de « locataires », ils lancent, avec Rebekah, WeWork en 2010.

La société gère désormais plus de 500 sites répartis dans une trentaine de pays et emploie 12.500 salariés.

Mais pour alimenter cette croissance, elle brûle beaucoup d’argent. En 2018, elle a perdu 2 milliards de dollars alors même qu’elle ne récoltait que 1,6 milliard de revenus.

Adam Neumann, lui-même un bourreau de travail, mène ses équipes à un rythme effréné et avec un style particulier.

Certains déplorent l’impression d’être dans une secte, une atmosphère d’étudiants et les priorités sans cesse mouvantes de l’entreprise.

Délesté de ses fonctions de directeur général, M. Neumann conservera le poste de président non-exécutif du conseil d’administration.

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