Affaire Bitan : un criminel arrêté, un haut-fonctionnaire de Tel Aviv placé en garde à vue
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Affaire Bitan : un criminel arrêté, un haut-fonctionnaire de Tel Aviv placé en garde à vue

Le chef de la coalition avait accumulé 16 M de shekels de dettes, qu'il aurait remboursés grâce à des accords illicites

David Bitan, député et chef de la coalition, le 4 décembre 2017, après avoir été interrogé par la police dans une affaire de corruption. (Crédit : Roy Alima/Flash90)
David Bitan, député et chef de la coalition, le 4 décembre 2017, après avoir été interrogé par la police dans une affaire de corruption. (Crédit : Roy Alima/Flash90)

La police a placé en garde à vue quatre personnes lundi matin, qui ont été interrogées. Il s’agit notamment d’un haut-fonctionnaire de la municipalité de Tel Aviv, qui serait impliqué dans l’affaire de corruption et de blanchiment d’argent qui entoure le député et chef de la coalition David Bitan.

Bitan est soupçonné d’avoir reçu des pots-de-vin de la part d’un gros bonnet du crime organisé, en échange de son influence pour faire pencher une transaction immobilière en sa faveur. Lundi, la police a annoncé l’arrestation de Hossam Jarushi, un membre du réseau impliqué dans cette affaire.

La veille, 17 membres du conseil municipal de Rishon Letsion ont été arrêtés ou interrogés dans le cadre de cette enquête pour corruption, baptisée Affaire 1803. Dov Zur, le maire de Rishon Lezion, deux assistants parlementaires, des entrepreneurs et des hommes d’affaires ont été interpellés.

Jarushi serait membre d’une famille de criminels connue, originaire de Ramle, au centre d’Israël.

Les enquêteurs soupçonnent Jarushi d’avoir payé les dettes de Bitan en échange d’un contrat lui permettant de réaliser le terrassement du projet « Complexe 1000 », un projet immobilier d’une centaine d’hectares, auquel Bitan est associé. Selon Haaretz, la police suspecte également Jarushi d’avoir aidé financièrement Bitan.

Hadashot News a indiqué que Bitan, alors qu’il était adjoint au maire de Rishon Lezion, entre 2005 en 2015, aurait accumulé 16 millions de shekels de dettes, ce qui lui aurait limité l’accès à ses comptes bancaires. Il est soupçonné d’avoir remboursé cet argent par des moyens malhonnêtes. Il est également soupçonné d’avoir reçu des cadeaux et des pots-de-vin après son entrée à la Knesset en 2015, précise le reportage.

Dimanche, la Cour des Magistrats de Rishon Lezion a prolongé la détention de Jarushi de trois jours. Bitan, proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a été interrogé dimanche pendant 13 heures par la police au siège de l’unité nationale Lahav 433 pour des soupçons de pots-de-vin, de fraude, de blanchiment d’argent et d’abus de confiance. Il sera à nouveau entendu mercredi.

Une femme, décrite comme une « proche » de Bitan, a été interrogée pendant plusieurs heures dimanche avant d’être assignée à résidence. La police lui a soumis des documents indiquant que d’importantes sommes d’argent avaient été transférées vers ses comptes. Elle a déclaré que bien que les comptes fussent à son nom, ils étaient gérés par Bitan au moment où ses propres comptes étaient gelés par la banque.

Les enquêteurs auraient accumulé un certain nombre de preuves, notamment des documents, des enregistrements et des enregistrements vidéo. L’un des suspects dans l’affaire a également accepté de coopérer avec la police et de fournir des preuves contre les autres suspects.

Le site Walla a indiqué dimanche que la police cherche à convaincre un autre suspect de témoigner contre ses complices en échange d’une remise de peine.

Zur, le maire, est soupçonné de corruption, fraude, abus de confiance et de la promotion de certains projets immobiliers dans la ville avec des prestataires. Sa détention a été prolongée de 5 jours dimanche. La garde à vue d’un homme d’affaires de Rishon Lezion, personnalité centrale de cette affaire, et dont l’identité a été placée sous embargo, a été prolongée de 12 jours.

Les médias israéliens ont relayé des propos de la police dimanche, indiquant que si Bitan n’était pas membre de la Knesset, et donc protégé par l’immunité parlementaire, il aurait également été arrêté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la première convention des journalistes chrétiens à Jérusalem organisée par le bureau de presse du gouvernement, le 15 octobre 2017. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

Plusieurs députés de la coalition, notamment des défenseurs éminents de Netanyahu, ont décrié le moment choisi par la police pour révéler cette affaire de pots-de-vin et d’enquête relative au crime organisé qui implique Bitan, qui aurait commencé il y a un an.

En effet, l’enquête a éclaté au grand jour au moment où Bitan, un allié de Netanyahu, œuvrait pour obtenir le nombre de votes nécessaires lundi, afin de faire passer la loi interdisant à la police de recommander une mise en examen au terme de leurs enquêtes sur les personnalités publiques.

Ce projet de loi est considéré par ses détracteurs, comme un moyen de protéger Netanyahu des multiples enquêtes pour fraude dont il fait l’objet. Le procureur général, Avichai Mandelblit, et le procureur d’État Shai Nitzan, ainsi que la police, y sont réfractaires.

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