David Bitan, chef de la coalition, soupçonné de pots-de-vin et de blanchiment d’argent
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David Bitan, chef de la coalition, soupçonné de pots-de-vin et de blanchiment d’argent

Le proche allié du Premier ministre Netanyahu a été interrogé par les policiers dans le cadre d'une enquête majeure liée à des organisations criminelles

David Bitan, député du Likud et président de la coalition, à la Knesset, le 5 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
David Bitan, député du Likud et président de la coalition, à la Knesset, le 5 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député David Bitan, chef de la coalition, a été interrogé dimanche par la police au siège de l’unité nationale Lahav 433 pour des soupçons de pots-de-vin, de fraude, de blanchiment d’argent et d’abus de confiance, ont fait savoir les médias en hébreu.

Ce législateur issu du parti du Likud – considéré comme un très proche allié du Premier ministre Benjamin Netanyahu – est également soupçonné d’avoir reçu des pots-de-vin de la part d’organisations criminelles de Rishon Lezion après être devenu le maire-adjoint de la ville en 2015, et d’avoir orienté un appel d’offres vers le fils d’une relation contre de l’argent.

Bitan a été interrogé par la police quelques heures après l’arrestation – ou l’interrogatoire – de 17 responsables municipaux de Rishon Lezion dans le cadre d’une enquête de corruption plus large portant sur des pots-de-vin. Le commissaire adjoint Meni Yitzhaki, le plus important enquêteur de la police israélienne, avait précédemment fait part au président de la Knesset, Yuli Edelstein, du fait que la police cherchait à interroger Bitan.

« Ce matin, dix suspects ont été placés en détention pour être interrogés après lecture de leurs droits et sept autres ont été arrêtés sur des soupçons d’implication dans des pots-de-vin, dans des fraudes, pour abus de confiance et délits de blanchiment d’argent », a indiqué la police dans un communiqué au sujet de cette enquête qui aura duré 18 mois.

« Des preuves ont été réunies sur une longue période de temps qui impliquent des suspects liés à de graves activités criminelles et qui sont aussi des responsables au sein d’autorités locales variées ainsi qu’au niveau national », a-t-elle ajouté.

Parmi les personnes qui ont été cueillies par la police après une longue enquête, de très hauts responsables municipaux, deux aides parlementaires, des contractants, des hommes d’affaires et une personnalité éminente d’une organisation criminelle.

La police a indiqué que les suspects qui ont été appréhendés seront amenés à une audience de mise en détention à la cours des magistrats de Rishon Letzion en fin de journée.

La chaîne Hadashot a pour sa part fait savoir que l’enquête se concentre sur des soupçons que de hauts responsables de la ville aient reçu des profits pour promouvoir des intérêts commerciaux individuels.

Une question clé concerne le « Complexe 1 000 », un site de cent hectares environ situé à l’ouest de Rishon Lezion et qui avait été proposé dans un appel d’offres. Les enquêteurs soupçonnent que la personne qui l’avait remporté avait versé des pots-de-vin et se penchent sur l’implication de Bitan dans cet appel d’offres, qui a été attribué au fils de l’une de ses relations.

A l’époque, Bitan connaissait des difficultés financières avec notamment de lourdes dettes, a dit le reportage.

Bitan est protégé par une immunité parlementaire qui ne peut être levée qu’avec l’approbation du président.

Plusieurs députés de la coalition, notamment des défenseurs éminents de Netanyahu, ont décrié le moment choisi par la police pour révéler cette affaire de pot-de-vin et d’enquête relative au crime organisé qui implique Bitan.

« Ce qui se passe ici est très sérieux », a déclaré Amsalem dimanche. « Il y a une vaste armée qui comprend tout le système politique et les médias qui tentent de renverser le Premier ministre Benjamin Netanyahu. La police israélienne doit enquêter sur chaque plainte et chaque [soupçon] qu’elle trouve, mais Bitan n’a pas pu être interrogé en deux jours ? Quelqu’un essaie de faire échouer cette loi. »

Zeev Elkin, ministre de la Protection de l’environnement, a également commenté le calendrier, disant à la radio de l’armée dans une interview du dimanche matin : « J’ai été très surpris de la façon dont l’histoire s’est développée ce matin. Le calendrier, l’apparence de la chose, sont très problématiques. »

Le député juif Betzalel Smotrich a fait écho au sentiment général, déclarant dans une déclaration publique sarcastique: « S’il y a une personne qui croit que la publication d’une enquête sur le groupe de coalition de David Bitan n’est pas liée au vote sur le projet de mise en examen, levez la main  »

L’annonce de la police n’a pas gelé le vote immédiatement. La Commission des Affaires internes de la Knesset, présidé par Amsalem, s’est réuni dans les délais pour examiner les modifications finales avant les derniers votes programmés lundi.

Mais le projet de loi a été retardé par l’obstruction systématique de l’opposition à travers le processus « d’objections » séculaire de la Knesset. Les législateurs de l’opposition peuvent en effet déposer un nombre illimité d’objections à chaque article du projet de loi, qui doit ensuite être débattu à la séance plénière de la Knesset. Les objections ne peuvent être levées que par le président de la Knesset et Commission des Affaires internes de la Knesset peut imposer des limites de temps aux débats, une mesure prise seulement quand il y a un large accord sur l’urgence d’un projet de loi.

Dimanche matin, le parti Koulanou a déposé sa première opposition au projet de loi, la députée Merav Ben-Ari proposant un amendement qui retarderait de trois mois son entrée en vigueur afin de permettre à la police de terminer ses enquêtes sur les allégations de corruption entourant Netanyahu.

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