Affaire des sous-marins: Ahaz Ben-Ari dit avoir été contacté au nom de Netanyahu
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Affaire des sous-marins: Ahaz Ben-Ari dit avoir été contacté au nom de Netanyahu

Ahaz Ben-Ari, ex-conseiller du ministère de la Défense, dit avoir subi des pressions pour que les contrats soit attribués à une firme allemande proche du cousin du Premier ministre

L'INS Rahav, un sous-marin de la classe Dolphin du constructeur naval allemand ThyssenKrupp, part du port allemand de Kiel en direction de Haïfa, le 17 décembre 2015. (Unité du porte-parole de l'IDF)
L'INS Rahav, un sous-marin de la classe Dolphin du constructeur naval allemand ThyssenKrupp, part du port allemand de Kiel en direction de Haïfa, le 17 décembre 2015. (Unité du porte-parole de l'IDF)

Un ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense a déclaré dans une interview diffusée mercredi qu’un suspect clé avait invoqué le nom du Premier ministre Benjamin Netanyahu alors qu’il faisait pression pour qu’un constructeur naval allemand obtienne un contrat lucratif, sur fond de demandes d’enquête sur l’affaire.

Avichai Mandelblit, le procureur général, doit publier jeudi la réponse de l’Etat aux requêtes demandant que Netanyahu fasse l’objet d’une enquête sur cette affaire. Un convoi de manifestants s’est rassemblé mercredi devant la Cour suprême pour demander l’ouverture d’une enquête.

« C’est un problème très sérieux et sa gravité est renforcée précisément parce qu’il s’est produit, on pourrait dire, dans le saint des saints du fonctionnement de l’État », a déclaré Ahaz Ben-Ari, qui a été conseiller juridique du ministère de la Défense et qui est témoin dans cette affaire, à la Treizième chaîne.

En 2016, la chaîne, qui s’appelait alors Dizième chaîne, a publié un courriel de juillet 2014 envoyé par Ben-Ari disant qu’il avait été contacté par David Shimron, le cousin de Netanyahu et ancien avocat. Dans le courriel en question, Ben-Ari a déclaré que Shimron lui avait dit qu’il représentait ThyssenKrupp et qu’il voulait savoir si un appel d’offres pour l’achat de navires militaires avait été annulé « afin de négocier avec ses clients », comme l’avait demandé le Premier ministre.

Des Israéliens protestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant la Cour suprême à Jérusalem, le 14 octobre 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Selon le rapport, les fonctionnaires du ministère de la Défense ont subi d’intenses pressions au moment où le courriel a été envoyé pour stopper le contrat, afin qu’il soit attribué à ThyssenKrupp sans appel d’offres.

Interrogé sur le courriel, Ben-Ari a déclaré : « Pour autant que je me souvienne, Shimron a cité Netanyahu ».

Il a ajouté qu’il ne pensait pas que c’était Shimron ou Bar-Yosef qui avait ordonné au ministère de la Défense de rejeter l’appel d’offres, mais quelqu’un du bureau du Premier ministre, bien qu’il ne sache pas « à quel niveau hiérarchique ».

« Les services de sécurité ont été invités à se ranger du côté de la proposition et les contacts ont surtout été pris avec le bureau du Premier ministre. Rétrospectivement, il s’avère que cela a probablement engendré le grand péché », a déclaré Ben-Ari.

Les associés de Shimron ont démenti qu’il ait mentionné le nom de Netanyahu lors de la conversation avec Ben-Ari, affirmant qu’il ne savait pas que le Premier ministre était impliqué dans l’achat des sous-marins.

Netanyahu a également publié un démenti, avec une déclaration en son nom rejetant le rapport comme « recyclé et tendancieux » et rappelant qu’il n’était pas un suspect dans cette affaire.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et son avocat personnel, David Shimron, à gauche. (Crédit : Flash90)

Les autres principaux suspects dans cette affaire sont Miki Ganor, le représentant de ThyssenKrupp en Israël, qui est accusé de corruption, de blanchiment d’argent et d’infractions fiscales ; Eliezer Marom, un ancien chef de la Marine israélienne, qui est accusé de corruption, de blanchiment d’argent et d’infractions fiscales dans l’affaire des sous-marins ; et David Sharan, un ancien assistant de Netanyahu et du ministre de l’Energie Yuval Steinitz, qui est accusé de corruption, d’abus de confiance et de blanchiment d’argent.

Devant le bâtiment de la Cour suprême à Jérusalem mercredi soir, des manifestants ont organisé un rassemblement pour demander que Netanyahu fasse l’objet d’une enquête.

De nombreux manifestants sont venus de tout le pays pour se rendre à Jérusalem, dans le cadre de deux convois séparés qui ont quitté la ville de Kyriat Shmona, à la frontière nord, à 6 heures du matin et la ville de Beer Sheva, au sud, dans l’après-midi, tirant profit des restrictions de voyage pour les manifestations qui expiraient à minuit.

Plusieurs manifestants ont revêtu leurs véhicules de faux sous-marins.

« Nous ne partirons pas d’ici. Celui qui doit aller à Césarée et dans le reste du monde qui l’attend, il peut y aller, mais nous resterons ici », a déclaré le professeur Yoram Levy, cité par Walla news, en référence à la ville côtière du nord où Netanyahu possède une maison.

Des anciens combattants de la marine se sont réunis à Jérusalem le 14 octobre pour demander que le Premier ministre Benjamin Netanyahu fasse l’objet d’une enquête dans la fameuse affaire des sous-marins. (Capture d’écran de Ynet)
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