Affrontements entre Palestiniens et police israélienne à la porte de Damas
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Affrontements entre Palestiniens et police israélienne à la porte de Damas

En ce cinquième jour de Ramadan, la police a utilisé des canons à eau et des chevaux pour disperser la foule ; 3 personnes ont été arrêtées

Des officiers de police montent la garde pendant les affrontements entre les Palestiniens et la police israélienne devant la Porte de Damas à Jérusalem, le 18 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des officiers de police montent la garde pendant les affrontements entre les Palestiniens et la police israélienne devant la Porte de Damas à Jérusalem, le 18 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des centaines de Palestiniens ont affronté la police israélienne près de la porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, dimanche soir, dans le cadre de manifestations organisées contre les restrictions imposées dans la zone.

La police a déployé des canons à eau et des grenades assourdissantes, et des agents de la garde montée ont été déployés dans toute la zone pour tenter de disperser la foule. Trois Palestiniens ont été arrêtés, la police les accusant d’avoir attaqué les agents sur place.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, quatre Palestiniens ont été blessés au cours des affrontements.

Selon la police, les Palestiniens ont lancé des pierres sur les agents. Un reporter sur place pour le quotidien Haaretz a contesté ce récit, attestant qu’aucune pierre n’a été jetée et que « la plupart des manifestants sont restés non violents. »

Des affrontements quotidiens entre Palestiniens et policiers ont éclaté près de la Porte de Damas depuis le début du Ramadan mardi dernier. Selon la police, des Palestiniens de Jérusalem-Est ont jeté des pierres sur des bus et tiré des feux d’artifice sur la police. Au moins un officier a été légèrement blessé lors de ces affrontements.

Une poignée de Palestiniens de Jérusalem-Est ont fait circuler des vidéos dans lesquelles on les voit frapper des passants juifs ultra-orthodoxes et religieux apparemment non impliqués. Ces vidéos, téléchargées sur le réseau social TikTok, ont suscité une condamnation générale de la part des députés juifs et arabes.

Le mois sacré de l’islam, qui donne souvent lieu à des rassemblements de masse nocturnes, a été le théâtre de violences entre de jeunes Palestiniens et les forces de sécurité israéliennes.

Les récents affrontements semblent avoir été déclenchés par une décision de la police de Jérusalem d’empêcher les Palestiniens de s’asseoir sur les marches de la Porte de Damas. Selon une tradition officieuse de Jérusalem, des milliers de Palestiniens s’assoient souvent dans cette zone après les prières nocturnes du Ramadan.

Cette année, cependant, la police a mis en place des barrages dans le secteur afin d’en faire sortir les fidèles et a interdit aux Palestiniens de s’asseoir sur les marches la nuit.

Lors d’un appel téléphonique avec le Times of Israël, un porte-parole de la police de Jérusalem a affirmé que le bouclage de la zone était en fait un moyen de contrôle des émeutes.

« Il y a toujours des émeutes. Maintenant, ils utilisent juste les barrières comme une excuse. S’il n’y avait pas de barrières, qu’aurions-nous alors ? », a déclaré le porte-parole.

Dimanche soir, des dizaines de policiers anti-émeutes israéliens ont parcouru l’artère principale près de la Porte de Damas, flanqués de policiers à cheval et de canons à eau.

Selon certains médias palestiniens, les jeunes Palestiniens qui ont affronté la police étaient des fidèles revenant de la mosquée al-Aqsa. Mais les responsables du Waqf, qui administre le lieu saint islamique, ainsi que la police, ont rejeté cette affirmation.

Les policiers ont répondu avec force à la foule. Dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux, on peut voir un officier frapper brutalement à la tête un Palestinien maîtrisé, apparemment sans avoir été provoqué.

La Division des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice – l’organe chargé de surveiller les fautes commises par la police – a annoncé dimanche qu’elle allait ouvrir une enquête sur l’incident.

Vers minuit dimanche, les députés du Parti sioniste religieux Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich sont arrivés à la Porte de Damas pour parler avec la police.

« Cette arrogance, cette effronterie, ne peut tout simplement pas être ignorée. Nous sommes dans un État juif souverain », a déclaré Smotrich aux journalistes présents sur les lieux.

Dans une vidéo de la scène, on voit des activistes juifs d’extrême droite danser en cercle et chanter une chanson appelant à la vengeance contre les Palestiniens.

Lors d’une confrontation dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, vendredi, un activiste de droite a mis au défi le parlementaire arabe israélien Ahmad Tibi de condamner les attaques apparentes contre des passants ultra-orthodoxes.

Tibi s’est exécuté et a ajouté que la violence contre les Palestiniens de Jérusalem-Est devait également être condamnée. « Nous devons déraciner toute violence nationaliste », a-t-il déclaré.

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