« Agir en faveur du jeune Saoudien serait contraire à l’intérêt du Canada »
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« Agir en faveur du jeune Saoudien serait contraire à l’intérêt du Canada »

Toute remise en cause par le Canada d'un important contrat d'armement avec l'Arabie saoudite reviendrait à "punir les travailleurs canadiens", a estimé le Premier ministre canadien

Le Premier ministre canadien Stephen Harper (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90)
Le Premier ministre canadien Stephen Harper (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90)

Toute remise en cause par le Canada d’un important contrat d’armement avec l’Arabie saoudite, où un jeune chiite risque d’être exécuté, n’a pas de sens et reviendrait à « punir les travailleurs canadiens », a estimé vendredi le Premier ministre Stephen Harper.

Plusieurs pays occidentaux et de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme ont lancé ces derniers jours des appels pour que Ali al-Nimr, âgé de 21 ans, ne soit pas décapité. Il a été condamné pour avoir pris part en 2012, alors qu’il était mineur, à des manifestations inspirées du Printemps arabe.

Le Canada a signé l’an dernier, par le biais d’une filiale canadienne du groupe américain General Dynamics, un contrat de 13 milliards de dollars sur 14 ans avec les options pour la fourniture de véhicules blindés légers à l’Arabie saoudite.

En pleine campagne électorale, le Premier ministre conservateur sortant a rejeté l’idée de mettre dans la balance « le plus gros contrat de l’histoire canadienne » que, de toute façon, « un quelconque pays allié aurait signé à notre place ».

De plus, a-t-il dit, « c’est un contrat avec un pays allié dans la lutte contre le groupe Etat islamique ».

Sans nier que « les violations des droits de l’Homme sont importantes » dans le royaume saoudien, le Canada exprime « de temps en temps son indignation et son désaccord » auprès des autorités sur le traitement des droits de l’Homme, a souligné Stephen Harper.

Le contrat canadien porte sur la vente de véhicules blindés légers et cela représente « quelque 3 000 emplois directs » dans le sud de l’Ontario, a rappelé Harper en jugeant que la remise en cause du contrat « serait une manière de punir les travailleurs canadiens ».

La veille, lors d’un débat électoral, les deux principaux adversaires du Premier ministre sont également restés prudents sur le cas du jeune saoudien

Thomas Mulcair, chef du Nouveau parti démocratique (NPD, gauche), a abordé uniquement le cas du blogueur saoudien Raef Badaoui, dont l’épouse vit au Canada avec ses deux enfants, en estimant que sa condamnation à la flagellation était « indigne et complètement barbare ».

Plus timoré, Justin Trudeau pour le parti libéral a jugé nécessaire de « travailler avec nos alliés pour exiger à l’international que les pays commencent à se comporter de façon à respecter les droits humains ».

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