Alain Soral condamné en appel pour négationnisme, mais sa peine allégée
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Alain Soral condamné en appel pour négationnisme, mais sa peine allégée

Jeudi, la cour d'appel de Paris a jugé qu'il était bien coupable de négationnisme, le condamnant à 5 000 euros d'amende

L’essayiste français d'extrême droite Alain Soral s'adresse aux journalistes à son arrivée au palais de justice de Paris, le 12 mars 2015. (Crédit : LOIC VENANCE / AFP)
L’essayiste français d'extrême droite Alain Soral s'adresse aux journalistes à son arrivée au palais de justice de Paris, le 12 mars 2015. (Crédit : LOIC VENANCE / AFP)

Alain Soral a été condamné jeudi en appel à 5.000 euros d’amende, avec possibilité d’emprisonnement en cas de non-paiement, pour contestation de l’existence de la Shoah, une peine considérablement allégée.

Soral, de son vrai nom Alain Bonnet, 61 ans, est condamné pour avoir publié sur son site internet des conclusions litigieuses de son avocat dans une autre affaire.

Le 15 avril 2019, le tribunal correctionnel de Paris l’avait condamné à un an ferme pour négationnisme, en assortissant cette peine d’un mandat d’arrêt, et avait condamné son avocat Damien Viguier à 5.000 euros d’amende pour complicité, en raison du contenu des conclusions. Ils avaient fait appel.

Le parquet avait cependant décidé de ne pas exécuter ce mandat d’arrêt et d’en faire appel, estimant que le tribunal ne pouvait pas délivrer un tel mandat pour une condamnation au titre de la loi de 1881 sur la liberté de la presse.

Aux sources de ce dossier se trouve une autre affaire: en 2016, le site d’Alain Soral avait publié un dessin représentant, sur une fausse Une titrée « Chutzpah Hebdo », le visage de Charlie Chaplin devant l’étoile de David, avec la question « Shoah où t’es ? », référence à la Une polémique de « Charlie Hebdo » après les attentats de Bruxelles, « Papa où t’es ? ».

Pour cette publication négationniste, Soral avait été définitivement condamné à 10.000 euros d’amende, avec possibilité d’emprisonnement en cas de non-paiement.

En novembre 2017, le même site avait alors publié les conclusions de son avocat Damien Viguier dans l’affaire « Shoah où t’es ? ». Il y citait par exemple le négationniste Robert Faurisson et commentait les amoncellements de chaussures et cheveux dans les mémoriaux de la Shoah.

Sur ce point, la cour d’appel de Paris a estimé jeudi que si « les propos incriminés ne remettent pas en cause la réalité de la Shoah », ils « minimisent et banalisent les souffrances des victimes de la Shoah et leurs conditions de vie dans les camps, en présentant la coupe des cheveux et la récupération des chaussures comme normales et justifiées » en éludant « la volonté d’humilier les victimes ».

Elle a donc jugé que Soral était bien coupable d’avoir publié ces conclusions, mais rappelé qu’à l’époque des faits, l’essayiste maintes fois condamné ne l’était encore qu’à des amendes.

Elle l’a ainsi condamné à 100 jours-amende à 50 euros, soit 5.000 euros d’amende qui s’ils ne sont pas payés se transforment en emprisonnement. En l’absence de peine de prison, elle n’a pas tranché la question du mandat d’arrêt.

Me Viguier présentait également les savons faits à partir de graisse humaine par les nazis ou les abats-jour en peau humaine comme simple « propagande de guerre ». Mais « ces éléments demeurent en débat », a noté la cour.

La cour a en revanche relaxé l’avocat, estimant, contrairement aux associations parties civiles, qu’il n’est « pas prouvé avec la certitude nécessaire » qu’il ait donné son accord à la publication de ses conclusions.

Les associations parties civiles ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation.

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