Ali Larijani reste à la tête du Parlement iranien
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Ali Larijani reste à la tête du Parlement iranien

La réélection de Larijani qui a obtenu 61 % des voix est intervenue une semaine après celle - également très large - de l'ayatollah ultraconservateur Ahmad Janati à la tête de l'Assemblée des experts

Ali Larijani, président du parlement iranien. (Crédit : capture d'écran Youtube/NDTV)
Ali Larijani, président du parlement iranien. (Crédit : capture d'écran Youtube/NDTV)

Ali Larijani a été réélu dimanche président du Parlement iranien, en dépit de la progression des réformateurs et modérés alliés du président Hassan Rouhani lors des dernières législatives.

Certains députés, pourtant soutenus par les réformateurs lors de la campagne électorale, et d’autres indépendants ont préféré apporter leur soutien à M. Larijani plutôt qu’à son rival réformateur Mohammed Reza Aref, personnalité moins charismatique, qui a reconnu sa défaite et félicité le vainqueur.

La réélection de M. Larijani qui a obtenu 61 % des voix est intervenue une semaine après celle – également très large – de l’ayatollah ultraconservateur Ahmad Janati à la tête de l’Assemblée des experts, chargée de nommer, surveiller et éventuellement démettre le guide suprême.

Le gouvernement de M. Rouhani devra donc composer avec un Parlement toujours dominé par les conservateurs, même si les plus radicaux ont été pour la plupart écartés lors des législatives d’avril.

A un an de la présidentielle de 2017 à laquelle M. Rouhani devrait se représenter pour un second et dernier mandat, les conservateurs gardent ainsi le contrôle des deux grandes institutions élues d’Iran, le Parlement et l’Assemblée des experts, mais aussi de tous les organes non élus.

Contrairement aux conservateurs les plus durs, Ali Larijani a soutenu l’accord nucléaire de juillet 2015, n’hésitant pas à défendre les longues et difficiles négociations avec les pays occidentaux, dont les Etats-Unis, ennemis jurés de l’Iran. Il a joué un rôle crucial pour le faire approuver par les députés.

Travailler ensemble

D’ailleurs Rouhani, lors de la première réunion du nouveau Parlement samedi, a rendu hommage à l’action d’Ali Larijani, en soulignant que « pour régler les problèmes du pays, le gouvernement et le Parlement devaient travailler ensemble », ce qui n’a pas toujours été le cas depuis son élection à la présidence en 2013.

Pour le président iranien, l’Iran doit s’entendre avec le reste du monde pour régler les problèmes économiques et sociaux. « Aucun pays n’a pu atteindre une croissance économique satisfaisante sans entente avec le monde ».

Ali Khamenei lors d'une réunion le 17 février 2014 à Téhéran (Crédit : Site officiel de Khamenei/AFP)
Ali Khamenei lors d’une réunion le 17 février 2014 à Téhéran (Crédit : Site officiel de Khamenei/AFP)

Même si les décisions sur les dossiers sensibles et stratégiques de la République islamique d’Iran restent du seul ressort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, les relations entre le Parlement dominé par les conservateurs et les présidents réformateur ou modéré étaient toujours difficiles.

Rouhani veut sortir l’Iran de son isolement après l’entrée en vigueur en janvier de l’accord nucléaire et la levée de la plupart des sanctions internationales.

Larijani, qui aura 58 ans le 3 juin, a obtenu 173 voix contre 103 pour Mohammad Reza Aref. Quelque 281 députés (sur un total de 290) ont pris part au vote.

Alors que le précédent Parlement était largement dominé par les conservateurs, pragmatiques et radicaux, les législatives avaient permis un certain rééquilibrage des forces entre conservateurs et réformateurs/modérés et d’écarter les conservateurs les plus durs.

Selon un décompte de l’AFP établi à partir de résultats officiels, le camp réformateurs/modérés a obtenu 133 sièges, celui des conservateurs 125 et les indépendants 26 aux législatives. Mais certains des élus ont préféré changer de camp.

Vieux routier de la politique

Dimanche, trois réformateurs ont été en outre élus parmi les 12 membres du bureau de la présidence du Parlement, dont Massoud Pezeshkian qui devient vice-président. Le conservateur Mohammad Dehghan a été élu second vice-président.

Et pour la première fois depuis la révolution islamique de 1979, deux députés de la minorité sunnite d’un pays à 90 % chiite, Abdolkarim Hosseinzadeh et Mohammad Ghassim Osmani (réformateurs), entrent au bureau du Parlement.

Vieux routier de la vie politique, M. Larijani a dirigé entre 1994 et 2004 la puissante radio-télévision d’Etat Irib. A la présidentielle de 2005, il a été éliminé dès le premier tour par l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, avant d’être nommé secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale et, à ce titre, chargé du dossier nucléaire.

Après des désaccords avec M. Ahmadinejad sur cet épineux dossier, il avait préféré démissionner deux ans plus tard.

Fils d’une haute personnalité religieuse, le grand ayatollah Haj Mirza Hashem Amoli, Ali Larijani est né dans la ville sainte chiite de Najaf en Irak. Son frère, l’ayatollah Sadegh Larijani, dirige le puissant pouvoir judiciaire.

Dans les années 1980, Ali Larijani a servi en tant que commandant au sein des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite d’Iran.

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