Allemagne : Des Stolperstein en hommage aux proches de l’ambassadeur israélien
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Allemagne : Des Stolperstein en hommage aux proches de l’ambassadeur israélien

L'épouse de l'ambassadeur a commissionné le mémorial de Dortmund après plusieurs années à rechercher l'histoire de ses arrière-grands-parents maternels, morts dans la Shoah

Image illustrative d'un « Stolperstein », ou pierre d'achoppement, à Berlin, le 9 novembre 2013 (Autorisation : AFP / Johannes Eisele)
Image illustrative d'un « Stolperstein », ou pierre d'achoppement, à Berlin, le 9 novembre 2013 (Autorisation : AFP / Johannes Eisele)

JTA – Rosa et Abraham Hacker ont refusé de quitter leur ville bien-aimée de Dortmund, même lorsque la vie des Juifs en Allemagne était menacée, dans les années 1930.

Aujourd’hui, des Stolperstein, pierres d’achoppement commémoratives de la Shoah, ont été installées dans la ville en souvenir du couple – les arrière-grands-parents maternels de Laura Kam, dont le mari Jeremy Issacharoff est l’ambassadeur d’Israël en Allemagne.

Les deux petits blocs de laiton ont été installés lundi lors d’une cérémonie sous haute sécurité, dirigée par le maire de Dortmund Ullrich Sierau et un rabbin local. Kam et Issacharoff étaient présents avec leur fille, Ella.

Les Hacker sont morts pendant la Shoah, mais leurs cinq enfants ont réussi à fuir.

Kam a entrepris de commissionner ce mémorial après des années de recherche sur son histoire familiale, durant lesquelles elle a rencontré de nombreux obstacles.

Cependant, lorsque son mari a été affecté en Allemagne en 2017, « les portes des archives se sont ouvertes et je me suis retrouvée face à 1 000 pages, littéralement », a-t-elle raconté à l’agence de presse JTA lors d’un entretien téléphonique.

Il existe près de 80 000 mémoriaux de ce type en Allemagne et ailleurs en Europe ; sur les blocs de laiton sont gravés des dates de naissance et de décès.

Guenther Demnig, un artiste basé à Cologne, a lancé ce projet de mémoriaux en 1992. Il a suspendu ces installations pendant quelques mois en raison des mesures pour lutter contre la pandémie de coronavirus, mais a repris en juin.

Les arrière-grands-parents de Kam, originaires de Pologne, avaient immigré au début du XXe siècle à Dortmund, où ils ont fait prospérer une usine de fabrication de pinceaux. Les Hacker ont été déportés vers leur pays natal avec d’autres Juifs nés en Pologne en 1938, mais étaient parvenus à retourner à Dortmund, où ils ont découvert que leurs biens avaient été pillés.

Rosa est morte en 1941 dans le ghetto de Dortmund, et son mari a été assassiné en 1943 dans le camp de concentration de Theresienstadt en ex-Tchécoslovaquie.

Kam, dont la mère Sonia est née à Dortmund, a décidé de commissionner le mémorial après avoir vu des pierres d’achoppement à Berlin. Les restrictions liées à la pandémie ont empêché Sonia Kam, qui vit dans l’agglomération de New York, d’assister à la cérémonie.

Kam a déclaré à la JTA qu’elle était « extrêmement préoccupée » par la progression de l’antisémitisme en Allemagne, mais qu’elle trouvait encourageant que les gouvernements locaux, comme celui de Dortmund, « combattent l’extrémisme si vaillamment ».

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