Anti-sionisme : Meyer Habib accuse la France de « complaisance »
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Anti-sionisme : Meyer Habib accuse la France de « complaisance »

Selon l'élu, le report de la résolution contre l’antisémitisme serait du fait de "certains députés LREM [qui] refusent de condamner l’antisionisme, quand ils ne flirtent pas avec"

Meyer Habib, député de la 8e circonscription des Français de l’étranger (UDI), lors d’une intervention à l’Assemblée nationale concernant le programme nucléaire iranien, le 25 juin 2019. (Crédit photo : Capture d’écran / La chaine parlementaire / Twitter)
Meyer Habib, député de la 8e circonscription des Français de l’étranger (UDI), lors d’une intervention à l’Assemblée nationale concernant le programme nucléaire iranien, le 25 juin 2019. (Crédit photo : Capture d’écran / La chaine parlementaire / Twitter)

Meyer Habib, député de la 8e circonscription des Français de l’étranger (UDI), participait la semaine dernière à la visite officielle de responsables français en Israël.

Vendredi, suite au report de la résolution transpartisane contre l’antisémitisme décidé le mois dernier – un texte sans valeur contraignante proposé par Sylvain Maillard (LREM) –, le journal Actualité juive a publié une interview consacrée à Meyer Habib, qui s’est retrouvé plus d’une fois au cœur des polémiques – notamment le mois dernier, suite à un débat à l’Assemblée.

Dans cette récente interview, le député accuse le gouvernement « d’une certaine complaisance à l’égard de l’antisionisme ».

« Depuis des années, je ne cesse de me battre pour que la France ouvre enfin les yeux sur ce mal qui la gangrène », a-t-il ajouté.

« Nous voulions une loi, nous n’avons eu qu’une résolution ‘approuvant’ la définition de l’IHRA [l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah]. C’est mieux que rien. Mes propositions pour renforcer le texte sont restées sans réponse pendant deux mois. Et lorsque le texte est enfin déposé, son inscription à l’ordre du jour est déprogrammée… », regrette-t-il.

Selon le responsable, cette déprogrammation serait du fait de « certains députés LREM – et pas des moindres – [qui] refusent de condamner l’antisionisme, quand ils ne flirtent pas avec ». « Peut-être aussi était-ce un clin d’œil à l’électorat arabo-musulman à l’approche des européennes ? », s’interroge-t-il, évoquant également un « aspect électoraliste en vue des municipales ». Selon lui, « la haine d’Israël est si forte que même une simple résolution – texte non contraignant ! – qui aurait dû faire l’unanimité, c’est encore trop ! »

Le texte de résolution pourrait maintenant être « réécrit pour l’édulcorer totalement », affirme Habib. Ce qui prouverait que, malgré « beaucoup de mots », « la lutte contre l’antisémitisme, et son nouveau visage, l’antisionisme, n’est pas une priorité pour le gouvernement et sa majorité ».

« Pire, une grande partie de la majorité LREM-Modem nourrit, comme la gauche et l’extrême-gauche, une réelle hostilité à l’égard d’Israël », s’inquiète Meyer Habib.

« Il y a un manque total de courage politique. Je l’ai dit en séance au sujet du BDS. Alors qu’appeler au boycott d’Israël est totalement illégal, la campagne de haine continue de sévir semaine après semaine dans l’indifférence des autorités », craint-il également.

« J’accuse le gouvernement d’une certaine complaisance à l’égard de l’antisionisme. C’est grave. Douze Français ont été assassinés parce que Juifs ces dernières années […] Faudra-t-il encore des morts pour qu’on comprenne que l’antisionisme n’est pas une opinion mais un délit ? Je suis inquiet pour les Français juifs mais surtout très inquiet pour la France », conclut le député.

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