Antisémitisme : Le Reed College, dans l’Oregon, accepte des réformes dans le cadre d’un accord
L’établissement s’engage à inclure dans sa politique anti-discrimination une disposition interdisant de cibler les Juifs "en raison de leur identité sioniste" et il fera intervenir un contrôleur extérieur
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JTA — Le Reed College a accepté une série de changements institutionnels de grande envergure – notamment en affirmant que le fait que prendre pour cible les Juifs sionistes sera considéré comme discriminatoire – afin de mettre un terme à plusieurs enquêtes fédérales américaines qui avaient été ouvertes sur l’antisémitisme, ont annoncé les parties à la plainte dans la journée de mercredi.
Cet accord a été annoncé par l’Anti-Defamation League et par le Brandeis Center for Human Rights Under Law, qui avaient conjointement déposé la plainte en vertu du titre VI de la loi sur les droits civils (Civil Rights Act), qui interdit toute discrimination au sein des établissements bénéficiant de fonds fédéraux. Il a été conclu alors que les campus à travers tout le pays, qui sont menacés de perdre leurs financements fédéraux sous l’administration Trump, se sont montrés disposés à négocier de nouvelles mesures de protection contre l’antisémitisme.
Dans le cadre de cet accord, cette université privée d’arts libéraux située à Portland, dans l’Oregon, s’engage à ajouter dans sa politique anti-discrimination une disposition affirmant que « pour de nombreux Juifs, le sionisme fait partie intégrante de l’identité juive religieuse, ancestrale et/ou ethnique », et que « le fait de prendre pour cible des Juifs en raison de leur identité sioniste » sera considéré comme discriminatoire.
L’établissement fera également appel à un consultant externe qui sera chargé de contrôler et de rendre compte de l’efficacité de la mise en œuvre des mesures de protection contre l’antisémitisme au sein de l’école – un rôle inhabituel dans d’autres accords similaires qui relevaient, eux aussi, du Titre VI. L’accord précise que Reed « tiendra compte » de la définition de travail de l’antisémitisme qui a été établie par l’International Holocaust Remembrance Association (IHRA), définition qui inclut certaines critiques à l’égard d’Israël, et que l’école mettra en place des formations sur l’antisémitisme à l’intention de son corps enseignant et de son personnel.
« Nous prenons très au sérieux les préoccupations relatives à l’antisémitisme et à toutes les formes de discrimination illégale, et nous continuerons à œuvrer pour le bien-être, la sécurité et la réussite de chaque membre de notre communauté », a commenté un porte-parole du Reed College à la Jewish Telegraphic Agency dans un communiqué qui confirmait la finalisation de l’accord.
Jonathan Greenblatt, le président directeur général de l’ADL, et les responsables du Brandeis Center ont salué cet accord dans un communiqué, le qualifiant de modèle potentiel pour d’autres établissements d’enseignement supérieur.
« Nous pensons qu’il devrait servir de modèle à d’autres établissements », a dit Denise Katz-Prober, qui est directrice des initiatives juridiques au sein du Brandeis Center, à la JTA. Selon elle, la formulation requise dans les directives de Reed en matière de discrimination est « très claire s’agissant de ce qui constitue un comportement antisioniste en violation des droits civils et de la politique de l’établissement ».
« Ce résultat démontre comment la procédure prévue par le Titre VI peut permettre de protéger efficacement les étudiants juifs », a noté Greenblatt dans son propre communiqué.
Selon les estimations de Hillel International, une centaine d’étudiants du Reed College sont Juifs, ce qui représente environ 7 % de l’effectif total. Une demande de commentaire adressée au directeur de PDX Hillel, qui accompagne les étudiants juifs de Reed et d’autres établissements de la région, était restée sans réponse au moment de la rédaction de cet article.
Cette résolution a suivi deux plaintes anonymes pour antisémitisme qui avaient été déposées par d’anciens étudiants Juifs de Reed en 2024 – sous l’administration Biden. L’une de ces affaires concernait une étudiante dont la mezouza, accrochée dans sa chambre d’étudiant, avait été vandalisée, et qui avait elle-même été ensuite visée par des jets de pierres lors d’une manifestation pro-palestinienne au printemps de la même année. L’étudiante avait par la suite quitté l’établissement, craignant pour sa sécurité.
Ces deux actes auraient déjà dû être considérés comme des violations du règlement de l’établissement pour des raisons sans rapport avec l’identité juive ou sioniste de l’étudiante. Katz-Prober, de Brandeis, a fait valoir que ces deux incidents auraient également dû être pris en compte dans le contexte particulier de l’antisionisme revendiqué par les agresseurs.
« Il peut être difficile, à première vue, de déterminer s’il s’agissait simplement d’une agression ou d’une agression motivée par des préjugés », a-t-elle expliqué. Cette affaire, a-t-elle ajouté, a démontré comment, dans certains cas, « sioniste n’est qu’un mot codé pour désigner un Juif ».
Katz-Prober a également salué la disposition de l’accord prévoyant que l’université fasse appel à un consultant tiers qui sera chargé de veiller au respect des règles, distinct de son coordinateur du Titre VI. Tout en insistant sur le fait qu’un tel rôle serait « indépendant » et exempt de tout parti pris, elle a noté que l’ADL et le Centre Brandeis auraient tous deux leur mot à dire dans sa sélection.
« Les deux parties ont leur mot à dire », a-t-elle déclaré.
la Communauté du Times of Israël !







