Israël en guerre - Jour 256

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Après 2 mois, UN Women condamne – enfin – le Hamas et s’alarme des témoignages

Il aura fallu près de 8 semaines au bureau de l'ONU pour les questions relatives aux femmes pour rompre le silence et condamner sans équivoque les attaques du 7 octobre

Des femmes protestant contre l'ONU pour son incapacité à condamner la violence du Hamas contre les femmes lors de son assaut du 7 octobre, devant le siège de l'ONU, à Jérusalem, 27 novembre 2023. (Crédit : Flash90)
Des femmes protestant contre l'ONU pour son incapacité à condamner la violence du Hamas contre les femmes lors de son assaut du 7 octobre, devant le siège de l'ONU, à Jérusalem, 27 novembre 2023. (Crédit : Flash90)

Après huit semaines, UN Women a rompu samedi son silence sur les allégations de crimes sexuels perpétrés par les terroristes palestiniens du Hamas le 7 octobre.

« Nous réaffirmons que toutes les femmes – les femmes israéliennes, les femmes palestiniennes, comme toutes les autres – ont droit à une vie vécue en sécurité et à l’abri de la violence », a déclaré l’organisation.

« Nous condamnons sans équivoque les attaques brutales du Hamas contre Israël le 7 octobre », a affirmé UN Women. « Nous sommes alarmés par les nombreux témoignages faisant état d’atrocités sexistes et de violences sexuelles lors de ces attaques. »

« Pour le bien de tous dans le territoire palestinien occupé et en Israël, et en particulier des femmes et des enfants, nous appelons à un retour sur le chemin de la paix, au respect du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’Homme », a insisté l’organisation.

Les responsables israéliens sont furieux contre les groupes de défense des droits de l’Homme et contre les organisations de défense des droits des femmes qui, dans le monde, ont rejeté les preuves et les témoignages portant sur les violences sexuelles commises pendant l’assaut meurtrier du Hamas dans le sud d’Israël, le mois dernier. Les groupes israéliens de défense des droits des femmes ont reproché à leurs homologues internationaux d’ignorer les preuves de plus en plus nombreuses de ces allégations.

Sarah Hendriks, vice-directrice d’UN Women, a été interrogée par CNN sur le silence de l’organisation sur la question, au cours d’un entretien qui a été diffusé mercredi.

Hendriks a expliqué que l’agence est « profondément alarmée face aux informations perturbantes qui font état de violences sexuelles et basées sur le sexe le 7 octobre », ajoutant que « nous condamnons absolument et sans la moindre équivoque toutes les violences faites aux femmes et aux petites filles ».

La journaliste de CNN, Bianna Golodryga, a ensuite demandé à Hendriks pourquoi le bureau avait été dans l’incapacité « d’interpeller spécifiquement le Hamas » suite aux « preuves croissantes qui se sont accumulées au cours des sept dernières semaines » qui attestaient de tels crimes de la part des terroristes, des preuves qui ont été réunies par les inspecteurs israéliens. Hendriks, une fois encore, n’a pas mentionné le Hamas, expliquant que son agence apportait son soutien à une enquête « impartiale et indépendante ».

La semaine dernière, le bureau des Nations unies pour les questions relatives aux femmes a été critiqué pour avoir publié puis supprimé une condamnation des « attaques brutales du Hamas le 7 octobre ».

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a aussi finalement demandé pour la première fois – et après un long silence – que les accusations de violences sexuelles commises lors des massacres du 7 octobre fassent l’objet d’une enquête.

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Gilad Erdan, montrant des images du massacre du 7 octobre par le Hamas, lors d’une réunion d’urgence sur la guerre entre Israël et le Hamas à l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 26 octobre 2023. (Crédit : Timothy A. Clary/AFP)

L’ambassadeur israélien aux Nations unies, Gilad Erdan, a fustigé Guterres pour avoir attendu presque huit semaines avant de parler de ces allégations.

Suite à ce carnage massif et sans précédent, des preuves matérielles de violences sexuelles n’ont pas été collectées sur le corps sans vie par les employés des morgues, alors qu’ils tentent encore d’identifier les personnes qui ont été tuées et dont les dépouilles, pour un grand nombre d’entre elles, ont été mutilées et brûlées.

Il y a toutefois des preuves significatives qui indiquent des violences sexuelles systématiques – mais les responsables des morgues n’ont pas pu définir ces violences comme des viols en raison de l’absence de preuves physiques conformes à ce que réclame le système judiciaire. En plus des témoignages des survivants, les officiels israéliens, les premiers secours et les employés des morgues ont établi que le Hamas avait violé les femmes dans le cadre de son assaut. L’agence de sécurité intérieure du Shin Bet a diffusé des vidéos de terroristes du Hamas qui ont été capturés sur le sol israélien, et qui affirment sur les images qu’ils avaient reçu l’ordre de violer des femmes juives.

La décision – prise dans un contexte de guerre, avec la nécessité pressante d’identifier les morts – de ne pas utiliser les protocoles laborieux d’enquête qui entrent habituellement dans le cadre des dossiers pour viol a nourri le scepticisme à l’international, nombreux étant ceux qui doutent face aux violences sexuelles subies par les victimes du 7 octobre.

Carrie Keller-Lynn a contribué à cet article.

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