Après 30 ans au service de Strasbourg, le Grand rabbin Gutman s’envole pour Israël
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Après 30 ans au service de Strasbourg, le Grand rabbin Gutman s’envole pour Israël

A l'heure du bilan, le rabbin regrette que la célébration de Yom HaAstmaout "reste toujours un débat" ainsi que le manque de débat intellectuel

François Hollande, le grand rabbin Gutman (Crédit : Nathan Kretz/Times of Israel)
François Hollande, le grand rabbin Gutman (Crédit : Nathan Kretz/Times of Israel)

A la tête de la communauté juive de Strasbourg depuis 30 ans, la « capitale spirituelle du judaïsme français » comme il l’a nomme dans une récente interview parue chez Actualité juive, René Gutman, aujourd’hui âgé de 66 ans prend sa retraite et s’envole pour Israël.

Il laisse derrière lui une communauté où le nombre de lieux d’études, de kollels, d’écoles juives et de synagogues restent sans égal au regard des autres communautés juives françaises. Mais où il fallu manœuvrer pour harmoniser les aspirations de la part la plus orthodoxe de la ville et de ses membres plus traditionalistes.

Quant au development de la partie de la communauté orthodoxe, il affirme qu’il « n’a été rendu possible que par le partenariat implicite du Consistoire et du grand rabbinat tel que je l’ai conçu dès mon arrivée, explique-t-il, avec ces nouvelles forces vives, en encourageant leur installation auprès des pouvoirs publics et en prenant part ainsi à cet élan de Torah ».

Cependant, si l’on trouve aujourd’hui un kollel (lieu où des hommes sont rémunérés pour étudier, institutions généralement propres aux milieux ultra-orthodoxes) au centre communautaire qui réunit toutes les tendances du judaïsme de la ville, René Gutman déplore que, dans un autre sens, a parfois été importé avec ce retour à la spiritualité juive une certaine défiance à l’égard d’Israël.

« Il y a, par exemple, par rapport à ce que représente l’État d’Israël une sorte de ‘neutralité bienveillante’ quant à sa place dans la vie spirituelle. [Mais] je constate, non sans amertume, explique-t-il, que la célébration de Yom Haatzmaout [fête de l’Indépendance d’Israël] reste toujours un débat, même dans certaines synagogues relevant du Consistoire. »

Il regrette également l’absence d’intellectuels juifs engagés dans une communauté pourtant riche en « fins esprits », avec pour conséquences l’absence de conférences et de débats en dehors des cercles religieux.

Une tache à laquelle s’attellera sans doute l’actuel rabbin de Toulouse Harold Weil, bientôt nommé à Strasbourg.

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