Après un an, un vétéran de Gaza attend toujours 20 000 shekels d’arriérés de salaire
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Après un an, un vétéran de Gaza attend toujours 20 000 shekels d’arriérés de salaire

Un soldat seul, né en Afrique du Sud, se bat pour ses droits que l’armée retient en raison d’une erreur ; Michael Oren va l’aider

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Yisrael et Haviva Yanover se sont mariés pendant leurs services militaires en tant que soldats seuls. Photographie non datée. (Crédit : autorisation)
Yisrael et Haviva Yanover se sont mariés pendant leurs services militaires en tant que soldats seuls. Photographie non datée. (Crédit : autorisation)

Presque un an après sa sortie de l’armée, Yisrael Yanover, ancien soldat seul et vétéran de la guerre de Gaza, attend toujours que l’armée israélienne lui paie des dizaines de milliers de shekels d’arriérés de salaire.

En raison de ce qui ressemble à une erreur purement bureaucratique, le soldat né en Afrique du Sud n’a pas reçu plusieurs mois de salaires, pour un total d’environ 20 000 shekels (4 760 euros). Yanover a tenté de gérer cette erreur pendant qu’il était encore à l’armée et depuis sa sortie, mais sans résultat.

« Je ne sais simplement pas quoi faire. Ce n’est que parce que j’ai été malin et ai économisé chaque centime que j’ai eu de l’armée que j’ai pu vivre », a-t-il déclaré mercredi.

Les problèmes de Yanover, ancien infirmier combattant du 12e bataillon de la brigade Golani, proviennent d’une bizarrerie ironique et malheureuse de la logique de l’armée concernant les soldats dit seuls, ceux qui servent l’armée israélienne sans avoir de famille dans le pays.

Yisrael Yanover, ancien infirmier combattant de la Brigade Golani, pendant la guerre à Gaza en 2014. (Crédit : autorisation)
Yisrael Yanover, ancien infirmier combattant de la Brigade Golani, pendant la guerre à Gaza en 2014. (Crédit : autorisation)

Si deux soldats seuls tombent amoureux et se marient, ils ne sont plus considérés comme des soldats seuls. Par définition, un soldat israélien marié à un soldat israélien a de la famille en Israël.

Perdre le statut de soldat seul signifie aussi perdre tout ce qui va avec : double salaire, bons d’achats dans des supermarchés, réductions d’impôts municipaux, jours de congés supplémentaires, etc.

Yisrael et Haviva Yanover à leur mariage en décembre 2014. Ils se sont mariés pendant leurs services militaires en tant que soldats seuls. (Crédit : autorisation)
Yisrael et Haviva Yanover à leur mariage en décembre 2014. Ils se sont mariés pendant leurs services militaires en tant que soldats seuls. (Crédit : autorisation)

Et c’est ce qui est arrivé à Yanover, quand il a épousé en décembre 2014 Haviva Korenblit, elle aussi soldat seul.

Michael Oren, vice-ministre chargé de la diplomatie publique, ancien soldat seul lui-même, a proposé de modifier cette situation « ironique » avec une loi qui permettrait aux soldats seuls mariés de garder leurs droits, a-t-il déclaré par téléphone au Times of Israël.

« S’ils sont des soldats seuls, ils devraient garder leurs droits de soldats seuls », a déclaré Oren jeudi depuis les Etats-Unis.

« C’est un obstacle à servir dans l’armée », a-t-il ajouté.

Oren a commencé à travailler sur ce projet de loi, dont il espère qu’il sera voté par la Knesset, après avoir appris cette règle d’un soldat pendant Yom HaZikaron, a-t-il déclaré.

Depuis qu’il est devenu vice-ministre, et ne peut donc légiférer, Meirav Ben-Ari, elle aussi députée de Koulanou, a pris la responsabilité de faire avancer cette loi, a déclaré Oren.

Bien que les soldats seuls mariés perdent leurs droits de soldats seuls, ils peuvent en recevoir de nouveaux, y compris un complément de salaire, appelé tashmash, un acronyme hébreu désignant un salaire familial.

Michael Oren, député Koulanou, pendant une commission à la Knesset, le 20 juin 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Michael Oren, député Koulanou, pendant une commission à la Knesset, le 20 juin 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Mais pour des raisons floues, malgré avoir perdu leurs statuts de soldats seuls, les Yanover n’ont perçu ce paiement supplémentaire, tout du moins pas complètement.

Même s’ils ont reçu une hausse de salaire d’environ 4 000 shekels pendant deux mois une fois leur mariage reconnu, l’armée n’a pas payé pendant cinq mois, a déclaré Yanover au Times of Israël.

Quand il était dans l’armée, Yanover s’est entretenu avec son mashakit tash, sous-officière responsable des conditions de service, une sorte d’assistante sociale pour les soldats, afin de gérer cette situation.

Juste avant sa sortie de l’armée en octobre 2015, Yanover a à nouveau demandé ce qu’il en était, et s’est vu répondre par texto par cette sous-officière qu’elle « comprenait de ce que je lui disais que je ne voulais pas l’argent », a-t-il déclaré.

‘Je n’ai jamais abandonné et comme preuve, il y a mes demandes fréquentes et répétées de recevoir l’argent’

Quelques mois après, après être elle-même sortie de l’armée, la sous-officière a avoué à Yanover que cette confusion avait été causée, selon ses propres mots, par « une erreur », a-t-il dit.

Dans un message WhatsApp, elle lui a dit que « son erreur avait annulé le paiement familial », a déclaré Yanover.

Après sa sortie de l’armée, il a commencé à demander de l’aide à des associations, notamment au Wings Program pour les soldats seuls, et en novembre, Yanover a porté officiellement plainte auprès d’un médiateur de l’armée pour obtenir son argent.

« Je n’ai jamais abandonné et comme preuve, il y a mes demandes fréquentes et répétées de recevoir l’argent », a-t-il écrit dans sa lettre à l’armée.

Peu après sa plainte, Yanover a reçu de sa mashakit tash une demande pour plusieurs documents pour que sa plainte soit examinée.

Yisrael et Haviva Yanover, qui se sont mariés pendant leurs services militaires en tant que soldats seuls, pendant leur lune de miel en Inde. (Crédit : autorisation)
Yisrael et Haviva Yanover, qui se sont mariés pendant leurs services militaires en tant que soldats seuls, pendant leur lune de miel en Inde. (Crédit : autorisation)

Malheureusement, Yanover et sa jeune épouse Haviva, qui n’avaient pas pu fêter complètement leur mariage pendant qu’ils étaient à l’armée, étaient en lune de miel en Inde à ce moment. A des milliers de kilomètres d’Israël, le couple a lutté pour rassembler les documents.

« Grâce à Dieu, ma femme est intelligente, a déclaré Yanover. Elle avait pris des photos de plusieurs documents, et j’avais les bons. »

Après avoir rempli les papiers il y a environ six mois, Yanover a attendu des informations de la commission, mais n’a pas eu de réponse.

N’ayant pas de nouvelles, il a à nouveau contacté l’armée, qui lui a répondu qu’il pouvait recevoir les 20 000 shekels qui lui étaient dus, mais que sa demande avait été rejetée parce qu’il n’avait « pas coopéré » avec la commission, a déclaré Yanover.

La sous-officière a expliqué à Yanover qu’elle avait reçu ses documents et les avait transmis à son commandant, mais que, d’une manière ou d’une autre, la commission ne les avaient pas reçus, a-t-il déclaré.

« Donc ils m’ont accusé. J’ai essayé de montrer que j’avais [coopéré], que j’avais donné tout ce qui était nécessaire », a dit Yanover.

« Mais ils ont dit qu’ils ne pouvaient rien faire. »

En réponse à la demande d’informations sur cette affaire du Times of Israël, un porte-parole de l’armée a seulement déclaré que la demande de Yanover « serait examinée dans la semaine prochaine », mais n’a pas donné d’explication pour le retard de presque un an ni répondu à d’autres questions liées à l’affaire.

Bien que le problème semble provenir d’une erreur de la sous-officière, il n’est pas évident de comprendre ce qui permet à ce cauchemar bureaucratique de persister. Mais pendant que l’armée délibère, les Yanover doivent joindre les deux bouts.

Yisrael et Haviva Yanover, qui se sont mariés pendant leurs services militaires en tant que soldats seuls. Photographie non datée. (Crédit : autorisation)
Yisrael et Haviva Yanover, qui se sont mariés pendant leurs services militaires en tant que soldats seuls. Photographie non datée. (Crédit : autorisation)

Yisrael et Haviva commencent leurs études, dans un programme préparatoire pour l’université pour lui, et dans une école d’infirmières pour elle, ce qui les empêche de travailler à temps plein, a-t-il déclaré.

« Ce sont ces 20 000 shekels qui m’auraient aidé à passer les prochains mois », a déclaré Yanover.

« Mais plus que ça, ils m’appartiennent, de droit », a-t-il ajouté.

Oren, qui a proposé plusieurs lois pour fournir de meilleurs avantages aux soldats seuls, a affirmé que le cas de Yanover n’était pas unique.

Bien que les droits des soldats seuls et des soldats mariés soient légaux, ils ne parviennent pas toujours à leurs bénéficiaires.

L’armée est, après tout, gérée par des personnes, qui ne sont pas parfaites, qui ne sont pas toujours informées de chaque règlementation, loi et avantage officiel pour les soldats qui méritent une aide financière, a expliqué Oren.

‘Il faut que le commandant de base ou de compagnie connaisse les bénéfices et s’en occupe’

Parfois, une case n’est pas cochée, un papier tombe derrière un bureau ou un e-mail n’est pas lu.

« Pour chaque audience que j’ai eu [à la Knesset], le sujet revient à un baaya tashit », a déclaré le vice-ministre, en utilisant le terme hébreu pour les problèmes de condition de service.

« Les soldats ont des droits, mais au niveau du mashakit tash ou du >em>ktzinat tash [un officier responsable des conditions de service], cela ne passe pas. Il faut que le commandant de base ou de compagnie connaisse les bénéfices et s’en occupe », a-t-il déclaré.

Depuis l’interview, le bureau du vice-ministre a déclaré qu’il étudierait le dossier de Yanover et essaierait de l’aider.

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