Architecture majestueuse, flore délicate : Pourquoi Givat Ram est incontournable
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Architecture majestueuse, flore délicate : Pourquoi Givat Ram est incontournable

En plus d'accueillir la Knesset, ce quartier de Jérusalem comprend le magnifique bâtiment de la Cour suprême et le Wohl Rose Park - le plus grand parc aromatique d'Israël

  • Des roses 'Allgold' au Wohl Rose Park à Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Des roses 'Allgold' au Wohl Rose Park à Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Des caveaux du Second temple au Wohl Rose Park à Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit :  Shmuel Bar-Am)
    Des caveaux du Second temple au Wohl Rose Park à Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Des roses 'iceberg' dans le jardin de Vienne du Wohl Rose Park à Vienne, au mois d'avril 2021. (Crédit :  Shmuel Bar-Am)
    Des roses 'iceberg' dans le jardin de Vienne du Wohl Rose Park à Vienne, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Une rose épanouie au Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit :  Shmuel Bar-Am)
    Une rose épanouie au Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Le jardin français du Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le jardin français du Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Des roses iceberg au Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit :  Shmuel Bar-Am)
    Des roses iceberg au Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • La rose 'Israela' développée par le mathématicien israélien Binyamin Amira, au Wohl Rose Park à Jérusalem, en avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    La rose 'Israela' développée par le mathématicien israélien Binyamin Amira, au Wohl Rose Park à Jérusalem, en avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Le Jardin japonais au Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le Jardin japonais au Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Des roses de Ramat Gan au Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Des roses de Ramat Gan au Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • '"La Porte ouverte" au jardin allemand du Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    '"La Porte ouverte" au jardin allemand du Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Un mur avec de la pierre de Jérusalem, au bâtiment de la cour suprême de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Un mur avec de la pierre de Jérusalem, au bâtiment de la cour suprême de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Une vue du bâtiment de la Cour suprême depuis le Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit :  Shmuel Bar-Am)
    Une vue du bâtiment de la Cour suprême depuis le Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • La place Zurich au Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit :  Shmuel Bar-Am)
    La place Zurich au Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Un poirier de Chine au Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit :  Shmuel Bar-Am)
    Un poirier de Chine au Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • La Tête,' une sculpture en bronze de l'artiste espagnol Joan Miro au jardin espagnol du Wohl Rose Park à Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    La Tête,' une sculpture en bronze de l'artiste espagnol Joan Miro au jardin espagnol du Wohl Rose Park à Jérusalem, au mois d'avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Une vue de la Cour suprême à Jérusalem. (Crédit :  Shmuel Bar-Am)
    Une vue de la Cour suprême à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Jusqu’à ce que la Cour suprême israélienne s’installe dans des bâtiments plus somptueux, en 1992, elle avait été hébergée dans un hospice du 19e siècle, plutôt primitif, qui accueillait dans le passé des pèlerins russes orthodoxes – Feu mon père, avocat qui avait assisté là-bas à de nombreuses audiences, m’avait dit que les principales caractéristiques du bâtiment étaient le manque de chauffage pendant l’hiver et l’absence d’air conditionné l’été.

Et pourtant, il est demandé sans relâche aux magistrats de la Cour suprême de prendre des décisions lourdes, qui nous affectent tous. L’édifice actuel reflète parfaitement l’importance de ce tribunal : Il est constitué d’une combinaison de lignes droites et de cercles, qui veulent exprimer les concepts de droit et de justice. Mais quoi représente quoi ?

Lors d’une visite à la Cour suprême – qui est située dans le quartier Givat Ram de Jérusalem – avant la crise de la pandémie de coronavirus, Nikky Strassma, guide touristique, nous a dit que les architectes Ram Karmi et Ada Karmi-Melamede avaient tiré leur réponse de la bible : « Tu es Juste… Et tes jugements sont équitables » et « Il me conduit dans les sentiers de la justice ». (Psaumes : 119:137; 23:3).

L’argent pour la construction de la Cour suprême avait été très discrètement donné par la fondation Rothschild. Dans ce que la tradition caritative juive a de meilleur, le nom Rothschild n’est pas mentionné sur le panneau placé à l’entrée du tribunal.

A l’intérieur, il y a un escalier massif, qui est bordé d’un côté par un mur en pierre de Jérusalem.

Associé à des lampes passées de mode, le mur rappelle les allées de la Vieille Ville ainsi que le mur Occidental. Des miroirs, au pied du mur, donnent l’illusion que vous êtes en train de regarder les fondations – non pas du mur, a suggéré Strassman, mais peut-être des lois qui nous guident quotidiennement.

Une fenêtre panoramique gigantesque offre une vue stupéfiante du quartier Nahlaot, de l’autre côté de la route, un quartier construit au 19e siècle. A proximité, une pyramide qui a été édifiée dans le toit rappelle le tombeau, de forme pyramidale, du prophète Zacharie dans la vallée du Kidron. Strassman a le sentiment que ce mélange de symboles anciens et plus modernes représente l’Histoire de Jérusalem, en plus de celle des lois israéliennes qui se basent sur les précédents juridiques – tout en devant faire face aux temps modernes.

Une vue de la Cour suprême à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Des photographies grand format, accrochées au mur, sont présentées dans le cadre d’un petit musée de l’histoire du système juridique israélien, de l’ère ottomane jusqu’à aujourd’hui. Également exposée, la robe rouge qui était portée par Gad Frumkin, le seul Juif à siéger à la Cour suprême pendant le mandat britannique quand un dossier jugé par la Cour impliquait une possible condamnation à mort.

Notre endroit favori pour une vue extérieure de la Cour suprême : le fabuleux Wohl Rose Park, appelé en hébreu Gan Havradim. Portant le nom, à l’origine, de parc du Président, il était utilisé pour les réunions gouvernementales officielles.

Une vue panoramique stupéfiante du quartier de Nahlaot, construit au 19è siècle, depuis la Cour suprême à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le parc faisait partie du quartier dit ‘national’ qui avait été développé peu après la fondation de l’État, en 1948, pour héberger les institutions du gouvernement israélien et notamment le bâtiment parlementaire de la Knesset, la banque d’Israël et la Cour suprême. Il avait été ouvert au public au début des années 1960 après une vague d’indignation publique.

Bien avant la naissance de l’État d’Israël, les personnes de tout le pays se passionnaient pour les roses, les cultivaient et tentaient de créer de nouvelles espèces, explique Dalit Kaslassi, conservateur du parc. Lors d’une récente visite, Kaslassi nous raconte que les Israéliens devaient vouer une telle admiration à cette fleur odorante qu’ils devaient finalement fonder la Société nationale des roses et rêver de les voir, un jour, rassemblées sur un site qui leur serait consacré.

Le projet d’un jardin national des roses particulier était né au milieu des années 1970. En même temps, la responsabilité de la conservation du parc du Président – qui se trouvait, à ce moment-là, très négligé – avait été transférée du gouvernement à la municipalité de Jérusalem.

Des roses ‘Allgold’ au Wohl Rose Park à Jérusalem, au mois d’avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Au mois d’octobre 1981, la Fédération internationale des Sociétés des roses avait organisé au parc du Président de Jérusalem la cinquième convention de son histoire. Se préparant à cette occasion, le parc avait été agrémenté de nouvelles roses, de pelouses, de cascades. Les philanthropes britanniques Vivienne et Maurice Wohl avaient financé son développement en coopération avec la Fondation de Jérusalem et avec la municipalité. Au cours de la convention, une cérémonie avait eu lieu – au cours de laquelle le parc du Président était devenu le Wohl Rose Garden.

Plus grand jardin de roses de tout le pays, le Wohl Park est d’une beauté bouleversante. S’étendant sur presque huit hectares, le parc est un débordement de senteurs et de couleurs avec 15 000 roses exposées dans des jardins très différents les uns des autres. A remarquer également, la présence de tombeaux datant du Second temple découverts sur le site et à voir absolument.

Le jardin français du Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d’avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Les pays du monde entier ont contribué au jardin des Nations, établi par la fondation de Jérusalem en 1984. La France a été le premier pays à s’engager dans cette aventure, se créant une parcelle dotée de pergolas blanches et grillagées, avec des bancs pour se reposer et pour admirer des roses d’une splendeur stupéfiante. A côté, la parcelle suisse est une copie fidèle du Jardin des roses qui avait été créé pour les personnes malvoyantes dans la ville de Raperswil. Comme à Raperswil, les visiteurs suivent les parfums qui les orientent vers des panneaux écrits en braille. Une différence toutefois : Il y a une fontaine dans le jardin de Raperswil tandis qu’il y a, sur la parcelle de Jérusalem, un poirier de Chine, natif d’extrême-Orient, avec des fleurs blanches qui s’épanouissent au début du printemps.

Un poirier de Chine au Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d’avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Des employés de la municipalité de Vienne ont créé le jardin autrichien en utilisant des équipements amenés du pays. Ils ont logé dans un hôtel voisin et ils ont travaillé sur le jardin pendant plus d’une semaine – il est dédié à l’ancien maire de Jérusalem né à Vienne, Teddy Kollek. La sculpture en marbre qui s’y trouve a la forme d’une rose.

A proximité, un séquoia de Californie domine le parc. Cet arbre toujours vert, qui peut atteindre cent mètres de hauteur, peut vivre jusqu’à 2 000 ans.

A l’approche du jardin d’Argentine, le regard est naturellement attiré par la grande obélisque blanche de Buenos Aires – une réplique bien plus petite que celle qui trône sur la Plaza de la República. La version argentine avait été inaugurée en 1936 et elle rendait hommage au 400e anniversaire de la ville. C’est de là que la Cour suprême, ainsi que sa fenêtre bleue inhabituelle, sont les plus belles à regarder.

Le Jardin japonais au Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d’avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Les roses grandissent naturellement seulement dans l’hémisphère nord – et celles qui se trouvent donc dans le jardin argentin sont originaires d’Israël. Le paysagiste du Wohl Park, Yisrael Drori, les a créées pour combiner les trois couleurs du drapeau argentin qui est composé de bandes bleues et d’une bande blanche au milieu, avec le dessin d’un soleil.

Certaines sources affirment que le jeu moderne des échecs (les origines du jeu remontrent à presque 1 500 ans) était né dans l’Espagne du 15e siècle. C’est la raison pour laquelle le jardin espagnol se distingue par trois robustes tables de jeu d’échecs en pierre, avec des chaises en bois. Le samedi, explique Kaslassi, un homme vient régulièrement louer des pièces de jeu d’échecs aux joueurs qui visitent le jardin.

La Tête,’ une sculpture en bronze de l’artiste espagnol Joan Miro au jardin espagnol du Wohl Rose Park à Jérusalem, au mois d’avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Il y a aussi une sculpture en bronze réalisée par le célèbre artiste surréaliste Joan Miro et un relief en céramique coloré de Tolède, en Espagne, qui avait été offert à Jérusalem. Le roi Juan Carlos et la reine Sophia d’Espagne étaient venus à la cérémonie d’inauguration, en 1993.

Conçu de manière à rappeler un parc anglais aux visiteurs, le jardin de la ville de Londres est en partie pavé et il compte un certain nombre de bancs. Le calme y règne, et seuls les chants des oiseaux viennent troubler le silence. Parmi les fleurs du jardin, la rose Reine Elizabeth – l’une des plus rustiques au monde en son genre. Et, dans un angle, les armoiries de Londres.

‘ »La Porte ouverte » au jardin allemand du Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d’avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Dans le jardin allemand, une sculpture brute appelée « La Porte ouverte », qui ouvre précisément la porte à toutes sortes d’interprétations. Vus depuis l’arrière, les murs se transforment en miroir.

La rose ‘Israela’ développée par le mathématicien israélien Binyamin Amira, au Wohl Rose Park à Jérusalem, en avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le célèbre mathématicien Binyamin Amira avait passé beaucoup de temps avec ses roses. L’une d’entre elles, développée dans les années 1930, avait été baptisée du nom de sa fille à sa naissance, Israeli. Elle est à découvrir en haut du jardin d’Israël, avec la rose de Jérusalem – qui est blanche et sans épines – qui avait été créée par le psychiatre Arnold Holtzman, qui avait également cultivé la rose de Ramat Gan d’un jaune brillant.

Des roses de Ramat Gan au Wohl Rose Park de Jérusalem, au mois d’avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le niveau inférieur du jardin d’Israël abrite plusieurs grottes funéraires datant de l’ère du Second Temple, entre 516 avant notre ère et 70 de notre ère. À proximité, deux parcelles présentent des roses miniatures, avec de minuscules feuilles et fleurs mais une tige de taille normale.

Au printemps, la jardinière ronde du jardin semble recouverte de neige. En fait, ce que les visiteurs voient, ce sont de minuscules roses blanches appelées Snow Carpet. A proximité, la variété Fortuniana, connue pour sa capacité à grimper, s’est fixée sur un cyprès. La fleur a été repérée pour la première fois dans un jardin de Shanghai par le jardinier écossais Robert Fortune en 1850.

Des caveaux du Second temple au Wohl Rose Park à Jérusalem, au mois d’avril 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Il est facile d’être assez subjugué par les roses pour en oublier de regarder les arbres. Ce qui est regrettable : La grande diversité des arbres du Jardin des roses est admirable. En plus des séquoias et des poiriers, des frênes, des érables planes, des cyprès, des oliviers, des arbres de Judée, des cèdres du Liban, des houx, des pagodes, des pins, des lilas, des sycomores…

Quand le jardin des roses avait été imaginé, en 1981, le petit étang qui faisait initialement partie du parc du président avait été élargi et ses rives renforcées. Au-dessus de ce bassin charmant, reflétant la riche végétation aux alentours, une deuxième réserve d’eau construite à l’intérieur du carrière. D’un reflet rosâtre en raison des courants occasionnels d’oxydes de métal, les pierres calcaires et plates et de la carrière avaient été utilisées pour construire les quartiers du Nouveau Jérusalem dans les années 1950.

Cela aurait été – dit la légende – la beauté de ce roc qui aurait attiré l’attention du riche homme d’affaires Rikhiru Madarame quand il avait visité le jardin en compagnie d’un représentant de la municipalité. Très enthousiaste, Madarame aurait décidé de donner de l’argent pour qu’un Jardin japonais soit installé dans l’ancienne carrière.

Là-bas, deux lumières japonaises typiques avec des ouvertures pour les bougies, une petite statue et une plus grande, fabriquée à l’aide d’une pierre naturelle de couleur bleu-gris. A l’arrière est inscrit : « En comparant l’essence de la nature à l’essence de l’Humanité, l’eau est essentielle à la fleur comme la paix et l’amour le sont à l’esprit humain ».

Des visites en hébreu sont organisées gratuitement au printemps. Pour toute demande d’information, appeler le numéro israélien
local : (02)-563-7233. Les toilettes ne sont pas accessibles aux fauteuils roulants.

Aviva Bar-Am est l’auteur de sept guides en langue anglaise sur Israël.
Shmuel Bar-Am est un guide touristique agréé qui propose des visites privées et personnalisées en Israël pour les particuliers, les familles et les petits groupes.

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