Arrestation de 10 habitants de Jérusalem-Est pour troubles sur le Mont du Temple
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Arrestation de 10 habitants de Jérusalem-Est pour troubles sur le Mont du Temple

Les émeutes entre la police et les fidèles en juillet était dirigées par un ex-détenu lié au Hamas dont le père a commis un attentat meurtrier en 2016, selon le Shin Bet

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des policiers se trouvent à l'extérieur de la mosquée Al-Aqsa lors des affrontements qui ont suivi les prières du vendredi après-midi dans l'enceinte du Mont du Temple, dans la Villeille Vieille de Jérusalem, le 27 juillet 2018. (Porte-parole de la police)
Des policiers se trouvent à l'extérieur de la mosquée Al-Aqsa lors des affrontements qui ont suivi les prières du vendredi après-midi dans l'enceinte du Mont du Temple, dans la Villeille Vieille de Jérusalem, le 27 juillet 2018. (Porte-parole de la police)

Les forces de sécurité israéliennes ont arrêté 10 hommes de Jérusalem-Est ces dernières semaines, soupçonnés d’avoir mené des affrontements avec la police sur le Mont du Temple plus tôt cet été, a déclaré le service de sécurité du Shin Bet.

Le 27 juillet, la police israélienne a affronté des fidèles musulmans qui se sont barricadés à l’intérieur de la mosquée Al-Aqsa.

Au cours des affrontements, quatre policiers ont été blessés et le lieu saint a été fermé pendant plusieurs heures.

Selon le Shin Bet, les violences ont été menées par un groupe de 10 résidents de Jérusalem-Est, dont au moins deux ont des antécédents criminels et des liens avec l’organisation terroriste du Hamas.

« La cellule avait acheté des pétards, qui ont été introduits clandestinement sur le Mont du Temple afin de les utiliser pour attaquer les forces de sécurité stationnées à l’extérieur du Mont à la fin de la prière du vendredi », a déclaré le service de sécurité dans un communiqué.

Les arrestations ont été effectuées dans le cadre d’une opération conjointe du Shin Bet et de la police israélienne.

Emed Abu Sabih, du quartier de Jérusalem-Est de Kafr Aqab, aurait été à la tête de la cellule.

Abu Sabih, qui détient une carte d’identité israélienne, a été libéré de prison plus tôt cette année après avoir purgé une peine de huit mois pour ses activités au sein du groupe Shababab al-Aqsa lié au Hamas, qui a été interdit en Israël en 2011, a déclaré le Shin Bet.

« L’enquête a révélé que Sabih a organisé les violences, transféré les fonds pour acheter les pétards et demandé que d’autres militants soient appelés à prendre part aux émeutes sur le Mont du Temple – et a aussi lancé des pétards sur les forces israéliennes », a ajouté le service de sécurité.

Levana Malihi, 60 ans, (à gauche), et le policier Yosef Kirma, 29 ans, ont été tués pendant une attaque terroriste à Jérusalem, le 9 octobre 2016. (Crédit : porte-parole de la police israélienne)

Le père d’Abu Sabih, Mesbah, a commis un attentat terroriste à main armée à Jérusalem en octobre 2016, au cours duquel deux personnes – Levana Malihi et le policier Yosef Kirma – ont été tués et cinq autres blessés, a précisé le Shin Bet. Il a été tué lors de la fusillade avec la police.

Selon les services de sécurité, le jeune Abu Sabih a été aidé dans ses activités au Mont du Temple par Rashid Rashak, qui a été emprisonné de 2014 à 2016 à la suite d’une attaque au couteau.

« Rashid a fait venir des hommes et leur a dit ce qu’ils devaient faire pendant l’événement. De plus, dans les semaines qui ont suivi les affrontements, Rashid a essayé de provoquer un événement violent similaire sur le Mont du Temple, mais sans succès, grâce aux efforts des forces de sécurité pour y faire obstacle », a expliqué le Shin Bet.

Le service de sécurité n’a pas voulu révéler l’identité des huit autres suspects, qui auraient été impliqués dans une moindre mesure.

Le Shin Bet a indiqué que les actes d’accusation seraient présentés dans les prochains jours.

Les affrontements de juillet ont commencé à la suite d’un rassemblement sur le Mont du Temple, appelé Haram al-Charif par les musulmans, pour marquer l’anniversaire du retrait par Israël des détecteurs de métaux placés temporairement à l’entrée du lieu saint après une attaque terroriste sur ce site.

Le commandant de la police de Jérusalem Yoram Halevi se trouve devant la mosquée Al-Aqsa lors des affrontements au Mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 27 juillet 2018. (Porte-parole de la police)

La police a arrêté 24 suspects au cours des affrontements eux-mêmes, dont 16 s’étaient barricadés dans la mosquée.

La mosquée Al-Aqsa est considérée comme le troisième site sacré de l’islam et a été construite sur le Mont du Temple, l’endroit le plus sacré du judaïsme où se trouvaient successivement le Premier et le Second Temple juif.

Israël avait installé des dispositifs de sécurité, notamment des détecteurs de métaux, aux entrées du site suite à une attaque du 14 juillet 2017, au cours de laquelle trois Arabes israéliens assassinèrent par balles deux policiers près de la Porte des Lions. Ils s’étaient servis d’armes qu’ils avaient entreposées à l’intérieur de la mosquée.

Pendant près de deux semaines, les fidèles musulmans n’ont pas pu se rendre dans l’enceinte sacrée de Jérusalem alors que les manifestations et les troubles meurtriers se poursuivaient à Jérusalem-Est et en Cisjordanie et dans les environs.

Des musulmans prient alors que des policiers israéliens montent la garde pendant les prières du vendredi dans le quartier de Ras el Amud à Jérusalem-Est, à l’extérieur de la Vieille Ville, le 28 juillet 2017. (Hadas Parush/Flash90)

A la place, les fidèles ont organisé des manifestations de prière de masse à l’extérieur du sanctuaire, dont certaines se sont transformées en affrontements avec les forces de sécurité israéliennes.

Les mesures de sécurité, qui comprenaient des échafaudages, des barrières et des caméras en plus des détecteurs de métaux, ont été retirées le 27 juillet 2017. Le retrait des barrières et des échafaudages a suscité des manifestations de liesse chez les Palestiniens, qui ont dansé, sifflé et klaxonné à proximité du site.

Les Palestiniens ont prétendu que les mesures de sécurité étaient une façon, pour Israël, d’exercer un contrôle accru sur le site, une accusation qu’Israël a réfutée à plusieurs reprises.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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