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Assignation à résidence d’un Palestinien, apparemment victime de brutalités policières

Le suspect palestinien aurait été injustement placé en détention, a déclaré la juge pour expliquer cette mesure inhabituelle

Des marques de coupure sur le visage d'un détenu palestinien qui, selon les forces de l'ordre, ont été causées par la chaussure d'un policier, l'avocat du suspect affirme que la police l'a marqué d'une étoile de David, sur photo publiée par la police le 19 août 2023. (Crédit : Police israélienne)
Des marques de coupure sur le visage d'un détenu palestinien qui, selon les forces de l'ordre, ont été causées par la chaussure d'un policier, l'avocat du suspect affirme que la police l'a marqué d'une étoile de David, sur photo publiée par la police le 19 août 2023. (Crédit : Police israélienne)

Un juge du tribunal de première instance de Jérusalem a ordonné l’assignation à résidence d’un suspect palestinien sur lequel des ecchymoses au visage semblables à une étoile de David ont été constatées la semaine dernière.

La juge Adi Bar Tal a ordonné dimanche cette mesure, inhabituelle pour un trafiquant de drogue présumé qui, selon la police, a résisté à son arrestation, à la suite d’un tollé provoqué par le traitement du suspect, Arwah Sheikh Ali, 22 ans, originaire du quartier de Shuafat, à l’est de Jérusalem.

Le tollé concernait des ecchymoses rappelant la partie inférieure d’une étoile de David sur la joue droite de Sheikh Ali. Son avocat, qui a déclaré que son client nie toutes les accusations portées contre lui, a affirmé que la police avait torturé le jeune homme de 22 ans et lui avait marqué le visage d’une étoile de David.

La police n’a pas produit d’images de la caméra corporelle, bien que 16 agents aient participé à l’arrestation mercredi. Ils ont déclaré que les ecchymoses provenaient des vêtements des agents, et ont suggéré que cela s’était produit lorsqu’un agent avait pressé la partie lacée de sa chaussure contre le visage du suspect alors qu’il le maîtrisait.

« Il est apparu que l’arrestation a été marquée par de graves violences », a déclaré Bar Tal. Elle a également critiqué la détention de Sheikh Ali dans un poste de police au cours du week-end au lieu d’un centre de détention. Bar Tal a noté que Sheikh Ali n’avait pas été autorisé à être examiné par un médecin en dépit d’une décision antérieure rendue samedi qui l’exigeait.

Samedi, un autre juge a renvoyé l’affaire au Département des enquêtes internes de la police (PIID) et a déclaré que la police n’avait « aucune explication raisonnable » pour expliquer l’apparition des ecchymoses.

Ce juge, Amir Shaked, a noté samedi que la police n’avait aucune explication sur la raison pour laquelle les caméras corporelles ne fonctionnaient pas sur les 16 officiers qui auraient participé à l’arrestation de l’homme pour des délits présumés liés à la drogue à Shuafat, à Jérusalem-Est, mercredi.

Les médias ont parlé de cette affaire après la diffusion sur Internet d’images montrant des formes triangulaires, semblables à la partie inférieure d’une étoile de David, sous l’œil droit du suspect. Son avocat a déclaré que le suspect avait été torturé par la police, qui l’avait marqué d’une étoile de David.

Un porte-parole de la police a réagi à ces allégations en déclarant que les agents avaient fait usage d’une « force raisonnable » pour détenir le suspect et que l’ecchymose avait probablement été causé par « un vêtement de l’un des agents ». Le suspect a été retenu à son domicile pendant que la police effectuait une perquisition autorisée, au cours de laquelle elle a déclaré avoir trouvé une quantité commerciale de substances illégales, a déclaré le porte-parole. La déclaration de la police s’accompagnait d’une photo des lacets triangulaires d’une chaussure d’un agent, ce qui laissait supposer qu’ils avaient causé l’ecchymose lorsqu’ils avaient été pressés contre le visage du suspect.

Cette explication n’a pas satisfait des milliers d’Israéliens, dont d’éminents militants, qui l’ont commentée sur les réseaux sociaux. Certains participants aux manifestations hebdomadaires contre le gouvernement ont été photographiés samedi portant une étoile de David faite de rouge à lèvres sur leur joue droite.

Un utilisateur de X – anciennement connue sous le nom de Twitter – a posté une image d’un oreiller brodé d’une étoile de David, avec un texte satirique disant que la police prétend avoir causé les marques alors que le détenu faisait la sieste dans sa cellule de prison.

La chaussure d’un policier qui aurait causé des marques de coupure sur le visage d’un détenu palestinien, selon l’avocat du suspect qui affirme que la police l’a marqué d’une étoile de David, sur photo publiée par la police le 19 août 2023. (Crédit : Police israélienne)

Shikma Bressler, cheffe de fil du mouvement de protestation contre la refonte judiciaire, a fait référence à l’incident dans son discours lors d’un rassemblement à Tel Aviv samedi soir, qualifiant l’abus présumé de signe de la montée de l’idéologie de Meïr Kahane, le rabbin ultra-nationaliste décédé qui avait fondé le parti d’extrême-droite Kach, qui a finalement été qualifié d’organisation terroriste.

« Nous assistons à l’effondrement de tous les remparts », a-t-elle déclaré. « Des kahanistes portant des uniformes de police, 16 d’entre eux, une minorité au sein des forces de l’ordre, éteignent ou n’allument pas les caméras corporelles et marquent, prétendument, une étoile de David sur la joue d’un détenu palestinien. Des Juifs marquant au fer rouge une étoile de David sur le visage d’un détenu. Une honte. »

Dans son discours, Bressler a affirmé que la brutalité présumée de l’incident impliquant le Palestinien était liée à d’autres cas de brutalité présumée de la part de la police à l’encontre de manifestants contre le remaniement judiciaire, un plan dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à transférer certains des pouvoirs du système judiciaire aux branches législative et exécutive.

La professeure Shikma Bressler prenant la parole lors d’une manifestation contre les projets de refonte judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 12 août 2023. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Shir Nosatzki, directrice d’une initiative israélienne visant à promouvoir le partenariat politique judéo-arabe, a qualifié, sur X, les officiers de « nazis ». « Des nazis portant des uniformes de l’État d’Israël. »

Josh Breiner, journaliste à Haaretz, a écrit sur X que le triangle sur le visage du suspect semble correspondre au motif des lacets de chaussures sur les photos fournies par la police, mais pas à une ligne médiane dans la cicatrice sur son visage.

« Une chose est claire : un incident grave et violent comme celui-ci doit faire l’objet d’une enquête rapide », a-t-il écrit.

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