Israël en guerre - Jour 192

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Au 2e jour des manifestations de Jérusalem, un intervenant suggère aux députés de démissionner s’ils veulent des congés

La mère d'un soldat servant à Gaza affirme que les dirigeants "souhaitent l'enterrer, juste au nom de leurs intérêts propres" ; le petit-fils d'un otage déclare que "c'est lui qui me guide dans ce désastre"

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Des manifestants anti-gouvernement pendant un rassemblement de quatre jours aux abords de la Knesset de Jérusalem, le 1er avril 2024. (Crédit : Menahem Kahana / AFP)
Des manifestants anti-gouvernement pendant un rassemblement de quatre jours aux abords de la Knesset de Jérusalem, le 1er avril 2024. (Crédit : Menahem Kahana / AFP)

Au second jour d’un mouvement de protestation de quatre jours qui a été organisé aux abords du Parlement israélien, quelques milliers de personnes se sont encore une fois retrouvées rue Kaplan, à Jérusalem, près de la Knesset et à proximité d’autres bureaux de premier plan du gouvernement, demandant la démission du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de sa coalition ainsi que le retour des otages détenus en captivité à Gaza.

La manifestation de lundi a été beaucoup moins importante que celle de dimanche, premier jour du mouvement de protestation. A cette occasion, des dizaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées pour dénoncer les dirigeants actuels du pays – le plus grand regroupement de ce type depuis le début de la guerre à Gaza.

La manifestation, organisée par un groupe de mouvements de protestation réunissant des opposants au gouvernement – notamment les organisations Kaplan Force et Frères d’Armes – a eu lieu alors que la Knesset s’apprête à prendre des congés de six semaines, des vacances qui ont suscité la controverse alors que la guerre continue dans la bande de Gaza et que 130 otages se trouvent encore dans les geôles du Hamas.

« Chers membres de la Knesset, si vous voulez des vacances, démissionnez », a déclaré Noga Friedman, l’une des intervenantes à avoir pris la parole lundi soir dont l’époux, Iddo Rosenthal, avait été tué alors qu’il défendait le kibboutz Alumim lors de l’attaque commise dans le sud d’Israël par le Hamas, le 7 octobre, l’assaut meurtrier qui a été à l’origine de la guerre.

Un grand nombre des personnes présentes portaient des tee-shirts appelant Netanyahu à assumer ses responsabilités dans les événements du 7 octobre et à « rentrer chez lui ».

Alors que les protestataires marchaient vers la Knesset, ils sont passés devant des stands installés par de nombreux mouvements qui se sont rassemblés l’année dernière, à la fois dans le cadre des manifestations contre le plan de refonte radicale du système judiciaire israélien alors avancé par le gouvernement qui avaient agité le pays et dans le sillage de l’attaque commise par le Hamas, le 7 octobre.

Des vétérans de la guerre de Yom Kippour, qui se tenaient sur deux faux tanks grandeur nature, réclamaient un nouveau gouvernement, utilisant un mégaphone. Juste derrière eux, des tentes entourées d’une clôture dressées là par les manifestants, avec les affiches dorénavant familières des visages des otages collées à l’extérieur.

Les tentes dressées rue Kaplan, à Jérusalem, pendant une manifestation de quatre jours. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Un proche d’otage, Mai Albini Peri, le petit-fils de Chaim Peri, toujours otage à Gaza et pilier des rassemblements en faveur de la remise en liberté des otages, a évoqué une enfance passée entre le centre du pays et le kibboutz Nir Oz, où il se rendait souvent, auprès de son grand-père, une personnalité qui, selon lui, avait le sens de sa responsabilité civique.

« Ce n’est pas ma première et ce ne sera pas ma dernière manifestation mais j’ai toujours aimé celles où mon grand-père m’emmenait », a commenté Albini Peri. « Alors qu’il est aujourd’hui en captivité, j’ai le sentiment de devoir partager et porter son fardeau. C’est lui qui me guide dans ce désastre ».

Ce gouvernement ne saura pas régler les choses qui sont pourtant une priorité à régler, a-t-il continué.

« Nous réclamons un accord maintenant mais il n’y en aura pas tant que ce gouvernement estimera qu’il est plus important de tuer des Arabes que de sauver des Juifs », a-t-il expliqué. « Un accord maintenant, ce sont aussi des élections maintenant ».

Certains intervenants ont réclamé un scrutin national dès le début de l’année 2025, tandis que d’autres ont dit qu’il devait être organisé avant.

Des manifestants rassemblés rue Kaplan, à Jérusalem, pour demander de nouvelles élections lors du deuxième jour de manifestations qui dureront quatre jours. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

« Il faudra des années pour corriger tout ce qu’a pu faire Netanyahu en l’espace de 16 ans », a noté pour sa part Moran Zer Katzenstein, l’activiste à l’origine de l’organisation Bonot Alternativa, constituée exclusivement de femmes.

« Nous demandons aux membres de la Knesset de se joindre à nous. [Benny] Gantz et [Gadi] Eisenkot, chassez ce gouvernement ! Rejoignez-nous maintenant », a-t-elle déclaré, s’adressant aux dirigeants du parti HaMahane HaMamlahti qui s’était opposé au gouvernement de Netanyahu lors de sa formation mais qui l’avait intégré en urgence au moment où la guerre contre le Hamas avait commencé.

Yair Golan, ancien député du Meretz qui est candidat au poste de dirigeant de la formation Avoda, ex-chef d’état-major adjoint dont les efforts livrés pour sauver des civils, le 7 octobre, ont été salués, a été le premier intervenant à prendre officiellement la parole, lundi soir, disant à la foule : « Nous aurions pu faire revenir les otages dans le cadre d’un processus de renouveau, avec un autre gouvernement ; nous aurions pu jeter le plan de refonte du système judiciaire à la poubelle ; nous aurions pu avoir un budget qui a du sens en matière de Défense. A la place, nous sommes bloqués avec le gouvernement Netanyahu-Gantz ».

Il a promis des changements s’il devait être élu au parlement.

Rotem Sivan, médecin, mère de trois enfants dont l’un des fils est sur le front à Gaza, a déclaré à la foule : « La vie de mon fils n’intéresse pas les dirigeants ».

« Les dirigeants souhaitent l’enterrer, juste au nom de leurs intérêts propres », a ajouté Sivan, qui a un autre fils dont l’année dans un programme prémilitaire va être raccourcie de manière à pouvoir être conscrit, l’armée faisant face à une pénurie de main-d’œuvre.

Elle a vivement recommandé aux Israéliens de rester forts comme ils ont pu l’être depuis le 7 octobre, interpellant en particulier les mères « parce que les mères n’ont pas d’autre choix que de protéger leurs enfants, indépendamment du prix à payer ».

Des manifestants rassemblés rue Kaplan, à Jérusalem, pour demander de nouvelles élections lors du deuxième jour de manifestations qui dureront quatre jours. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Après le départ des intervenants de la scène, des musiciens se sont produits et la soirée s’est terminée par une projection du film-documentaire « Bringing Down a Dictator. »

Les interventions publiques qui sont prévues mardi seront consacrées à la question des otages. Einav Zangauker, la mère de Matan Zangauker, actuellement retenu en captivité, prendra la parole comme ce sera aussi le cas des parents de Nimrod Cohen, lui aussi otage, et de l’ancien Premier ministre Ehud Barak.

Merav Swirsky, dont les parents ont été tués au kibboutz Beeri, le 7 octobre, et dont le frère, Itay Swirsky, a été pris en otage et qui a été tué en captivité, devrait aussi s’exprimer, aux côtés d’autres activistes et réservistes de Tsahal.

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