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Au vu de la crise au Liban, Israël ouvre sa frontière à des travailleurs agricoles

Ils ont pu traverser la Ligne bleue, frontière dessinée par l'ONU après le retrait des troupes israéliennes du Liban en 2000, "dans une certaine mesure" pour récolter des olives

Illustration : Des Casques bleus espagnols de l'ONU patrouillent le long de la frontière libano-israélienne, avec le village israélien de Metulla en arrière-plan, le 2 septembre 2019. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla, File)
Illustration : Des Casques bleus espagnols de l'ONU patrouillent le long de la frontière libano-israélienne, avec le village israélien de Metulla en arrière-plan, le 2 septembre 2019. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla, File)

Israël permet à des travailleurs agricoles du Liban, pays voisin avec lequel il est en état de guerre, d’entrer sur son territoire pour cueillir des olives, a annoncé lundi l’armée israélienne dans un communiqué.

« À la lumière de la situation économique du Liban et en signe de bonne volonté envers le peuple libanais, l’armée a ouvert la frontière aux travailleurs agricoles d’Al Jabal, Itaron et Balida », a indiqué l’armée.

Ils ont pu traverser la Ligne bleue, une frontière dessinée par l’ONU après le retrait des troupes israéliennes du Liban en 2000, « dans une certaine mesure » pour récolter des olives poursuit le communiqué accompagné d’une vidéo.

Et ce, à plusieurs reprises depuis le 10 octobre, a dit à l’AFP une porte-parole de l’armée.

L’État hébreu et le Liban demeurent techniquement en état de guerre. La Force intérimaire des Nations unies (Finul) a été déployée dans le sud du Liban pour faire tampon entre les deux pays.

Début août, les tensions entre les deux pays ont connu une escalade, durant laquelle l’armée israélienne et le Hezbollah, mouvement armé terroriste parrainé par l’Iran, ont échangé des tirs de part et d’autre de la frontière.

Le Liban est en proie à une crise économique, sociale et financière inédite, aggravée par une impasse politique.

Le 17 octobre 2019, des centaines de milliers de Libanais étaient descendus dans les rues pour réclamer le départ des dirigeants en place depuis la fin de la guerre civile en 1990, accusés d’incompétence et de corruption.

Mais les manifestations monstres se sont progressivement estompées sur fond de répression musclée, de crise économique sans précédent, aggravée par la pandémie de Covid-19, et après l’explosion dévastatrice au port de Beyrouth l’an dernier.

Les Libanais sont soumis à des restrictions bancaires draconiennes qui les empêchent d’avoir librement accès à leur argent, tandis que la monnaie locale a perdu plus de 90 % de sa valeur par rapport au dollar sur le marché noir.

Près de 80 % de la population vit désormais dans la pauvreté sur fond d’une inflation galopante et de graves pénuries de médicaments, de carburant et de courant.

Il y a un an, Israël et le Liban ont entamé des pourparlers « historiques » sous l’égide de l’ONU et des États-Unis, sur la délimitation de leurs frontières maritimes. Mais ces pourparlers sont au point mort depuis mai, en raison de divergences sur la surface d’une zone contestée entre les deux pays. Un envoyé américain est actuellement au Liban pour tenter de les reprendre.

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